L’instinct maternel
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Marie O’Brien
À l’occasion de la fête des mères qui vient d’être soulignée, je vous offre une chronique qui aborde l’instinct maternel. On parle de cet instinct comme s’il apparaissait chez une mère d’une façon automatique. Pourtant, c’est une sorte de sagesse qui ne s’apprend pas mais qui se présente plutôt sous forme de ressenti et d’intuition chez la mère.
Lorsque nous devenons mère, nous ne savons pas tout d’une journée à l’autre comme si nous n’avions aucun doute ou hésitation lorsque nous arrive ce rôle maternel. La réalité humaine est qu’il n’y existe pas de perfection en assumant ce rôle de mère. Les réponses à nos questions n’apparaissent pas comme une magie.
J’oserais dire que l’instinct maternel, c’est plutôt une présence, soit une attention particulière dans nos gestes qui nous permet de sentir avant même de comprendre. La mère peut comprendre quand quelque chose ne va pas même si rien n’est apparent.
Lorsqu’une mère pose son regard sur son enfant, elle ressent l’émotion qui ne se voit pas chez lui. Son intuition s’éveille dans ces moments-là et va aller vers son enfant et peut-être le prendre dans ses bras ou tout simplement le flatter tout doucement. Elle a ressenti quelque chose en elle. Cela est l’instinct maternel.
Cependant, quand nous assumons ce rôle de mère, l’instinct maternel ne se manifeste pas toujours immédiatement. Cette intuition se construit au fil des jours. Il se forge après plusieurs tentatives et essais, après avoir passé des nuits sans sommeil, après des erreurs et des doutes et même des remises en question.
Rappelons-nous qu’il existe une grande pression pour être la mère parfaite. Pourtant, celle-ci ne sait pas tout d’avance. En raison de cette pression extérieure, elle peut se douter d’elle-même, de penser qu’elle n’est pas à la hauteur de faire bien les choses.
L’instinct maternel s’exprime par des gestes simples, elle prépare la nourriture de son enfant, elle va le prendre dans ses bras et le bercer tendrement, elle va l’écouter, le rassurer sans savoir nécessairement quelle est la solution.
Il arrive que cet instinct soit mis à l’épreuve lorsque l’enfant grandit. Il part de la maison, fait des choix différents de ce que la mère aurait souhaité. Son rôle de mère évolue et son instinct se manifeste autrement en accompagnant plutôt que protéger. C’est souvent difficile pour une mère : elle doit faire confiance et donner l’espace nécessaire à son enfant d’évoluer, de commettre ses propres erreurs.
L’amour existe encore. Il s’agit juste de comprendre que la mère ne perd pas sa place, mais plutôt que son rôle se transforme. La mère, dans ces moments-là, va peut-être faire une remise en question et se demander : ‘qui suis-je sans mon rôle de mère?’. C’est là qu’il s’agit de réaliser qu’elle est une femme avec ses désirs et ses rêves, qu’elle peut encore se réaliser et reconnaître tout ce qu’elle a donné et tout ce qu’il reste à accomplir.
Maintenant, il y a différentes façons d’être mère. Il y a en a qui sont naturellement plus démonstratives et d’autres qui sont plus réservées. Certaines accompagnent de plus près d’autres choisissent de ne pas s’imposer et leur accordent plus d’espace. Comme on peut constater, une mère selon sa personnalité, peut exercer son rôle de différentes façons.
Toutefois ce qui les relie est l’amour profond qu’elles ont pour leurs enfants.
Alors l’instinct maternel à son unique façon de s’exprimer. C’est la fidélité à ce lien que la mère conserve avec son enfant quelle que soit l’étape de vie où il est rendu, et que son enfant aura toujours une place dans le cœur de sa mère.
C’est donc avec reconnaissance à toutes les mamans que je dédie cette chronique.
À tous, je vous souhaite une excellente semaine.
Marie O’Brien habite à Shediac. Elle est l’auteure de quatre livres: «L’écriture en cadeau», «Les carnets de Marie… à ma façon», «Vieillir autrement, à sa façon», et «Quand le silence devient une voix», que vous pouvez vous procurer en lui adressant un courriel ou sur le site de son éditeur, Un million de rêves.
