Chroniques
2 Octobre 2024
EN PLEIN DEDANS
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Par obligation législative, les élections provinciales ont été déclenchées dès le 19 septembre pour se réaliser le 21 octobre 2024. Il n’est pas sûr que ce soit avec gaieté de cœur que la population du Nouveau-Brunswick s’embarque dans une telle aventure. Se débarrasser de la gouvernance Higgs qui dure depuis six ans peut être une motivation complémentaire.
On dit souvent que chaque élection est historique et déterminante. Surprise, cette élection l’est vraiment! On a vraiment deux visions du Nouveau-Brunswick qui s’opposent. On a celle de l’idéologue Higgs qui souhaite la continuité de sa gouvernance en penchant de plus en plus vers la droite, avec en prime l’extrémisme religieux chrétien. De l’autre côté, nous avons la vision d’un Parti libéral et d’un Parti vert plus sociaux et plus compatissants. Il me semble que c’est ce dont nous avons le plus besoin après six ans de dominance Higgs.
La plus grande menace de ces élections en cours est la proposition du Parti conservateur de baisser la TVH de 15% à 13%. Comme une des provinces parmi les plus pauvres au Canada, on ne peut se permettre de perdre plus de 450 millions de dollars de revenus par année. Quand on pense que le gouvernement provincial disait qu’il n’avait pas assez d’argent pour bâtir et rénover une vingtaine d’écoles françaises, ajuster les salaires de nos infirmières au niveau des salaires de leurs consœurs de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse, construire plus de logements sociaux, finir de construire des routes et financer adéquatement les municipalités… Il y a tellement à faire!
Dans l’ensemble, il y a une certaine morosité politique dont on doit se débarrasser au Nouveau-Brunswick. On dirait que l’on vit continuellement dans une atmosphère négative. Le débat sur la Politique 713, qui concerne un enfant sur cinq cents, a monopolisé la conversation depuis plus de deux ans. On a dépassé les bornes, et l’extrémisme religieux en a profité pour se mettre en évidence. Cela a débordé sur le questionnement des droits 2LBGTQ+, et même mis en péril les personnes queers et drags. C’est malsain comme tendance!
Le Nouveau-Brunswick a un profond besoin de changement. Nous devons retrouver un nouvel élan d’optimisme et de confiance en nous. Nous devons miser sur les valeurs que chacune de nos communautés linguistiques véhiculent. Nous ne pouvons pas nous permettre, d’une part, un Nouveau-Brunswick privilégié du sud, et d’autre part un Nouveau-Brunswick négligé du Nord. Nous avons besoin d’un gouvernement équitable pour toutes les régions du Nouveau-Brunswick. Comme le disait à l'époque du Parti acadien le Père Armand Plourde, le Nouveau-Brunswick se retrouve ces dernières années dans une situation “où c’est la manne dans le Sud, et la marde dans le Nord”. Cela n’a plus de sens.
Il y a des signes avant-coureurs comme quoi le Parti libéral et le Parti vert pourraient conjointement arracher une victoire ensemble. Ce serait le meilleur scénario. D’ailleurs, les sympathisants conservateurs acadiens sont actuellement des orphelins politiques. Ils pourront difficilement voter pour les candidats conservateurs qui, dans les régions acadiennes, feraient au mieux de la figuration. De plus, comme la tradition fait qu’un conservateur a de la difficulté de virer son capot de bord pour voter libéral (sauf dans le temps du règne conservateur du libéral McKenna), il n’a pas d’autre choix que de voter vert. Plusieurs amis conservateurs m’ont dit que c’est ce qu’ils feraient.
Malgré la morosité, il faut que nous nous ressaisissions pour faire de ces élections provinciales des élections triomphantes pour la démocratie. Plus il y aura de gens qui iront voter, plus ça va avantager le Parti libéral et le Parti vert. Il faut donc, plus que jamais, aller voter en grand nombre.
