Santé en région : le vase déborde
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Jean-Marie Nadeau
Jmlacadie1@gmail.com
Il y a des situations révoltantes et inacceptables qui ont tendance à durer longtemps dans le désarroi. Les situations à lesquelles nous pensons sont l’absence de services obstétriques à l’hôpital de Campbellton depuis six ans, et la répétition infernale de la fermeture des services d’urgence à l’hôpital Ste-Anne. Il est inimaginable de constater que la Régie Vitalité n’ait pas pu, durant tout ce temps, régler ces défis.
Il est incompréhensible que, quand il y a des problèmes majeurs qui se manifestent continuellement, le système devrait prioriser le règlement de ces problèmes. Je ne crois pas que la Régie Vitalité ait travaillé suffisamment pour régler ces dossiers jusqu’à maintenant. Le doute est suffisamment présent, qu’il est à se demander s’il ne devrait pas y avoir une enquête sur le processus utilisé par Vitalité pour finaliser ces dossiers.
Le dernier incident impliquant une jeune femme qui, en route entre Campbellton et Bathurst pour accoucher, a frappé un orignal est, à mon sens, un avertissement ultime. Va-t-on attendre qu’une jeune famille se tue totalement avant de mettre en branle les solutions qui s’imposent?
Du côté de Ste-Anne-de-Kent, il faut réaliser avec horreur que l’Hôpital Stella-Maris est le seul établissement de santé entre Moncton et Miriramichi. Les distances d’accès à des services d’urgence sont énormes. Même le bénévole Roger Doiron a, quelques années passées, survécu à une crise cardiaque grâce aux services d’urgence de l’Hôpital Ste-Anne. Nous faisons la promotion à outrance du tourisme pour nos régions. On voit multiplier notre population durant l’été, laquelle situation commande obligatoirement un plus grand service d’urgence.
Vu la nature semblable des problèmes de santé dans le Restigouche et dans Kent, il est à se demander si ces deux zones ne devraient pas faire un front commun pour approcher ensemble la Régie Vitalité. Les maires de ces deux régions devraient donc penser à s'unir. On devrait utiliser ce front commun pour faire ensemble ses revendications, comme on pourrait aussi unir ces forces pour faire ensemble du recrutement. Et il serait intéressant qu'Égalité en santé en français appuie activement ces efforts de concertation.
Je me permets de questionner les actions des députés locaux autour de ces deux institutions. Ils sont pourtant tous des députés libéraux. Fonctionnent-ils seulement en solo? Ne devrait-il pas y avoir plus de concertation entre ces députés pour faire face à la musique?
Il faudra envisager plus de mobilisation populaire pour faire pression sur Vitalité afin qu’elle bouge. Le site officiel de Vitalité est à Bathurst. Quel beau lieu pour que les citoyens de Campbellton et de Kent puissent se rassembler à Bathurst afin de faire une ou des manifestations. Rien ne bouge aujourd’hui si tu ne “brasses” pas la cage.
L’École de médecine de l’Université de Moncton forme une trentaine de nouveaux jeunes médecins par année. Ne devrait-il pas y avoir une certaine sélection à la source pour que quelques-uns de ces jeunes soient assignés en début de formation aux régions en difficulté? Ne devrait-il pas y avoir des primes spéciales pour les diplômés qui acceptent d’aider à régler les enjeux de santé en périphéries?
La population n’est pas résignée, mais elle est plutôt indignée à voir des dossiers comme ceux de Campbellton et de Kent s’enliser dans la misère trop longtemps. Plus personne ne croit les représentants de Vitalité quand elle dit que tous les efforts ont été faits pour résoudre ces problèmes.
Pour ce qui est de l’obstétrique à Campbellton, il me semble que l’on pourrait en recruter en Europe ou en Afrique. Nos ambassades devraient s’occuper de cela.
Le vase déborde. Il faut des actions drastiques. Kent et Campbellton ont assez souffert de ces incongruités. Passons à l’action et rapidement, car ça suffit !
