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3 Février 2026
C.A. de Vitalité : appel maintenu, élections avant 2030 ?
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Les communautés acadiennes et francophones, notamment le groupe de pression Égalité santé en français, ont connu une semaine sur les montagnes russes. Après l’annonce par le ministre de la Justice, jeudi dernier, que le gouvernement allait faire appel de la décision de la juge Bourque en première instance, voici que le gouvernement fait volte-face en ce qui a trait à l’élection des conseils d’administration des réseaux de santé.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Tout a commencé jeudi dernier lorsque, à quelques heures du discours de la première ministre Susan Holt sur l’état de la province, le cabinet du ministre de la Justice et procureur général, Robert McKee, a annoncé que le gouvernement allait faire appel de la décision de la décision rendue le 30 décembre dernier en première instance dans l’affaire Égalité santé.
"La décision d’interjeter appel vise à obtenir plus de précisions pour la future gouvernance de notre système de soins de santé", peut-on lire dans son communiqué.
Il n’en fallait pas plus pour provoquer l’ire du Dr Hubert Dupuis, qui a qualifié la décision de «coup d’épée dans le dos». Une épée étant plus longue qu’un poignard, cette métaphore avait l’allure d’une hyperbole permettant de mesurer l’ampleur de la déception et du désarroi ainsi exprimés.
«On savait que l’ancien gouvernement était anti-francophone, mais avec 17 députés francophones dans le gouvernement actuel, c’est décevant. Il va falloir qu’on se pose des questions sur la députation francophone à l’intérieur du Parti libéral du Nouveau-Brunswick», a dit le praticien en entrevue téléphonique avec Le Moniteur acadien.
Le Dr Dupuis a qualifié le gouvernement Holt de «gouvernement-girouette» qui ne veut pas reconnaître les droits de la communauté acadienne et qui utilise presque les mêmes éléments de langage que le gouvernement Higgs dans l’affaire de la lieutenante-gouverneure.
«Avons-nous vraiment voté pour un gouvernement différent?», s’est-il demandé ?
Signaux contradictoires
La même incompréhension prévalait sur nos médias sociaux où la plupart de nos lecteurs ont réagi dans la même veine.
Guy Dufresne constate «comme une mauvaise habitude d'aller en appel quand c'est un droit des francophones». Jean-Guy Vienneau affiche son incompréhension: «On bafoue les principes quand il s'agit de la population acadienne». Pour Jeanne d’Arc Gaudet, ce n’est «pas très brillant». «On dirait qu'il y a des contradictions dans les messages du gouvernement à la population francophone. Je n'y comprends rien», a-t-elle exprimé.
Selon Gabriel Bourgeois, «Les protections constitutionnelles sont importantes mais en soi, ne sont pas suffisantes pour protéger nos institutions. L’exemple de la gérance de nos hôpitaux est flagrante. Nos commissions scolaires n’existent plus et nos enfants sont à la merci du ministre et de ses employés. (…) Tout ça pour dire qu’il ne faut pas se fier seulement aux tribunaux pour sauver nos institutions de langue française et d’origine acadienne.»
S’exprimant au nom de la Coalition pour la santé, Jean-Claude Basque estime que le gouvernement a le droit de faire appel, mais il aurait préféré qu’il ne le fasse pas. «D’une manière ou d’une autre, il faut que le gouvernement aille de l’avant pour présenter un projet de loi qui remette les conseils d’administration élus, non seulement de Vitalité mais aussi d’Horizon.»
M. Basque pense qu’il n’est pas nécessaire d’attendre la décision de la cour d’appel pour le faire. «Il peut aller en appel, mais ça ne l’empêche pas d’agir entre-temps. Des élections en 2030, c’est bien trop long. Ils pourraient le faire au mois de mars, quand ils vont revenir à l’assemblée législative, pour le faire coïncider avec les élections municipales en mai.»
Il avance que si le gouvernement annonçait ses intentions maintenant, les personnes qui caressent l’idée de présenter leur candidature en vue d’une élection au mois de mai auraient le temps d’y réfléchir.
Le ministre fait une concession
Nos confrères de Brunswick News ont rapporté lundi matin que, cédant aux pressions d'un groupe de défense des droits des francophones (Égalité santé – NDLR), le ministre de la Justice, Rob McKee, affirmait que son gouvernement allait rétablir les élections des conseils de santé «dès que possible», plutôt qu'en 2030.
«Nous comprenons qu’Égalité santé et les parties intéressées souhaitent le rétablissement de ces conseils élus le plus rapidement possible, et nous collaborerons avec Élections Nouveau-Brunswick afin de déterminer les solutions possibles», a-t-il déclaré en entrevue avec nos confrères (traduit de l’anglais par nos soins).
