FOYERS DE SOINS : LA DIGNITÉ À BOUT DE RESSOURCES
- Partager
Nous, des membres de familles ayant des proches vivant au foyer de soins La Maison Providence de Shédiac, voulons ajouter nos voix à celle de l’Association des foyers de soins du N-B et souligner que oui, il y a présentement un cruel manque de financement pour assurer le respect des besoins de base et de la dignité humaine, des personnes aînées vivant dans les foyers de soins de la province.
Pour bien accompagner ces personnes, il faudrait plus d’heures de soins que les 3,09 heures par jour par résident, et donc plus de préposés aux soins. Mais nous observons qu’il y a aussi un besoin criant de d’autres ressources telles que des travailleurs sociaux, des ergothérapeutes et plus de ressources pour organiser dans chaque unité un environnement et des activités qui favorisent le bien-être par la socialisation et les activités physiques.
Il est présentement difficile pour nous de repartir, souvent inquiet, après une visite au foyer parce que nous observons fois après fois qu’il y a un manque criant de personnel pour assurer les soins, et un manque criant d’un environnement stimulant, adapté aux besoins des personnes en résidence. Il faut dire que le personnel qui est sur place est, pour la très grande majorité d’entre eux, accueillant, dévoué et bienveillant. Malheureusement, il doit souvent négliger certains besoins et le problème n’est pas la mauvaise volonté du personnel mais le peu de ressources alloué aux foyers afin d’embaucher suffisamment de personnel.
La clientèle a beaucoup changé au fil des années. Il y a de plus en plus de résidents qui ont besoin d’accompagnement individuel, physiquement et ou émotionnellement. Malgré ces changements, nous constatons que, dans les faits, le gouvernement ne soutient pas suffisamment les soins aux aîné(e)s.
Concrètement, qu’est-ce que nous observons? Il manque de personnel pour rassurer, accompagner, et aider la personne résidente à faire la difficile transition hors de leur milieu de vie. Nous voyons des personnes en détresse, ou laissées à elles-mêmes pendant de longs moments de la journée. De plus, plusieurs soins de base ne peuvent être donnés, comme pouvoir amener les résidents aux toilettes lorsqu’ils en ont besoin. Nous avons vu des personnes en détresse parce qu’elles avaient besoin d’y aller et étaient très inconfortable. Des membres de familles nous ont dit que finalement leur proche se souillait après un moment. Ceux qui ne sont plus en mesure de demander pour aller aux toilettes, souvent se salissent parce qu’on n’a pas le temps de les amener régulièrement. Malgré ce fait, ils n’ont droit qu’à un bain par semaine.
Parmi les autres besoins de base qui souffrent il y a aussi ceux du repos et du sommeil, encore par manque de personnel. Certains résidents étaient habitués de faire une sieste le jour et nous voyons des résidents qui demandent à pouvoir s’allonger et se reposer le jour mais on doit leur refuser, par manque de personnel. De plus, certains résidents se font réveiller très tôt le matin, parfois entre 5h00 et 6h00. On les réveille pour que tous soient prêts en même temps pour le déjeuner. C’est vécu difficilement par plusieurs. Le soir est particulièrement difficile, les quelques préposés doivent passer chaque résident pour les faire passer aux toilettes, changer la protection, donner le soin aux dents et autres soins individuels, mettre les pyjamas et coucher la personne.
Pendant que le personnel (trois et par moment deux préposés seulement, pour une trentaine de résidents) passe de résident à résident, les autres sont la plupart du temps laissés à eux-mêmes. Les corridors sont littéralement vides de personnel, et souvent le poste infirmier est vide aussi. La plupart du temps, personne n’est disponible pour superviser, accompagner ou rassurer. Il manque aussi de personnel autour des repas. Nous voyons des préposés nourrir deux résidents en même temps et d’autres attendent. D’autres résidents auraient besoin de rappel ou d’encouragement pour manger mais doivent se débrouiller.
