130e épisode : C’é chaud d’la soupe chaude !
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Dans l’temps que j’travaillais toute la s’maine au restaurant ‘Chez Aline Bonjour’, à Dieppe, les deux touristes d’la France restiont dans ma p’tite maison à Saint-Édouard. Ça adonné que tous les deux y’aimont les chats so y’étiont comme excités de jouer avec mon chat Pouti avec une boule de laine. Pour faire un cadeau à Pouti y’avont acheté comme 20 ‘cans’ de manger d’chat pis une dizaine de jouets d’pluche.Y’avont même acheté un p’tit lit pis des couvartes de Mickey Mouse de dessiné d’sus. Pourtant Pouti y’aime pas d’coucher dans des lits. Y’é plusse à son aise dans l’panier à linge sale, d’autes fois dans dans la tirette de bureau. Même qu’une fois j’pouvais pas l’trouver jusqu’à temps que j’l’ai aparçu d’épârré dans y’un de més pantoufles pis la tcheu dans l’aute pantoufle. Au commencement, les Français Philippe pis François 2 appelliont mon chat Pouto. J’y’eux z’ai dit que c’é un chat pas un poteau. Y’avont rit mais j’crois qui y’étiont pas sûr qui y m’aviont compris.
En tout cas, c’était pas une s’maine aisée au restaurant par exempe. J’u vieux pis des fois mes vieilles jambes plèyont quasiment en deux ou en quatre. J’ai timbé comme trois ou quatre fois da place quanque més jambes manquiont d’force toute d’un coup. La pire fois c’é quanque j’ai pardu l’balan pis j’ai même timbé d’assis su les g’noux d’une femme connetrairie. A s’a vraiment trouvée surprise pis a l’a dit: «Hé, vieux fou. Décolle dessus mes jambes avant que je te vide mon café chaud sur toi.» J’ai expliqué que c’était pas d’ma faute, que j’u yinque une vieille maigrasse, mais a voulait rien comprendre pis a v’nait de plusse en plusse maline. J’ai v’nu enragé qu’a voulait pas m’pardonner so j’ai dit: «Comme ça c’é pas la peine que j’m’excuse une deuxième fois parce que tu comprendras pas plusse, vieille chavirée pas rusée.» J’arais p’tête pas dû dire ça mais j’étais pas souté en toute après y’elle. Comme de faite. A l’a pris sa cup de café pis a m’la garroché su l’ventre pis ça même descendu jusqu’aux fesses.Tu peux ouère! C’était ti chaud? Wel I guess que c’était même brûlant, bouillant. Ah jésome d’la vie! J’ai comme sauté assez vite dans l’air que mon fond d’tchulottes a quasiment resté su l’siège d’la chaise à force que j’m’ai l’vé vite, comme si qui y’a pas eu l’temps de m’suire dans les airs. Wel c’é pour le coup que ça brûlait comme d’la braize rouge de feu. J’m’ai mis à courir à faire le tour du restaurant comme un fou pour faire du vent dans mes tchulottes mais ça voulait pas la peine. J’ai même accrocheté deux chaises en courant pis l’purse d’une femme qu’a l’avait mis à terre à côté d’sa chaise pis asteur qu’était pris à y’un d’més pieds. À mesure que j’courais le purse se vidait da place, comme deux tubes de lipstick, des kleenex, une paire de pantyhose d’la gomme à mâcher, une p’tite bouteille de gin pis dés clés d’car. Pire que ça y’une fois que j’allais trop vite pis j’ai pas pu faire la curve du coin pis j’ai timbé la face la premiére dans un plat de soupe chaude aux légumes su une table. Ah yoye! Wel j’m’ai trouvé surpris pis j’vous en signe les papiers que ça m’a pas pris deux ans à m’sortir la face du plat d’soupe chaude! Ma grand foi D’jeu j’crois que j’avais un p’tit morceau d’cârotte dans une narine du nez pis deux p’tits pois dans l’autre narine.
Ensuite j’ai couri da toilette pis j’ai vidé d’l’eau frette dans mes tchulottes. Ça m’a fait du bien mais quanque j’ai sorti j’avais toute le fond d’tchulottes trempe pis c’é pour le coup que j’m’ai r’marqué. Tcheu honte pis tcheu misère!
À suivre...