Le Moniteur acadien a contacté le bureau de M. McKee lundi après-midi pour obtenir des précisions sur le calendrier envisagé, mais aucune réponse ne nous est parvenue avant le bouclage.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Tout a commencé jeudi dernier lorsque, à quelques heures du discours de la première ministre Susan Holt sur l’état de la province, le cabinet du ministre de la Justice et procureur général, Robert McKee, a annoncé que le gouvernement allait faire appel de la décision de la décision rendue le 30 décembre dernier en première instance dans l’affaire Égalité santé.
"La décision d’interjeter appel vise à obtenir plus de précisions pour la future gouvernance de notre système de soins de santé", peut-on lire dans son communiqué.
Il n’en fallait pas plus pour provoquer l’ire du Dr Hubert Dupuis, qui a qualifié la décision de «coup d’épée dans le dos». Une épée étant plus longue qu’un poignard, cette métaphore avait l’allure d’une hyperbole permettant de mesurer l’ampleur de la déception et du désarroi ainsi exprimés.
«On savait que l’ancien gouvernement était anti-francophone, mais avec 17 députés francophones dans le gouvernement actuel, c’est décevant. Il va falloir qu’on se pose des questions sur la députation francophone à l’intérieur du Parti libéral du Nouveau-Brunswick», a dit le praticien en entrevue téléphonique avec Le Moniteur acadien.
Le Dr Dupuis a qualifié le gouvernement Holt de «gouvernement-girouette» qui ne veut pas reconnaître les droits de la communauté acadienne et qui utilise presque les mêmes éléments de langage que le gouvernement Higgs dans l’affaire de la lieutenante-gouverneure.
«Avons-nous vraiment voté pour un gouvernement différent?», s’est-il demandé ?
Signaux contradictoires
La même incompréhension prévalait sur nos médias sociaux où la plupart de nos lecteurs ont réagi dans la même veine.
Guy Dufresne constate «comme une mauvaise habitude d'aller en appel quand c'est un droit des francophones». Jean-Guy Vienneau affiche son incompréhension: «On bafoue les principes quand il s'agit de la population acadienne». Pour Jeanne d’Arc Gaudet, ce n’est «pas très brillant». «On dirait qu'il y a des contradictions dans les messages du gouvernement à la population francophone. Je n'y comprends rien», a-t-elle exprimé.
Selon Gabriel Bourgeois, «Les protections constitutionnelles sont importantes mais en soi, ne sont pas suffisantes pour protéger nos institutions. L’exemple de la gérance de nos hôpitaux est flagrante. Nos commissions scolaires n’existent plus et nos enfants sont à la merci du ministre et de ses employés. (…) Tout ça pour dire qu’il ne faut pas se fier seulement aux tribunaux pour sauver nos institutions de langue française et d’origine acadienne.»
S’exprimant au nom de la Coalition pour la santé, Jean-Claude Basque estime que le gouvernement a le droit de faire appel, mais il aurait préféré qu’il ne le fasse pas. «D’une manière ou d’une autre, il faut que le gouvernement aille de l’avant pour présenter un projet de loi qui remette les conseils d’administration élus, non seulement de Vitalité mais aussi d’Horizon.»
M. Basque pense qu’il n’est pas nécessaire d’attendre la décision de la cour d’appel pour le faire. «Il peut aller en appel, mais ça ne l’empêche pas d’agir entre-temps. Des élections en 2030, c’est bien trop long. Ils pourraient le faire au mois de mars, quand ils vont revenir à l’assemblée législative, pour le faire coïncider avec les élections municipales en mai.»
Il avance que si le gouvernement annonçait ses intentions maintenant, les personnes qui caressent l’idée de présenter leur candidature en vue d’une élection au mois de mai auraient le temps d’y réfléchir.
Le ministre fait une concession
Nos confrères de Brunswick News ont rapporté lundi matin que, cédant aux pressions d'un groupe de défense des droits des francophones (Égalité santé – NDLR), le ministre de la Justice, Rob McKee, affirmait que son gouvernement allait rétablir les élections des conseils de santé «dès que possible», plutôt qu'en 2030.
«Nous comprenons qu’Égalité santé et les parties intéressées souhaitent le rétablissement de ces conseils élus le plus rapidement possible, et nous collaborerons avec Élections Nouveau-Brunswick afin de déterminer les solutions possibles», a-t-il déclaré en entrevue avec nos confrères (traduit de l’anglais par nos soins).
Le Moniteur acadien a contacté le bureau de M. McKee lundi après-midi pour obtenir des précisions sur le calendrier envisagé, mais aucune réponse ne nous est parvenue avant le bouclage.
