L’importance des élections municipales
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Jean-Marie Nadeau
Je me réjouis de l’initiative des trois associations municipales du Nouveau-Brunswick qui ont lancé dernièrement une campagne importante pour recruter des citoyens pour présenter leur candidature aux postes de conseillers municipaux et de maires. Le pouvoir municipal est le pouvoir politique le plus près des citoyens. C’est donc l’un des plus importants. Malheureusement, en participant peu au processus, la population a tendance à négliger ces élections.
Depuis les actions de municipalisation initiées sous le ministère de Daniel Allain, nos municipalités ont pris de l’envergure et du tonus. Jamais n’avons-nous vu autant de municipalités être aussi proactives politiquement, en multipliant les interventions publiques. Je sens que ce lieu de pouvoir devient de plus en plus intéressant à s’en occuper, ce qui devrait permettre aux citoyens intéressés de s’y impliquer. Soyez nombreux à le faire, et souhaitons que de plus en plus de femmes le fassent!
Les municipalités sont l’instance gouvernementale qui a le plus de pouvoir pour définir l’âme et la culture acadienne. Elles sont au premier niveau du vivre ensemble. Elles ont l’avantage de pouvoir assurer notre bien-être quotidien (routes, vidanges, aqueducs, parcs…) et de définir l’avenir (développement économique, tourisme, politique culturelle…). L’éventail des possibilités est très large.
Je me réjouis du fait que plusieurs maires et conseillers actuels aient décidé de se présenter à nouveau. Certaines élections seront épiques. À Caraquet et à Bois-Joli, elles devraient être émouvantes. Le maire actuel devra affronter un autre candidat, mais de telles situations sont saines pour la démocratie.
Je me réjouis que l’Association francophone des municipalités (AFMNB) soit l’une des plus actives sur le plan politique. Avec la réforme de la gouvernance locale, c’est comme si cette association avait bien compris son nouveau rôle central de meneur social. Le monde municipal est devenu indispensable à l’évolution de notre société. C’est une raison supplémentaire pour que la population participe plus grandement dans le processus d’élections municipales.
Ceci dit, je ne prétends pas que le monde municipal soit un monde parfait. La principale anicroche à la réforme municipale, c’est que les budgets appropriés n’ont pas suivi les meilleures intentions. Vu les visées budgétaires qui pointent à l’horizon, il y a peu de chance que cette anomalie se résolve à court terme.
Comme je l’ai dit plus tôt dans le texte, depuis la réforme, les municipalités sont devenues pour la communauté acadienne leurs principales instances politiques pour continuer à bâtir leur peuple. Un tel statut commande que les municipalités à majorité acadienne s’affichent de cette façon très claire. Je suis toujours attristé de savoir, par exemple, que l’ancien village de Saint-Louis-de-Kent ne fasse pas partie d’une municipalité qui ne s’est pas encore identifiée comme fièrement acadienne. Pourtant, Saint-Louis, avec le patriote Mgr Marcel-François Richard, est le lieu de création du drapeau acadien et de l’étalement du plus grand drapeau acadien au monde. C’est une erreur à corriger!
Le monde municipal devient souvent une première étape avant qu’un individu ne poursuive sa carrière politique pour devenir député provincial ou fédéral. C’est un lieu d’apprentissage politique indispensable pour entretenir un engagement politique à long terme.
Il faudrait que l’on fasse des prochaines élections municipales du 11 mai un record de participation populaire. Voter aux élections municipales, c’est s’affirmer comme Acadien et Acadienne à part entière. Soyez aussi nombreuses et nombreux à présenter votre candidature. Servir l’Acadie comme maires et conseillers municipaux est une des façons les plus nobles pour faire grandir et s’épanouir sa communauté et l’Acadie.