Le Nouveau-Brunswick fait figure d’enfant terrible au Canada depuis trop d’années. Il est temps que l’on reprenne notre place comme modèle d’harmonie linguistique, nonobstant les nombreux accrocs qui l’accompagnent encore.
jmlacadie1@gmail.com
Par obligation législative, les élections provinciales ont été déclenchées dès le 19 septembre pour se réaliser le 21 octobre 2024. Il n’est pas sûr que ce soit avec gaieté de cœur que la population du Nouveau-Brunswick s’embarque dans une telle aventure. Se débarrasser de la gouvernance Higgs qui dure depuis six ans peut être une motivation complémentaire.
On dit souvent que chaque élection est historique et déterminante. Surprise, cette élection l’est vraiment! On a vraiment deux visions du Nouveau-Brunswick qui s’opposent. On a celle de l’idéologue Higgs qui souhaite la continuité de sa gouvernance en penchant de plus en plus vers la droite, avec en prime l’extrémisme religieux chrétien. De l’autre côté, nous avons la vision d’un Parti libéral et d’un Parti vert plus sociaux et plus compatissants. Il me semble que c’est ce dont nous avons le plus besoin après six ans de dominance Higgs.
La plus grande menace de ces élections en cours est la proposition du Parti conservateur de baisser la TVH de 15% à 13%. Comme une des provinces parmi les plus pauvres au Canada, on ne peut se permettre de perdre plus de 450 millions de dollars de revenus par année. Quand on pense que le gouvernement provincial disait qu’il n’avait pas assez d’argent pour bâtir et rénover une vingtaine d’écoles françaises, ajuster les salaires de nos infirmières au niveau des salaires de leurs consœurs de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse, construire plus de logements sociaux, finir de construire des routes et financer adéquatement les municipalités… Il y a tellement à faire!
Dans l’ensemble, il y a une certaine morosité politique dont on doit se débarrasser au Nouveau-Brunswick. On dirait que l’on vit continuellement dans une atmosphère négative. Le débat sur la Politique 713, qui concerne un enfant sur cinq cents, a monopolisé la conversation depuis plus de deux ans. On a dépassé les bornes, et l’extrémisme religieux en a profité pour se mettre en évidence. Cela a débordé sur le questionnement des droits 2LBGTQ+, et même mis en péril les personnes queers et drags. C’est malsain comme tendance!
Le Nouveau-Brunswick a un profond besoin de changement. Nous devons retrouver un nouvel élan d’optimisme et de confiance en nous. Nous devons miser sur les valeurs que chacune de nos communautés linguistiques véhiculent. Nous ne pouvons pas nous permettre, d’une part, un Nouveau-Brunswick privilégié du sud, et d’autre part un Nouveau-Brunswick négligé du Nord. Nous avons besoin d’un gouvernement équitable pour toutes les régions du Nouveau-Brunswick. Comme le disait à l'époque du Parti acadien le Père Armand Plourde, le Nouveau-Brunswick se retrouve ces dernières années dans une situation “où c’est la manne dans le Sud, et la marde dans le Nord”. Cela n’a plus de sens.
Il y a des signes avant-coureurs comme quoi le Parti libéral et le Parti vert pourraient conjointement arracher une victoire ensemble. Ce serait le meilleur scénario. D’ailleurs, les sympathisants conservateurs acadiens sont actuellement des orphelins politiques. Ils pourront difficilement voter pour les candidats conservateurs qui, dans les régions acadiennes, feraient au mieux de la figuration. De plus, comme la tradition fait qu’un conservateur a de la difficulté de virer son capot de bord pour voter libéral (sauf dans le temps du règne conservateur du libéral McKenna), il n’a pas d’autre choix que de voter vert. Plusieurs amis conservateurs m’ont dit que c’est ce qu’ils feraient.
Malgré la morosité, il faut que nous nous ressaisissions pour faire de ces élections provinciales des élections triomphantes pour la démocratie. Plus il y aura de gens qui iront voter, plus ça va avantager le Parti libéral et le Parti vert. Il faut donc, plus que jamais, aller voter en grand nombre.
Le Nouveau-Brunswick fait figure d’enfant terrible au Canada depuis trop d’années. Il est temps que l’on reprenne notre place comme modèle d’harmonie linguistique, nonobstant les nombreux accrocs qui l’accompagnent encore.