La profession d’infirmières, ainsi que celle des d’infirmières-auxiliaires, a aussi changé au foyer. Ces personnes ont peu d’interaction avec les résidents. Ce que nous observons, c’est qu’elles sont occupées à des charges administratives ou à distribuer des médicaments. Des infirmières à la retraite nous disent qu’elles donnaient plus de soins d’accompagnement auparavant. Comment en est-on arrivé là? Est-ce en partie parce qu’il y a un usage excessif de médicaments, et tout ce temps pris à gérer cette situation? Trop de temps pris à l’ordinateur à rédiger des rapports? Et est-ce que ça améliore vraiment les soins? Il faudrait s’y pencher. Les infirmières et infirmières-auxiliaires pourraient avoir la responsabilité de circuler pendant certaines périodes de la journée pour aller parler et accompagner des résidents et être disponibles pour aider aux soins de base. Il y a aussi un manque criant de travailleurs sociaux, qui accompagneraient les résidents mais aussi les familles.
Un autre besoin de base qui laisse à désirer est l’alimentation. Le gouvernement alloue présentement 9$ par jour par résident. Il y a peu de légumes, de fruit frais, peu de protéines. Depuis plusieurs décennies maintenant, des études scientifiques ont lié alimentation et bien-être cognitif et physique. Une diète riche en produits transformés, accompagné d’un manque d’activités physiques, de stress, et d’un sommeil perturbé, sont des facteurs de risque importants pour un déclin plus rapide et aigu de la santé. C’est exactement la situation qui se vit dans les foyers de soins de la province et la qualité de vie en souffre.
Présentement, dans les garderies, il y a des règles strictes concernant le ratio adulte-enfants afin d’assurer leur bien-être. Nos personnes âgées méritent la même considération. Les gouvernements des deux dernières décennies, tant libéral que conservateur, ont négligé nos personnes aînées dans les foyers de soins. On nous dit que l’argent n’est pas disponible. Étrange qu’on puisse trouver 48 millions de dollars pour des compagnies parmi les plus riches au Canada ou des millions pour augmenter les salaires de personnes ayant pourtant un revenu très confortable comme la directrice d’Énergie N.-B. ou les médecins. Ce n’est pas une question d’argent, c’est évident, mais bien de valeurs de société.
Nous demandons au gouvernement un réel engagement envers le bien-être des personnes aînées.
Rachelle Poirier et des familles de résidents vivant à la Maison Providence
cc Mme Susan Holt, Première ministre du N-B.
Madame Cindy Miles Ministre du développement social
Madame Lyne Chantal Boudreau, Ministre des aîné/es
Madame Norma Dubé Association francophones des aîné/es du N-B
Monsieur Glen Savoie, chef par intérim du parti conservateur
Monsieur David Coon, chef du Parti vert et Megan Mitton
Autres signataires
1. Ginette Aubé 2. Doris Boudreau
3. Angela Cormier 4. Denise Cyr-Renton
5. Juliette Gallant 6. Brandyn Dann
7. Katelyn Duff 8. Jason Gallant
9. Normand Fougère 10. Jessica O’Donnell
11. Pat O’Donnell 12. Chantal Fist
13. Arielle Foster 14. Jennifer Gallant
15. Julie Brideau 16. Anne-Marie Collette
17. Lise Duguay 18. Jean-Pierre Boudreau
19. Louise Deveau 20. Dianne Cormier Dupuis
21. Rolande Cormier 22. Estelle Brun
23. Joanne Mazerolle 24. Josée Babineau
25. Edna Léger 26. Rosella Cormier
27. Yvon Cormier 28. Oliver Boudreau
29. Brigitte Sonier 30. Norma Gaudet
31. Alfred A. LeBlanc 32. Dora Walton
33. Ferdinand Arsenault 34. Rosella Gallant
35. Jean-Louis Gagnon 36. Stella LeBlanc
37. Paula Lirette 38. Richard McGraw
39. Marcel Savoie 40. Naomi McGraw
41. Danielle McGraw 42. Camilla Cormier
43. Lilianne Léger 44. Rose Marie Léger
45. Monique Léger 46. Éloi Lirette
47. Claude Léger 48. Rhéal Gaudet
49. Jeanne Gaudet 50. Jeanne Gaudet
51. Gloria Gallant 52. Florence Fougère
53. Nathalie Arsenault 54. Mathieu Nima
55. Marie Thérèse Léger 56. Léola Cormier
57. Claude E. Léger 58. Lita LeBlanc
59. Raymonde Wall 60. Marthe Poirier
61. Natalie Poirier 62. Pierre Caissie
63. Guy LeBlanc 64. Roch Poirier
