Deux nouvelles associations françaises au sud-est du Nouveau-Brunswick
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À l'occasion de la fête nationale française, deux nouvelles associations ont été officiellement présentées au public : le Réseau d'affaires français du Nouveau-Brunswick (RAFNB-Méridien 64) et l'Association de France du Grand Moncton (AFGM).
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien - IJL
La France a le vent en poupe au Nouveau-Brunswick. Le 30 janvier 2026, le Cercle des leaders francophones de Fredericton (CLFF), un organisme regroupant des leaders, des professionnels, des entrepreneurs et des citoyens engagés francophones et francophiles de la capitale provinciale, a été inauguré en présence de Bertrand Cahuet, consul général de France. Ce réseau est né pour rassembler et briser l’isolement des entrepreneurs, professionnels et leaders d’opinion francophones de la région afin de renforcer la vitalité communautaire dans le domaine des affaires locales.
Il manquait une structure quelque peu analogue à Moncton, siège du poste consulaire. Formé au cours du printemps, le Réseau d’affaires français du Nouveau-Brunswick (RAFNB-Méridien 64) a été porté sur les fonts baptismaux sur le terrain du Monument-Lefebvre, non pas avec de l’eau bénite qu’utilisait le père Camille, mais avec du champagne.
Le 4 juillet dernier, l’AFGM avait organisé un rassemblement de Français et de francophiles pour suivre le match France-Paraguay dans une microbrasserie à Dieppe. (Photo : Damien Dauphin)
L’entrepreneur Serge Colin en préside le conseil d’administration. Il constate que les Français installés au Nouveau-Brunswick sont, chaque année, un peu plus nombreux. Familles, entrepreneurs, salariés et nouveaux arrivants apportent avec eux leurs parcours, leurs compétences et leurs ambitions. Mais, analyse-t-il, chacun avance trop souvent seul dans son coin, de manière parfois isolée.
«C'est pour cette raison que nous avons créé le réseau d'affaires français du Nouveau-Brunswick-Méridien 64. Concrètement, que voulons-nous faire? Accompagner celles et ceux qui souhaitent entreprendre en leur offrant un service de réseau actif et vivant dans leurs démarches, mettre en relation les entreprises, les entrepreneurs et les nouveaux arrivants de part et d'autre de l'Atlantique. Aider celles et ceux qui sont à la recherche d'un emploi pour essayer de faire reconnaître leur expérience professionnelle. Et enfin, et surtout, promouvoir nos échanges économiques avec la France et ses territoires.»
À la démarche entrepreneuriale s’ajoute un élan citoyen qui redonne vie à une association en sommeil depuis des années.
«Il existe peu d’endroits dans le monde où la France se sent aussi naturellement chez elle qu’en Acadie», estime Geoffroy Dalisser, président de l’Association de France du Grand Moncton (AFGM).
Cette structure prend la relève, sous une nouvelle dénomination, de l’ancienne Association des Français du Nouveau-Brunswick, créée durant l’été 2010 dans le contexte de la «crise des passeports». À ce moment-là, l’administration française avait décidé d’abolir le poste de vice-consul de France. Par voie de conséquence, une partie de ses attributions, dont la délivrance des titres de voyage, avait été transférée à Montréal. Ces changements avaient provoqué la colère d’une partie de la communauté française qui avait fait de cet enjeu son principal cheval de bataille. Finalement, le service des passeports n’est revenu à Moncton qu’à la fin de l’an dernier (voir article ci-contre).
L’AFGM soutient le projet de création d’une ligne aérienne entre Paris et Moncton, initié par le RAFNB-Méridien 64 (voir page 3). «Au-delà d’une simple liaison aérienne, ce serait un véritable pont entre nos territoires au service des familles, des étudiants, des entrepreneurs, des touristes et de tous ceux qui font vivre la relation entre la France et les provinces atlantiques», fait valoir Léo Detcheverry, son vice-président.
«Les personnes ont changé, mais l'ambition est toujours de donner un élan et de faire de notre association un lieu de rencontre et de partage et d'ouverture avec un ancrage local. Notre mission sera de servir davantage la communauté française du Grand Moncton en favorisant les liens entre les Français établis ici et ceux qui se sentent amis de la France», a-t-il expliqué.
Au programme des réjouissances: le patrimoine, la culture et la gastronomie, mais aussi le sport. L’AFGM a organisé des soirées dans des microbrasseries locales pour suivre ensemble les matchs de l’équipe de France lors de la Coupe du monde de soccer.
Bertrand Cahuet a salué ces nouveaux acteurs du tissu associatif. «Ce sont autant de nouvelles instances de rassemblement de nos compatriotes, mais aussi pour rappeler que les Français contribuent activement à l'animation et à la richesse de cette province. Bâtir ces partenariats, ces espaces de vie communautaire, c'est croire que l'avenir est bien devant nous.»
