Glissements vers la militarisation
- Partager
Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Donald Trump a entraîné le monde en guerre. Dans son sillage, il a inspiré une militarisation de l’humanité sur la planète, y compris au Canada. Mark Carney, notre premier ministre sauveur, s’est imposé dans le paysage en devenant le chef de notre pays. Ses qualités d’homme intelligent et articulé, conjugué à son expertise économique, en ont fait indéniablement la personne de la situation. Il reste pertinent, et continue d’inspirer la confiance. Mais le trumpisme l'entraîne dans l’emballement militaire, ce qui le rend moins sympathique.
L’humanité, suite à la dernière guerre mondiale, s’est donné des instruments de coordination afin d’empêcher en théorie d’autres massacres meurtriers. Nous avons ainsi vu naître l’Organisation des Nations unies (ONU). Mais le monde occidental, imprégné d’une paranoïa extrême, a aussi créé l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) afin d’augmenter ses outils de protection et de défense. Pour être membre de ce club, il fallait que les pays offrent 2% de leur budget national à des fins militaires. Trump vient de faire augmenter cette cote à 5%. Le Canada avait toujours été récalcitrant en ne payant pas ces émoluments. Peu de temps après son arrivée au pouvoir, Carney et le Canada se sont empressés de payer ces tarifs.
Nonobstant le fait que ces grandes organisations internationales aient été créés comme des outils majeurs de paix, jamais il n’y a eu autant de guerres sur la terre depuis 1945 : Corée, Vietnam, luttes pour se débarrasser du bloc soviétique, Algérie, Rwanda, Irak, Afghanistan, Iran, Gaza, Ukraine et plein d’autres. La folie humaine est malheureusement plus belliqueuse que pacifique.
Il paraît que la meilleure façon de préparer la paix, c’est de s’organiser pour faire la guerre. Cette logique est en train de s'imprégner partout dans le monde, et ça comprend le Canada. C’est comme si les efforts de guerre étaient devenus des instruments de développement économique. Il est époustouflant de constater jusqu’à quel point l’on trouve des sommes faramineuses pour financer la militarisation de l’économie du Canada. Carney annonçait en février que le Canada investirait 500 milliards de dollars d’ici 10 ans dans la militarisation… ça fait 50 milliards par année!
Pendant ce temps-là, Gagetown va recevoir un milliard de ces 500 milliards afin de consolider son installation et son établissement. Ça amènera 2000 militaires de plus pour payer des taxes, comme corollaire. Et il est possible que la région de Belledune se retrouve avec une usine d’explosifs avec plus de 500 travailleurs bien payés. Combien d’autres entreprises semblables émergeront de l’inconnu?
Je suis surpris de constater que notre première ministre provinciale, Susan Holt, semble être aussi atteinte par ce virus “militarisant”. C’est avec enthousiasme qu’elle a accueilli ces deux derniers projets. Comme les humains, nous avons un esprit tordu pour accepter ce qui se passe autour de nous, même répréhensible. Finalement, peut-on empêcher le Nouveau-Brunswick de ne pas profiter de cette manne malsaine?
Comme rêveur, humaniste et pacifiste, j’aurais aimé que ces sommes astronomiques investies pour militariser le monde soient plutôt allouées à des efforts de paix et pour combattre la pauvreté chez les êtres humains. Mais encore une fois, l'humanité m’aura trompé profondément.
Je préfère encore que Mark Carney soit notre premier ministre plutôt que Pierre Poilièvre. Mais Mark Carney n’a pas un profil de gauche en partant: il est un banquier, avec plein de gens d’affaires parmi ses amis. Mais il est suffisamment à droite pour avoir réussi à attirer quatre députés conservateurs à son parti. Sa dernière recrue, madame Gladu, est même reconnue d’extrême droite. Mais il faudra que monsieur Carney contrôle mieux son penchant vers la droite, avant qu’il ne soit trop tard et qu’on l’abandonne!
