Chroniques
13 Janvier 2026
La langue qu’on néglige, l’identité qu’on fragilise
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Je félicite Mathieu Caissie, du Cercle acadien de la langue française, pour sa dernière sortie publique pour la promotion de la langue française “qui est le socle de notre culture acadienne”. Il incite la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) pour en faire un de ses thèmes pour les prochains États généraux d’Edmundston de juin 2026.
Nous aurons d’ailleurs comme public l’occasion de participer au processus de révision de la loi sur les langues officielles, excellente initiative du gouvernement provincial. Une telle révision sera une occasion privilégiée pour mettre les pendules à l’heure. Notre situation linguistique actuelle est dans la tourmente.
Par ailleurs, le ministère de l’Éducation est aussi en train de préparer un Plan d’action en éducation pour les prochaines années. À ce stade-ci, le ministère est le plus fautif pour ce qui est du renforcement identitaire et de la promotion du français. Le terme “Acadie” est actuellement absent de ses énoncés pédagogiques. Ça frise l’incompréhension et l’indignation.
Et pourtant depuis 1974 que nous avons le contrôle de notre éducation en ayant des conseils scolaires et la dualité au ministère. Il est incompréhensible et scandaleux que ce système n'ait pas su accoucher de véritables cours obligatoires sur l’Acadie dans le curriculum. Ça ne se passe pas comme ça dans n’importe quel pays civilisé que sont les pays européens, par exemple. Dans ce capharnaüm organisationnel, nous ne pouvons pas reprocher aux anglophones notre incompétence manifeste.
Tous les gouvernements antérieurs ont péché en négligeant de maintenir à niveau la flotte francophone d’établissements scolaires dans la province. Les polyvalentes d’Edmundston, de Tracadie et de Saint-Jean sont dans un état de décrépitude. Pour répondre à ça, la province a proposé de bâtir une école française à Woodstock, que la municipalité ne veut pas. Avant de créer du nouveau, il me semble que tu dois réparer auparavant ce que tu as! Nous ne nourrissons pas le renforcement identitaire sans infrastructures appropriées.
…/…
Tout le monde parle actuellement de l’importance de l’immigration comme un des moyens pour assurer notre continuité et notre épanouissement. Le peuple acadien a suffisamment de ressort et des atouts pour bien intégrer ces nouveaux arrivants. Mais nous devons rehausser notre prestance, notre force et notre rayonnement. La langue française et une forte identité acadienne seront toujours les attraits d’intégration des nouveaux arrivants à notre identité.
Je suis attristé de voir dernièrement sur Facebook une publicité unilingue anglophone annonçant l’existence d’une association marocaine à Moncton dont le nom est “Moroccan Canadian Community”. Faut-il rappeler que le Maroc est un des plus beaux pays du Maghreb et de la francophonie mondiale? Cette association doit surtout réunir des étudiants de l’Université de Moncton. Nous ne pourrons jamais faire “société acadienne” si nous ne sommes pas capables d’attirer chez-nous et avec nous les nouveaux arrivants des pays francophones.
C’est troublant d’être toujours en alerte ayant à la viabilité de notre existence, mais tel est le sort de toutes les communautés vivant en situation minoritaire. Ça implique donc que ces communautés doivent continuellement être aux aguets. Il faut que nous soyons vigilants.
Seuls les Acadiens et les Acadiennes, y compris ceux et celles qui se joignent à eux, sauront assurer la pérennité et l’épanouissement de notre peuple acadien, Mettons-nous à l’ouvrage, et l’année 2026 s’annonce comme un bon cru.
jmlacadie1@gmail.com
Je félicite Mathieu Caissie, du Cercle acadien de la langue française, pour sa dernière sortie publique pour la promotion de la langue française “qui est le socle de notre culture acadienne”. Il incite la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) pour en faire un de ses thèmes pour les prochains États généraux d’Edmundston de juin 2026.
Nous aurons d’ailleurs comme public l’occasion de participer au processus de révision de la loi sur les langues officielles, excellente initiative du gouvernement provincial. Une telle révision sera une occasion privilégiée pour mettre les pendules à l’heure. Notre situation linguistique actuelle est dans la tourmente.
Par ailleurs, le ministère de l’Éducation est aussi en train de préparer un Plan d’action en éducation pour les prochaines années. À ce stade-ci, le ministère est le plus fautif pour ce qui est du renforcement identitaire et de la promotion du français. Le terme “Acadie” est actuellement absent de ses énoncés pédagogiques. Ça frise l’incompréhension et l’indignation.
Et pourtant depuis 1974 que nous avons le contrôle de notre éducation en ayant des conseils scolaires et la dualité au ministère. Il est incompréhensible et scandaleux que ce système n'ait pas su accoucher de véritables cours obligatoires sur l’Acadie dans le curriculum. Ça ne se passe pas comme ça dans n’importe quel pays civilisé que sont les pays européens, par exemple. Dans ce capharnaüm organisationnel, nous ne pouvons pas reprocher aux anglophones notre incompétence manifeste.
Tous les gouvernements antérieurs ont péché en négligeant de maintenir à niveau la flotte francophone d’établissements scolaires dans la province. Les polyvalentes d’Edmundston, de Tracadie et de Saint-Jean sont dans un état de décrépitude. Pour répondre à ça, la province a proposé de bâtir une école française à Woodstock, que la municipalité ne veut pas. Avant de créer du nouveau, il me semble que tu dois réparer auparavant ce que tu as! Nous ne nourrissons pas le renforcement identitaire sans infrastructures appropriées.
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Tout le monde parle actuellement de l’importance de l’immigration comme un des moyens pour assurer notre continuité et notre épanouissement. Le peuple acadien a suffisamment de ressort et des atouts pour bien intégrer ces nouveaux arrivants. Mais nous devons rehausser notre prestance, notre force et notre rayonnement. La langue française et une forte identité acadienne seront toujours les attraits d’intégration des nouveaux arrivants à notre identité.
Je suis attristé de voir dernièrement sur Facebook une publicité unilingue anglophone annonçant l’existence d’une association marocaine à Moncton dont le nom est “Moroccan Canadian Community”. Faut-il rappeler que le Maroc est un des plus beaux pays du Maghreb et de la francophonie mondiale? Cette association doit surtout réunir des étudiants de l’Université de Moncton. Nous ne pourrons jamais faire “société acadienne” si nous ne sommes pas capables d’attirer chez-nous et avec nous les nouveaux arrivants des pays francophones.
C’est troublant d’être toujours en alerte ayant à la viabilité de notre existence, mais tel est le sort de toutes les communautés vivant en situation minoritaire. Ça implique donc que ces communautés doivent continuellement être aux aguets. Il faut que nous soyons vigilants.
Seuls les Acadiens et les Acadiennes, y compris ceux et celles qui se joignent à eux, sauront assurer la pérennité et l’épanouissement de notre peuple acadien, Mettons-nous à l’ouvrage, et l’année 2026 s’annonce comme un bon cru.
