Chroniques
10 Février 2026
Santé : dépasser les bornes
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
À part l'adoption de la Loi sur les langues officielles par le gouvernement libéral Robichaud en 1969, et la décision de cette année du gouvernement libéral Holt de réviser cette loi, les gouvernements libéraux sont historiquement rébarbatifs à légiférer en matière linguistique. Ce sont surtout des gouvernements conservateurs, bien qu’ils aient eu des anti-bilinguistes dans leurs rangs, qui ont le plus souvent légiféré dans le dossier des langues officielles: application de la loi Robichaud, la loi 88 sur l’égalité des communautés linguistiques en 1981, la révision de la loi sur les langues officielles de Bernard Lord, etc.
Il est vrai que le gouvernement libéral McKenna a accepté d’intégrer les principes de la loi 88 dans la constitution, mais ce fut fait à partir d’une certaine torture du peuple. Légiférer en matière linguistique, pour les Libéraux, n’a jamais été fait dans la joie et l’enthousiasme. C’est comme s’il y avait un virus contre toute législation linguistique au sein de ce parti.
Le gouvernement libéral Holt n’a jamais été aussi acadianisé comme le gouvernement libéral Robichaud, vu le nombre de députés libéraux en son sein. Acadianisé ou pas, et vlan, voilà que ce gouvernement nous flanque trois tapes linguistiques sur la gueule cette année. Il y a eu le dossier du bilinguisme obligatoire de la lieutenante-gouverneure, celui des palais de justice dans le nord, et maintenant la volonté d’aller en appel contre la décision d’une juge déclarant que les conseils d’administration des Régies de santé doivent avoir des membres élus.
Depuis 2008, l’organisation Égalité santé en français est le principal véhicule de la communauté acadienne pour défendre le dossier de la santé en français, avec l’appui de la SANB. Rappelons-nous que c’est le gouvernement libéral Graham qui avait établi, dans la tourmente, les deux Régies actuelles de santé avec des membres élus. C’est le gouvernement conservateur Higgs qui a décidé, en 2022, d’abolir les postes élus des conseils d’administration des Régies. Dès lors, Égalité Santé en français s’est lancée dans une grande fronde juridique pour corriger une telle aberration.
Quand une juge prend une décision favorable à la communauté acadienne, le gouvernement en place a la possibilité de réagir positivement à cette décision, ou d’être rébarbatif en rejetant cette décision. Le gouvernement Holt a décidé de rejeter cette décision.
Or, le ministre McKee a répondu dans un premier temps que la province accepterait des membres élus pour 2030, ce qui était tardif comme date, et quelques jours plus tard la province allait en appel. Et, maintenant, le ministre McKee annonce qu’il pourrait légiférer avant 2030. Encore une fois, comme en éducation, on se fourvoie en matière de communications.
Suite aux commentaires de Maître Michel Doucet, je conviens qu’il y a encore besoin de clarifications juridiques dans le dossier. Mais ce qui semble faire l’accord de tous les côtés, c’est que les conseils d’administration des Régies doivent avoir des membres élus. Alors, PROCÉDONS pour le 11 mai 2026! Je ne crois pas le gouvernement qui dit qu’il n’a pas le temps de légiférer pour les élections du 11 mai: c’est faux! S’il y a la volonté politique d’agir, tout est possible.
Ce dossier tordu de la santé illustre encore une fois la difficulté endémique de la communauté acadienne à pouvoir gouverner ses propres institutions acadiennes dont il a droit. À chaque fois, nous devons faire face à la gymnastique gouvernementale nous restreignant dans notre capacité à gérer nos propres affaires. De telles situations sont toujours malsaines.
Encore une fois dans le dossier de la santé, vu sa dimension linguistique, le gouvernement Holt dépasse les bornes. Il est temps d’arrêter cette mascarade et que le gouvernement agisse, et rapidement cette fois-ci!
jmlacadie1@gmail.com
À part l'adoption de la Loi sur les langues officielles par le gouvernement libéral Robichaud en 1969, et la décision de cette année du gouvernement libéral Holt de réviser cette loi, les gouvernements libéraux sont historiquement rébarbatifs à légiférer en matière linguistique. Ce sont surtout des gouvernements conservateurs, bien qu’ils aient eu des anti-bilinguistes dans leurs rangs, qui ont le plus souvent légiféré dans le dossier des langues officielles: application de la loi Robichaud, la loi 88 sur l’égalité des communautés linguistiques en 1981, la révision de la loi sur les langues officielles de Bernard Lord, etc.
Il est vrai que le gouvernement libéral McKenna a accepté d’intégrer les principes de la loi 88 dans la constitution, mais ce fut fait à partir d’une certaine torture du peuple. Légiférer en matière linguistique, pour les Libéraux, n’a jamais été fait dans la joie et l’enthousiasme. C’est comme s’il y avait un virus contre toute législation linguistique au sein de ce parti.
Le gouvernement libéral Holt n’a jamais été aussi acadianisé comme le gouvernement libéral Robichaud, vu le nombre de députés libéraux en son sein. Acadianisé ou pas, et vlan, voilà que ce gouvernement nous flanque trois tapes linguistiques sur la gueule cette année. Il y a eu le dossier du bilinguisme obligatoire de la lieutenante-gouverneure, celui des palais de justice dans le nord, et maintenant la volonté d’aller en appel contre la décision d’une juge déclarant que les conseils d’administration des Régies de santé doivent avoir des membres élus.
Depuis 2008, l’organisation Égalité santé en français est le principal véhicule de la communauté acadienne pour défendre le dossier de la santé en français, avec l’appui de la SANB. Rappelons-nous que c’est le gouvernement libéral Graham qui avait établi, dans la tourmente, les deux Régies actuelles de santé avec des membres élus. C’est le gouvernement conservateur Higgs qui a décidé, en 2022, d’abolir les postes élus des conseils d’administration des Régies. Dès lors, Égalité Santé en français s’est lancée dans une grande fronde juridique pour corriger une telle aberration.
Quand une juge prend une décision favorable à la communauté acadienne, le gouvernement en place a la possibilité de réagir positivement à cette décision, ou d’être rébarbatif en rejetant cette décision. Le gouvernement Holt a décidé de rejeter cette décision.
Or, le ministre McKee a répondu dans un premier temps que la province accepterait des membres élus pour 2030, ce qui était tardif comme date, et quelques jours plus tard la province allait en appel. Et, maintenant, le ministre McKee annonce qu’il pourrait légiférer avant 2030. Encore une fois, comme en éducation, on se fourvoie en matière de communications.
Suite aux commentaires de Maître Michel Doucet, je conviens qu’il y a encore besoin de clarifications juridiques dans le dossier. Mais ce qui semble faire l’accord de tous les côtés, c’est que les conseils d’administration des Régies doivent avoir des membres élus. Alors, PROCÉDONS pour le 11 mai 2026! Je ne crois pas le gouvernement qui dit qu’il n’a pas le temps de légiférer pour les élections du 11 mai: c’est faux! S’il y a la volonté politique d’agir, tout est possible.
Ce dossier tordu de la santé illustre encore une fois la difficulté endémique de la communauté acadienne à pouvoir gouverner ses propres institutions acadiennes dont il a droit. À chaque fois, nous devons faire face à la gymnastique gouvernementale nous restreignant dans notre capacité à gérer nos propres affaires. De telles situations sont toujours malsaines.
Encore une fois dans le dossier de la santé, vu sa dimension linguistique, le gouvernement Holt dépasse les bornes. Il est temps d’arrêter cette mascarade et que le gouvernement agisse, et rapidement cette fois-ci!
