Énergie NB : chronique d’un désastre annoncé
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Quand il y a un problème majeur dans la société, les gouvernements nomment une commission d’enquête afin de clarifier et solutionner l’enjeu. Énergie Nouveau-Brunswick est probablement l’institution la plus problématique dans la province. Une Commission a été nommée afin de définir des avenues potables afin d’en assurer une pérennité plus harmonieuse. Cette Commission vient de déposer son rapport : c’est une catastrophe!
Nous sommes toutes et tous affectés quotidiennement par les affres d’Énergie Nouveau-Brunswick. Les factures ont augmenté de façon exponentielle. Comment peut-on doubler la consommation d’une année à l’autre? Il est à se demander si le nouveau système électronique pour identifier notre consommation ne s’est pas emballée. Je ne peux faire autrement que d’être solidaire des citoyens qui manifestent afin que l’on change la situation actuelle. La pente est abrupte à surmonter.
Il est incompréhensible que la Commission mise avant tout sur le nucléaire et les fossiles (comme le gaz naturel) afin d’assurer l’épanouissement de notre compagnie électrique. Mais nous sommes en 2026: la planète est foutue, et plus que jamais la production électrique doit obligatoirement reposer sur des méthodes alternatives que sont l’éolienne, le solaire ou encore la biomasse, sous-produit enviable de l’industrie forestière. Comme exemple d’avant-garde de cette mouvance, pensons à la Nouvelle-Écosse qui vient de lancer un grand projet d’éoliennes en mer.
Il est même scandaleux que cette commission propose l’établissement d’une deuxième centrale nucléaire qui pourrait coûter jusqu’à 30 milliards de dollars. Une telle proposition relève de l’absurde. L’histoire de la première centrale de Point Lepreau est un chapelet continu de difficultés et d’échecs. Certaines personnes vont jusqu'à dire que tout Point Lepreau est un échec.
Dans le même esprit que pour le nucléaire, la Commission propose que les résidences transforment leur système actuel de chauffage à un système basé sur le gaz naturel. Or, l’infrastructure pour ce faire est pourtant inexistante. Nous ne produisons pas de gaz naturel. Cette proposition vient remplir les ambitions des entreprises de gaz naturel qui veulent s’installer en grand nombre au Nouveau-Brunswick. Pourtant, la population provinciale a exprimé à plusieurs occasions qu’elle était contre une telle industrie. Encore une fois, les vœux des grandes compagnies priment sur la volonté populaire. Comme à Tantramar.
Il est déstabilisant de constater que plus de vingt propositions sur les cinquante soumises dans le rapport portent sur la gouvernance. C’est comme si l’on essaye de nous faire comprendre que la compétence des gestionnaires passés et actuels est questionnée. Pourtant, plusieurs de ces gestionnaires sont payés chacun plusieurs centaines de milliers de dollars par année. Pire, la Commission propose que l’on établisse un système de bonis pour appuyer la performance positive des employés. C’est exagéré!
Il est aussi inconcevable que l’on propose de subdiviser Énergie Nouveau-Brunswick pour créer une corporation indépendante pour gérer exclusivement Point Lepreau. On devrait tout simplement créer à l’intérieur du Conseil d’administration un comité ad hoc pour faire cette gestion. Mais on se réjouit que l’on propose de garder publique Énergie Nouveau-Brunswick. Comme on se réjouit que l’on propose plus de collaboration entre les régies provinciales d’énergie des trois provinces Maritimes.
Une inquiétude : le gouvernement provincial, de même que la haute direction d’Énergie Nouveau-Brunswick, accueillent ce rapport très favorablement. Encore une fois, comme en religion, le dossier de l’environnement rétrograde et empire. Avec ce rapport, plein de propositions irréalisables, l’avenir de l’énergie renouvelable au Nouveau-Brunswick demeure plus que jamais sombre. Et comme prime, plein d’augmentations de tarifs!
