Chroniques
19 Août 2025
Ça n’arrive qu’aux autres ?
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Durant les mois de juin et de juillet nous regardions d’un œil distrait, pour ne pas dire indifférent, les feux de forêt au Manitoba et en Colombie-Britannique, en nous disant que c’était bien heureux que ça ne se passe pas chez nous. Et vlan, voilà que le ciel nous est tombé sur la tête avec les feux de Miramichi, d’Irishtown et d’ailleurs. Eh non, ça n’arrive pas qu’aux autres. Personne sur la planète n’est à l’abri de la rage meurtrière de la nature. Comme le dit le Parti vert: “la crise climatique ne prend pas de vacances”.
Quand va-t-on comprendre que la planète, toute la planète, est en danger et fragile? Tout l’Europe est en feu. Les typhons et la mousson se pavanent allègrement en Asie. Les États-Unis font le plein d’ouragans de plus en plus dévastateurs. Les requins blancs s’installent dans le Golfe du Saint-Laurent. Les algues vertes envahissent nos cours d’eau douce. Les saumons se font rares, etc.
Ce ne sont pourtant pas le nombre d’avertissements tragiques qui ont manqué. Tous les jours, les experts, de même que le commun des mortels, s’indignent de l’état misérable de la terre. Et ce ne sont pas des prophètes de malheur, mais bel et bien des personnes éclairées et visionnaires. Nous ne pouvons plus les qualifier de vulgaires alarmistes.
Pendant ce temps-là, les humains (eh oui, même Trump est un humain) jonglent avec des scénarios de plus d’oléoducs, d’exploitation de ressources pourtant naturelles comme le gaz de schiste, du maintien de transport polluant ou de coupe à blanc. Où et quand va s’arrêter cette démarche diabolique et suicidaire vers une catastrophe appréhendée, pour ne pas dire annoncée?
Nous ne pouvons plus plaider pour un discours modéré en matière d’environnement et de changements climatiques. Nous avons dépassé les bornes pour ce qui est de nos réserves à percevoir la réalité. La planète est “fuckée”, meurtrie, très malade et se rapproche du point de non-retour à une existence normale. Nous ne pouvons qu’être alertés et inquiets face à l’avenir.
Heureusement, nous vivons dans un coin de la terre qui est plutôt épargné par la diversité des catastrophes naturelles. Mais il ne faut pas oublier que la région d’Halifax a subi les affres dévastatrices d’un terrible ouragan ces dernières années. Où en Atlantique le prochain ouragan se manifestera-t-il?
Chaque année, il se tient une grande conférence internationale sur les changements climatiques qui s’appelle COP (Conférence des parties). La plus importante de ces conférences a été la COP 2015 de Paris, qui a abouti à l'accord sur l’environnement le plus déterminante dans l’histoire de l’humanité, soit l’Accord de Paris. Or, dans toute sa sagesse embrouillée et au grand désarroi de la population mondiale, Mister Trump a décidé de retirer les États-Unis de cet accord. Nous savons pourtant tous que les États-Unis est le plus grand pays pollueur au monde. L’indignation atteint son comble.
Mais nous devons reconnaître que nous sommes tous, comme individus occidentaux, délinquants face à la protection de l’environnement. Nous tenons à nos voitures à essence, nous boudons les transports collectifs (trop peu nombreux et accessibles), nous continuons à nous rafraîchir ou à nous réchauffer à l’huile ou au gaz naturel, et j’en passe. Seules, une profonde prise de conscience individuelle de notre part et la décision de passer de la parole aux actes changeront peut-être la trajectoire vers l’inacceptable. La conjugaison des petits gestes individuels favorables à l’environnement est le début d’un processus bénéfique.
