Chroniques
9 Janvier 2026
Susan Levi-Peters
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Les vieilles traditions du Nouvel An à Elsipogtog
Certaines de nos traditions du Nouvel An disparaissent peu à peu. D’aussi loin qu’il m’en souvienne, la Première Nation d'Elsipogtog perpétue des traditions du Nouvel An propres à sa communauté.
La veille du Nouvel An, après le décompte, et le jour de l'An, les gens allaient de maison en maison pour se souhaiter une bonne année. Ils se serraient la main, s'embrassaient et, en migmag, récitaient une courte prière de pardon, une pour les femmes et une pour les hommes.
Mes parents organisaient une fête pour le réveillon du Nouvel An. Toute la journée, les femmes s'affairaient à cuisiner et à nettoyer, préparant la fête chez le chef. Vers 21h, les membres de la communauté commençaient à arriver avec les plats qu'ils avaient préparés. On mangeait et on buvait en attendant minuit et le décompte.
On avait l'impression que toute la communauté était réunie. On faisait le compte à rebours jusqu’aux douze coups de minuit puis, comme il n'y avait pas de feux d'artifice, on tirait des coups de feu. À 1h du matin, la fête était terminée, car le lendemain matin, d'autres membres de la communauté venaient souhaiter une bonne année au chef et à sa famille.
Toute la journée, notre maison restait ouverte et les membres de la communauté qui n'étaient pas présents à la fête du réveillon venaient alors. Vers 15h, mes parents partaient et allaient de maison en maison, selon une tradition locale, pour souhaiter une bonne année aux aînés.
Chaque année, une de mes grand-tantes, la tante de mon père, une femme âgée, venait voir mes parents. Ses fils la conduisaient. Sogi (tante) Monic savait qui étaient vos parents rien qu'en vous regardant.
Un certain premier janvier, elle est venue et, comme d'habitude, s'est assise pour une petite visite. Elle observait les gens venus souhaiter la bonne année à mes parents, demandant qui étaient leurs parents ou à quel clan ils appartenaient. Puis, avant de partir, elle a regardé mon père et, en migmag, elle a dit: «Le gouvernement doit bien traiter les Indiens, tous ceux qui entrent ont l'air bien nourris et en bonne santé.»
C'était toujours une joie d'être en sa compagnie chez mes parents le jour de l'An. Elle disait les choses telles qu'elles étaient.
Une autre tradition du Nouvel An propre à Elsipogtog, et qui perdure encore aujourd'hui (et j'espère qu'elle continuera), consiste pour les filleuls à rendre visite à leurs parrains et marraines pour leur souhaiter une bonne année. En retour, les parrains et marraines offrent un cadeau à leurs filleuls. C'est une journée de cadeaux, mais uniquement pour les filleuls, de la part de leurs parrains et marraines. Après Noël, que ce soit pour un parrain ou une marraine, attendre le Nouvel An est toujours un moment excitant ; c'est comme revivre Noël.
Cela renforce l'unité et l'esprit communautaire lorsque les membres de la communauté vont de maison en maison pour se pardonner et se souhaiter une bonne année. J'espère que nos traditions du Jour de l'An ne se perdront pas et seront perpétuées de génération en génération.
(Traduit de l’anglais par Damien Dauphin)
Certaines de nos traditions du Nouvel An disparaissent peu à peu. D’aussi loin qu’il m’en souvienne, la Première Nation d'Elsipogtog perpétue des traditions du Nouvel An propres à sa communauté.
La veille du Nouvel An, après le décompte, et le jour de l'An, les gens allaient de maison en maison pour se souhaiter une bonne année. Ils se serraient la main, s'embrassaient et, en migmag, récitaient une courte prière de pardon, une pour les femmes et une pour les hommes.
Mes parents organisaient une fête pour le réveillon du Nouvel An. Toute la journée, les femmes s'affairaient à cuisiner et à nettoyer, préparant la fête chez le chef. Vers 21h, les membres de la communauté commençaient à arriver avec les plats qu'ils avaient préparés. On mangeait et on buvait en attendant minuit et le décompte.
On avait l'impression que toute la communauté était réunie. On faisait le compte à rebours jusqu’aux douze coups de minuit puis, comme il n'y avait pas de feux d'artifice, on tirait des coups de feu. À 1h du matin, la fête était terminée, car le lendemain matin, d'autres membres de la communauté venaient souhaiter une bonne année au chef et à sa famille.
Toute la journée, notre maison restait ouverte et les membres de la communauté qui n'étaient pas présents à la fête du réveillon venaient alors. Vers 15h, mes parents partaient et allaient de maison en maison, selon une tradition locale, pour souhaiter une bonne année aux aînés.
Chaque année, une de mes grand-tantes, la tante de mon père, une femme âgée, venait voir mes parents. Ses fils la conduisaient. Sogi (tante) Monic savait qui étaient vos parents rien qu'en vous regardant.
Un certain premier janvier, elle est venue et, comme d'habitude, s'est assise pour une petite visite. Elle observait les gens venus souhaiter la bonne année à mes parents, demandant qui étaient leurs parents ou à quel clan ils appartenaient. Puis, avant de partir, elle a regardé mon père et, en migmag, elle a dit: «Le gouvernement doit bien traiter les Indiens, tous ceux qui entrent ont l'air bien nourris et en bonne santé.»
C'était toujours une joie d'être en sa compagnie chez mes parents le jour de l'An. Elle disait les choses telles qu'elles étaient.
Une autre tradition du Nouvel An propre à Elsipogtog, et qui perdure encore aujourd'hui (et j'espère qu'elle continuera), consiste pour les filleuls à rendre visite à leurs parrains et marraines pour leur souhaiter une bonne année. En retour, les parrains et marraines offrent un cadeau à leurs filleuls. C'est une journée de cadeaux, mais uniquement pour les filleuls, de la part de leurs parrains et marraines. Après Noël, que ce soit pour un parrain ou une marraine, attendre le Nouvel An est toujours un moment excitant ; c'est comme revivre Noël.
Cela renforce l'unité et l'esprit communautaire lorsque les membres de la communauté vont de maison en maison pour se pardonner et se souhaiter une bonne année. J'espère que nos traditions du Jour de l'An ne se perdront pas et seront perpétuées de génération en génération.
(Traduit de l’anglais par Damien Dauphin)
