Honorer la santé… sans vivre dans l’inquiétude
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Marie O’Brien
Depuis toujours et encore plus récemment, on nous parle de la santé partout : à la télévision, dans les journaux, dans nos conversations, par nos professionnels de la santé. Bien sûr, c’est une bonne chose et avec raison. On nous dit de bouger plus, de manger mieux, de dormir davantage, de faire de la prévention en s’observant, en anticipant, toujours avec le but de vivre mieux et peut-être plus longtemps. Toute cette éducation est noble en soi.
Toutefois, comment accueillir tout ça sans nous inquiéter inutilement? Sans toujours nous en rendre compte, il arrive que lorsque notre focus est ancré continuellement vers notre santé, nous devenons presque paranoïaques lorsque se développe un bobo. En effet, certains sont urgents et il faut se prendre en charge et aller pour de l’aide. Mais lorsque nous anticipons sans arrêt nos bobos, cela crée des moments d’anxiété. Mon point aujourd’hui est de ne pas vivre avec la peur de tomber malade. Lorsque nous arrivons à pas nous énerver avant le temps, un apaisement se produit. Nous voyons plus clair et nous arrêtons d’imaginer divers scénarios en cessant d’analyser chaque sensation ou inconfort, ou même en essayant de trouver une réponse quelconque.
Nous sommes humains et c’est tout à fait normal de réagir ainsi. Le danger arrive quand l’inquiétude est constante. La vérité est que, malgré toutes les précautions, la vie conserve une part d’imprévisibilité. Avec les années, notre relation avec la santé change car notre corps change. Nous devenons alors plus alertes aux signes mais aussi parfois plus inquiets. Un petit symptôme peut donc prendre beaucoup de place et voilà notre esprit qui pique notre imaginaire au vif. Mais vivre en pensant au pire nous éloigne du moment présent.
Honorer sa santé, c’est accueillir que notre corps change et qu’il nous parle aussi. Essayons toutefois de ne pas constater le pire avant le temps. Ce qui crée souvent l’anxiété, c’est la sensation de perdre notre santé et cette peur de la perdre peut devenir envahissante. On se met à lire partout sur l’internet sur notre symptôme, on se compare et on s’inquiète avant même qu’il y a raison de s’inquiéter. C’est vrai que notre esprit a besoin d’être rassuré mais il faut également prendre soin à notre bien-être. C’est tout simplement faire ce qu’il faut et se ramener à notre existence sans nier les risques possibles. Alors oui, un rendez-vous médical est peut-être nécessaire. C’est ainsi que vous aurez l’occasion de poser toutes vos questions et d’adapter les recommandations suggérées à votre situation.
Vivre en constante vigilance apporte une tension à notre corps et cette tension affecte notre bien-être.
Je vous invite donc à accorder une note à votre paix intérieure car, ça aussi, c’est honorer sa santé. C’est choisir de ne pas alimenter des peurs qui augment votre fatigue mentale. Ramenez votre regard sur ici et maintenant. Posez-vous des questions : comment vous sentez-vous aujourd’hui? Qu’est-ce que mon corps essaie de me dire? De quoi ai-je besoin pour me rassurer?
Rappelez-vous que lorsque l’acceptation se produit, une certaine libération se produit aussi : nous acceptons que nous ne puissions pas tout contrôler, que notre corps change, que la vie est imprévisible. Ce n’est pas un renoncement, c’est plutôt choisir d’être dans la confiance. Une confiance qui nous dit que nous faisons de notre mieux, qu’on s’ajustera si nécessaire. Car quand on s’inquiète trop, on oublie de vivre dans le moment présent, on oublie de vivre aujourd’hui.
Alors je vous encourage, si vous vivez de tels moments d’inquiétude aujourd’hui, d’aller prendre une petite marche si possible, prendre une bouffée d’air, de vous permettre une conversation bienveillante avec un ami. La vie vous habite maintenant. C’est aussi ça honorer sa santé.
Et tant que la vie est là, c’est choisir de vivre le plus pleinement possible dans les mesures de nos capacités.
Bonne réflexion et une agréable semaine à vous tous.
