25 ans après le 11 septembre 2001
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, le Pentagone et le vol 93, qui s’est écrasé en Pennsylvanie. Ces attaques ont profondément transformé les États-Unis et, bien au-delà, les rapports de force internationaux.
On aurait pu souhaiter qu’une telle tragédie conduise les sociétés à rechercher davantage de paix et de coopération. Le quart de siècle qui a suivi montre plutôt combien la violence, la peur et la méfiance continuent d’alimenter les conflits.
Les 19 pirates de l’air appartenaient à al-Qaïda, organisation islamiste extrémiste. Leur fanatisme ne saurait cependant être étendu à l’ensemble du monde musulman, dont plusieurs grandes civilisations ont profondément contribué à l’histoire de l’humanité.
Le 11 septembre a ouvert une période marquée par les guerres, la lutte contre le terrorisme et une surveillance accrue. Depuis, d’autres formes de polarisation se sont développées.
Aux États-Unis, Donald Trump a été élu à deux reprises à la présidence. Sa politique étrangère, notamment les interventions américaines en Iran et au Venezuela ainsi que les pressions exercées sur Cuba, témoigne d’une conception du rapport de force international qui m’inquiète profondément.
Les sommes consacrées aux conflits et aux armements sont considérables. Elles invitent à s’interroger sur les autres usages qui pourraient être faits d’une partie de ces ressources : développement économique, lutte contre la pauvreté, sécurité alimentaire ou adaptation aux changements climatiques.
Le climat constitue justement un autre défi majeur. Les incendies de forêt, les ouragans, les inondations et l’érosion rappellent la vulnérabilité croissante de nos sociétés. Le Canada demeure loin de sa cible de réduction des émissions pour 2030. Il faudra à la fois diminuer les émissions et mieux préparer les communautés aux effets déjà inévitables des changements climatiques.
Le contexte international pousse aussi le Canada à augmenter ses investissements militaires. Ottawa poursuit le renouvellement de sa flotte de chasseurs, négocie l’acquisition d’un maximum de 12 nouveaux sous-marins et a lancé cette année une initiative consacrée aux drones militaires. Au Nouveau-Brunswick, un projet d’usine d’explosifs près de Belledune illustre également l’importance grandissante de l’industrie de la défense.
Cette évolution soulève une question : jusqu’où voulons-nous aller dans cette militarisation, et quelle place voulons-nous continuer d’accorder aux autres priorités collectives?
Les chemins de la paix et de la liberté sont rarement droits. Les attentats du 11 septembre auraient pu ouvrir une réflexion mondiale sur les causes de la violence, la démocratie et la coopération entre les peuples. Vingt-cinq ans plus tard, les divisions politiques et sociales demeurent profondes dans de nombreuses démocraties.
À cela s’ajoute désormais l’univers numérique. Les réseaux sociaux et les outils informatiques peuvent rapprocher les individus et diffuser le savoir, mais ils facilitent aussi la désinformation, les manipulations et la surveillance. L’incertitude est devenue une composante permanente de notre époque.
Nous avons néanmoins la chance de vivre au Canada, dans une démocratie qui, malgré ses imperfections, demeure fondée sur des institutions, des libertés et une tradition d’entraide qu’il faut préserver.
Restons un pays porteur de paix et de liberté.