Nous ne pouvons plus, comme individus et comme société, “niaiser avec la puck” en matière d’environnement. La menace de catastrophe ultime est malheureusement réelle. Nous avons raison d’avoir peur en ce domaine. Mais je doute de la volonté humaine pour changer la voie actuellement empruntée, où l’issue est fatale. Je suis normalement optimiste, mais dans le domaine de l’environnement, je me sens condamné à être pessimiste!
jmlacadie1@gmail.com
Durant les mois de juin et de juillet nous regardions d’un œil distrait, pour ne pas dire indifférent, les feux de forêt au Manitoba et en Colombie-Britannique, en nous disant que c’était bien heureux que ça ne se passe pas chez nous. Et vlan, voilà que le ciel nous est tombé sur la tête avec les feux de Miramichi, d’Irishtown et d’ailleurs. Eh non, ça n’arrive pas qu’aux autres. Personne sur la planète n’est à l’abri de la rage meurtrière de la nature. Comme le dit le Parti vert: “la crise climatique ne prend pas de vacances”.
Quand va-t-on comprendre que la planète, toute la planète, est en danger et fragile? Tout l’Europe est en feu. Les typhons et la mousson se pavanent allègrement en Asie. Les États-Unis font le plein d’ouragans de plus en plus dévastateurs. Les requins blancs s’installent dans le Golfe du Saint-Laurent. Les algues vertes envahissent nos cours d’eau douce. Les saumons se font rares, etc.
Ce ne sont pourtant pas le nombre d’avertissements tragiques qui ont manqué. Tous les jours, les experts, de même que le commun des mortels, s’indignent de l’état misérable de la terre. Et ce ne sont pas des prophètes de malheur, mais bel et bien des personnes éclairées et visionnaires. Nous ne pouvons plus les qualifier de vulgaires alarmistes.
Pendant ce temps-là, les humains (eh oui, même Trump est un humain) jonglent avec des scénarios de plus d’oléoducs, d’exploitation de ressources pourtant naturelles comme le gaz de schiste, du maintien de transport polluant ou de coupe à blanc. Où et quand va s’arrêter cette démarche diabolique et suicidaire vers une catastrophe appréhendée, pour ne pas dire annoncée?
Nous ne pouvons plus plaider pour un discours modéré en matière d’environnement et de changements climatiques. Nous avons dépassé les bornes pour ce qui est de nos réserves à percevoir la réalité. La planète est “fuckée”, meurtrie, très malade et se rapproche du point de non-retour à une existence normale. Nous ne pouvons qu’être alertés et inquiets face à l’avenir.
Heureusement, nous vivons dans un coin de la terre qui est plutôt épargné par la diversité des catastrophes naturelles. Mais il ne faut pas oublier que la région d’Halifax a subi les affres dévastatrices d’un terrible ouragan ces dernières années. Où en Atlantique le prochain ouragan se manifestera-t-il?
Chaque année, il se tient une grande conférence internationale sur les changements climatiques qui s’appelle COP (Conférence des parties). La plus importante de ces conférences a été la COP 2015 de Paris, qui a abouti à l'accord sur l’environnement le plus déterminante dans l’histoire de l’humanité, soit l’Accord de Paris. Or, dans toute sa sagesse embrouillée et au grand désarroi de la population mondiale, Mister Trump a décidé de retirer les États-Unis de cet accord. Nous savons pourtant tous que les États-Unis est le plus grand pays pollueur au monde. L’indignation atteint son comble.
Mais nous devons reconnaître que nous sommes tous, comme individus occidentaux, délinquants face à la protection de l’environnement. Nous tenons à nos voitures à essence, nous boudons les transports collectifs (trop peu nombreux et accessibles), nous continuons à nous rafraîchir ou à nous réchauffer à l’huile ou au gaz naturel, et j’en passe. Seules, une profonde prise de conscience individuelle de notre part et la décision de passer de la parole aux actes changeront peut-être la trajectoire vers l’inacceptable. La conjugaison des petits gestes individuels favorables à l’environnement est le début d’un processus bénéfique.
Nous ne pouvons plus, comme individus et comme société, “niaiser avec la puck” en matière d’environnement. La menace de catastrophe ultime est malheureusement réelle. Nous avons raison d’avoir peur en ce domaine. Mais je doute de la volonté humaine pour changer la voie actuellement empruntée, où l’issue est fatale. Je suis normalement optimiste, mais dans le domaine de l’environnement, je me sens condamné à être pessimiste!
