Des coupures au postsecondaire ? NON !
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Jean-Marie Nadeau
Ti-Louis Robichaud criait très fort que l’éducation est la principale arme des Acadiens et Acadiennes pour assurer leur épanouissement et renverser l’assimilation. Il prônait la gratuité postsecondaire comme en France et en Allemagne, afin de rendre universelle l’accessibilité aux études postsecondaires. Il serait indigné de voir aujourd’hui que son parti libéral qui lui a succédé soit en train de jongler avec la possibilité de couper entre 35 et 50 millions de dollars dans le prochain budget provincial. Bien plus qu’indigné, il serait révolté! Et comme le dit le politologue Roger Ouellette, il est à se demander si ce processus budgétaire ne relève pas “de l’amateurisme, de l’improvisation”.
Dans quel genre de société veut-on nous faire vivre? Il est reconnu que les pays les plus éduqués sont parmi les plus riches dans le monde. Nos universités sont déjà reconnues parmi les moins bien financées au Canada. Nonobstant cet état lamentable, on envisage aujourd’hui de couper leurs revenus encore plus. Ça s’appelle de l’aberration, pour ne pas dire de l’irresponsabilité. En matière budgétaire, on ne devrait pas toucher au postsecondaire, sauf pour le bonifier.
Comme le Comité citoyen pour un nouveau nom vient de le faire en envoyant une lettre au ministre Legacy plaidant que l’on ne mette pas à exécution ces propositions, il faudra que la société se soulève avec les étudiants pour empêcher une telle calamité. Plus que jamais, les associations étudiantes font front commun pour contrer cette menace. Les universités et les collèges anglophones devaient se solidariser avec les institutions acadiennes pour mener ce combat.
Nous sommes aussi une des sociétés parmi les plus illettrées au pays. Nous n’avons pas les moyens de reculer sur le terrain fertile de l’éducation postsecondaire. C’est par l’université et le collège communautaire que nous formons des professionnels comme les médecins, le personnel infirmier, les juristes, les plombiers ou encore les électriciens… tant de métiers avec lesquels nous bâtissons une société riche et équitable.
Le Parti libéral est considéré comme centralisateur. Dans le dossier postsecondaire, il insinue que l’on doit penser à éliminer des campus. Il faut garder en tête que les régions, surtout celles du Madawaska et de le Péninsule acadienne, se sont historiquement soulevées largement pour conserver leurs acquis. Si le gouvernement Holt veut provoquer une bonne bagarre avec sa population, il n’a qu’à essayer de bannir Edmundston, Shippagan, Campbellton. La résistance et la résilience seront fortes.
Pendant que l’on envisage de couper les vivres en éducation postsecondaire, le gouvernement Holt annonce un programme de plus de$50 millions de dollars pour soutenir des entreprises d’ici, dont Irving. Et si l’inverse était possible? Que Irving élimine la dette de 13 milliards de la province! Notre province aurait ainsi un Plan Marshall pour progresser économiquement et politiquement de façon spectaculaire. Il n’y a rien à perdre à rêver.
Il en est de même pour notre affreuse Énergie Nouveau-Brunswick. Nous devons vendre ce cancer, et ainsi nous libérer d’une autre dette de plusieurs milliards de dollars. Les données d’aujourd’hui sont très différentes de celles que connaissait Graham en 2009, lorsque ce projet a été évacué par incompétence extrême. Les dispositions d’aujourd’hui sont beaucoup plus favorables.
La province du Nouveau-Brunswick a un ratio de 27,1% dans son rapport dette/produit intérieur brut, le troisième meilleur au pays. Nous devons donc accepter que la province ait un déficit budgétaire. Il y a une grande marge de manœuvre. En effet, il y a suffisamment d’espace budgétaire pour que la province accepte de ne pas couper en éducation postsecondaire. C’est une question de volonté politique, puisque l’argent est là!
