Michel Doucet compte briguer la présidence de la SNA
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L'avocat et professeur émérite Michel Doucet a confirmé son intention de se lancer dans la course à la présidence de la Société nationale de l'Acadie (SNA). Son éventuelle candidature suscite déjà de nombreuses réactions favorables au sein de la communauté acadienne.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
En entrevue avec nos confrères de L'Acadie Nouvelle, l'avocat Michel Doucet a confirmé son intention de briguer la présidence de la Société nationale de l'Acadie (SNA).
Spécialiste reconnu des droits linguistiques, l'ancien doyen de la Faculté de droit de l'Université de Moncton a plaidé devant plusieurs tribunaux canadiens, dont la Cour suprême du Canada. Membre de l'Ordre du Nouveau-Brunswick depuis 2019 et de l'Ordre du Canada depuis 2020, il s'est illustré pendant des décennies par son engagement en faveur de la dualité linguistique et de la défense des communautés francophones.
L'annonce de sa possible candidature a suscité un accueil enthousiaste dans plusieurs milieux acadiens.
Ancienne directrice générale de la SNA de 2005 à 2009, Lucie LeBouthillier estime que Michel Doucet possède le profil idéal pour diriger l'organisme.
«Michel Doucet est l'un de nos plus grands militants et défenseurs des droits linguistiques depuis 50 ans au Nouveau-Brunswick et dans les autres provinces atlantiques. Il est la personne idéale pour faire face aux défis énormes auxquels l'Acadie est confrontée présentement.»
Selon elle, celui qui est considéré comme l'un des francophones les plus influents du pays représenterait avantageusement le peuple acadien sur les scènes atlantique, nationale et internationale.
«Nous ne pourrions rêver d'un meilleur candidat pour prendre les rênes de la Société nationale de l'Acadie. Si je pouvais voter, je voterais pour lui», affirme-t-elle.
« Le candidat idéal »
L'ancien président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Jean-Marie Nadeau, souhaite également voir Michel Doucet accéder à la présidence.
«Sa candidature est exemplaire. De par ses connaissances théoriques et pratiques, il serait à la hauteur de la fonction. La SNA peut faire beaucoup mieux qu'actuellement et a besoin de retrouver une certaine notoriété. Les autres candidatures potentielles sont excellentes, mais celle de Michel Doucet se démarque», soutient notre chroniqueur acadien.
Pour Mathieu Gérald Caissie, président-fondateur du Cercle acadien de la langue française, il s'agit d'un «excellent candidat de haut calibre» qui a largement démontré son engagement envers la défense de la langue française.
Le cinéaste néo-écossais Phil Comeau voit lui aussi en Michel Doucet un défenseur passionné de l'Acadie et de la francophonie.
«C'est un grand amoureux de l'Acadie et de sa diaspora, un partisan d'une immigration inclusive et francophone, ainsi qu'un militant engagé pour la défense de nos droits. Il comprend également toute l'importance de l'enseignement de notre histoire et de la construction identitaire dans nos écoles. En plus d'être un excellent communicateur, il n'aura pas peur de prendre la parole et de se lever pour défendre notre peuple. Il a mon appui à 100 %.»
Louis Turgeon considère pour sa part qu'il s'agit d'une «candidature assise sur une réputation bien établie», tandis que notre panéliste Luc Doucet le décrit comme le «candidat idéal».
Guy Thériault estime quant à lui que Michel Doucet correspond exactement au profil dont la SNA a besoin.
«Il faut choisir les bons dossiers et les pousser jusqu'au bout au lieu de se battre pour des peccadilles», affirme-t-il.
Une course qui pourrait être disputée
Selon les informations rapportées par Radio-Canada, la présidente sortante de la SANB, Nicole Arseneau-Sluyter, envisagerait elle aussi de faire le saut sur la scène nationale. Éric Dow, qui avait affronté Mme Arseneau-Sluyter lors de la dernière course à la présidence de la SANB, réfléchirait également à une candidature.
Par ailleurs, deux des quatre candidats à la présidence de la SNA l'an dernier, Yvon Godin et Nathalie Brideau, n'écarteraient pas la possibilité de tenter à nouveau leur chance.
Le politologue Mario Lévesque, de l'Université Mount Allison, estime toutefois que la présidence de la SNA exige avant tout des compétences de gestion et une vision à long terme.
«Le poste ne consiste pas à poser des gestes concrets immédiats sur le terrain, mais plutôt à planifier les changements à venir. Il faut avancer par petites étapes stratégiques et progressives, tout en travaillant avec plusieurs organisations afin de rallier les différents acteurs autour d'objectifs communs», explique-t-il.
Selon lui, la fonction dépasse largement le rôle traditionnel de militant.
«Ce n'est pas un rôle d'activiste, mais bien un rôle de gestion. La personne appelée à diriger la SNA doit posséder d'excellentes aptitudes relationnelles et organisationnelles afin de rassembler les gens autour d'enjeux communs et d'élaborer un plan d'action. Ce n'est pas nécessairement une question d'expertise dans un domaine précis, mais plutôt de leadership et de capacité à mobiliser les différents partenaires», ajoute-t-il.
Interrogé sur les chances des autres candidats potentiels, M. Lévesque estime que l'expérience en gestion et la capacité à bâtir des consensus seront des critères déterminants dans cette course à la présidence.
L'élection à la présidence de la Société Nationale de l'Acadie (SNA) aura lieu du 25 au 27 septembre 2026 à Campbellton, dans le cadre de la 147e Assemblée générale annuelle (AGA) de l'organisme. Les personnes intéressées peuvent soumettre leur dossier jusqu’au 6 septembre. Cependant, conformément aux statuts et règlements de la SNA, les candidatures peuvent être déposées jusqu’à 15 minutes avant le début de l’élection.
