Le Canada : un bon pays ?
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Jean-Marie Nadeau
Serait-il possible que le Canada soit un meilleur pays pour les anglophones que les francophones qui y vivent? L’image du Canada est-elle plus anglaise que française sur la scène internationale, ou le voit-on comme un pays bilingue?
Il est vrai que la plupart des francophones, en dehors du Québec, vivent en situation minoritaire. Qui dit minoritaire veut dire des revendications pour atteindre l’égalité réelle. Cette égalité réelle n’est pas acquise pour l’ensemble des franco-canadiens, y compris aussi au Nouveau-Brunswick, la seule province officiellement dualiste au Canada, Ces questionnements doivent être faits, avant que la langue anglaise ne devienne éventuellement la seule langue officielle au Canada.
Il est un peu inquiétant que le nouveau Premier ministre Mark Carney ne semble pas entiché plus qu’il ne le faut par la langue française. Souvent, ses interventions publiques se font surtout en anglais seulement, ou presque. Ça soulève certaines inquiétudes.
D’un autre côté, le Premier ministre Carney voyage beaucoup dans le monde, et l’on doit s’en réjouir. Il est en train de redonner au Canada sa stature de pays solidaire, propice aux règlements des conflits mondiaux. On croirait retrouver le Canada de Lester B. Pearson ou de Pierre-Elliott Trudeau.
Mais il ne faut pas croire que toutes ces missions à l’étranger se limitent au pacifisme. La fibre financière et économique y est omniprésente. Avec un voisin comme Trump à la présidence des États-Unis, ces aventures internationales entraînent aussi le Canada dans une spirale guerrière et anti-environnementale. L’acquisition de sous-marins et d’avions de haute performance fait maintenant partie du menu quotidien. Je ne peux que déplorer cette déviation.
La construction de nouveaux pipelines et la tendance à vouloir exploiter le gaz de schiste font mentir Carney quant à ses engagements antérieurs à protéger l’environnement. Le départ de l’environnementaliste Stéphane Guilbault de son gouvernement en est la plus sinistre illustration. Et le Canada a cédé sur le plan informatique.
Mais le bilan global du gouvernement Carney n’est pas que négatif. Il a lancé un grand programme de construction de logements, dont certains seront abordables. Il a aussi initié un programme d’allègement du panier d’épicerie. Même si une grande partie se situe du côté militaire, il a de plus instauré la réalisation de grands projets, dont la mine de bauxite de Sussex. Un autre geste important, il a réussi à activer le dialogue et les échanges interprovinciaux.
Monsieur Carney est définitivement très énergique, ce qui le démarque des dernières années plutôt ternes de la gouvernance Trudeau. Côtoyer le Président Trump n’est pas de tout repos. Nonobstant le fait que les retombées probantes dans leurs échanges sont peu nombreuses, Carney reste digne et noble face à Trump.
Les sondages lui donnent encore un très haut taux de satisfaction chez les Canadiens du pays, même après plus de 16 mois de pouvoir. Il est difficile de ne pas être séduit par la manière dont Carney mène les affaires de l’État. En politique, tant de support est rarement vu.
Mais l’atmosphère générale du Canada a aussi été bénéfique ce printemps, dans son ensemble. La brillance au hockey du Canadien de Montréal pendant les séries éliminatoires a ajouté du bonheur dans la vie quotidienne des citoyens. La première victoire en sélection dans la coupe du monde de soccer du Canada est un exploit inoubliable. Tout cela n’est pas étranger au climat favorable au gouvernement canadien.
Bonne fête Canada!
