Santé, prévention et la maladie
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Il n’est jamais souhaitable de se retrouver comme patient à l’hôpital. Ça veut donc dire que notre corps a eu des épreuves qui nous ont amené là, ou encore, que notre ADN a dérapé pour nous rendre malade. J’ai été à l’hôpital, et je suis de ceux qui ont mis à l’excès leur corps à l’épreuve. Disons que j’ai eu une bonne vie en tout.
Il me semble que dans le vieux temps, moins de personnes étaient malades. Les sciences de la santé ont tellement évolué qu’aujourd’hui, presque tout le monde est un peu malade. Mais dans ce temps-là, on mangeait que les légumes qu’on faisait pousser, le bœuf et le poulet plein de gras du voisin fermier, des pattes de cochon, du hareng et de la morue séchée, mais aussi des sandwichs au sucre brun, des petites fraises des champs pleines de sucre… C’était l’époque, et on n’en voulait pas à nos parents qui ne savaient pas mieux. Tout cela se faisait dans l’amour familial. Nous n’avons jamais vu d’aussi beaux enfants en santé qu’aujourd’hui… mais ils sont trop gâtés et pourris.
Mais il y a trop de cochonneries à bouffer aujourd’hui, nonobstant la science. Notre système de santé a beaucoup plus développé le curatif que le préventif. Les budgets visent plutôt à guérir qu’à prévenir. La part des budgets pour la prévention est nettement inférieure aux sommes colossales vouées à la guérison.
Les industries du sucre, du sel et du gras ravagent la planète et tuent des gens, À cela, il faut ajouter la chimie qui n’arrête pas d’inventer des produits alimentaires disgracieux et nuisibles. Comme de grands innocents, nous consommons sans réserve ces incongruités.
En tant qu’individus, nous sommes personnellement responsables de ce que nous consommons. L’alcool et le tabac sont parmi les ingrédients qui tuent le plus. J’ai abusé des deux, et je plaide coupable. Ces matières m’ont cependant beaucoup aidé à être heureux et je l’assume.
Dans tout ce monde médical et de la santé, les Acadiens et les Acadiennes ont la chance de constater que l’expertise acadienne s’est amplement agrandie. Il est fascinant de constater que des experts médicaux s’appellent de plus en plus des Cormier, Mallet, Doiron, Maillet, LeBlanc et autres. Ils sont, de plus, bien accompagnés d’excellents autres experts, tels les Verger, Filice et Deslauriers venus de l’extérieur. L’Acadie est maintenant au sommet des soins modernes. Mais quand on compare les infrastructures de l’Hôpital universitaire Georges-Dumont à celles du Moncton Hospital, nous faisons figure de parent pauvre. Pour ce qui en est du reste de la province, vos conclusions sont les bonnes…
La vie est un heureux privilège que la nature et l’amour de nos parents nous ont donné. Nonobstant quelques grands malheurs de ma vie dont la perte brutale d’amis très chers (suicide, crises cardiaques, accidents de voiture), le cumul de défaites électorales, mon congédiement de l’Acadie Nouvelle et autres, j’’ai eu beaucoup plus de moments heureux dont mon mariage avec Béatrice et mes trois filles qui ont suivi, une enfance heureuse, des études magnifiques à Bathurst et en France, mes merveilleux voyages, le lancement de liidée du Congrès mondial acadien, de nombreux engagements communautaires, patriotiques et politiques. J’ai été heureux dans ma vie, et je le suis encore comme je le serai jusqu’au bout. Ainsi va la vie, avec une mort garantie!
La santé reste le dossier le plus important au Canada, y compris en Acadie. Mieux qu’ailleurs l’on doit avant tout investir dans la prévention. Nous devons soutenir les organisations comme Égalité en français et la SANB qui continuent à combattre pour de meilleurs soins de santé. Entre la vie et la mort, la vie en santé doit primer.
