Qu’est-ce qui se passe à la Société Nationale de l’Acadie ?
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Que Michel Doucet, grand juriste canadien, connu internationalement qui a défendu les droits des Acadiens et Francophones dans les provinces atlantiques et au Canada, depuis près de 50 ans, n’a reçu aucune manifestation d’intérêt pour sa candidature de la part des huit organismes membres de la Société Nationale de l’Acadie(SNA), les organismes porte-paroles et les organismes jeunesses de chaque province atlantique, afin d’être en mesure de déposer sa candidature à la présidence de la SNA dépasse l’entendement. C’est scandaleux!
Il semble que ceci sonne une alarme à feu, il y a quelque-chose qui ne tourne pas rond dans la demeure.
Nous sommes en droit de nous interroger sur ce qu’il se passe avec nos organismes porte-paroles membres de la SNA! Pourquoi nos huit associations ont-elles jugé que la candidature de Michel Doucet n’était pas intéressante au point où on l’a ignorée? Nous sommes en droit de leur demander des comptes puisqu’ils parlent en notre nom afin d’entendre leurs raisons avant de juger. Plusieurs leaders acadiens et le grand public ont émis moult messages d’appui à sa candidature. C’est évident qu’ils n’ont pas été entendus. Pourquoi?
Ces organismes sont des corps constitués légalement reconnus par l’État canadien et le gouvernement provincial comme nos organismes de défense des droits subventionnés par les fonds publics pour nous représenter. Cela ne veut pas dire qu’ils ont le monopole de la vérité ou qu’ils ne commettent pas des erreurs comme nos politiciens. Il est de notre responsabilité collective de les alimenter, de leur demander des explications, voire de les critiquer et même de les remettre en question. Si nous ne le faisons pas, si nous sommes trop mous, si nous acceptons que ce soit l’air du temps, que nous baissons les bras et bien c’est nous qui serons les perdants en fin de compte. Car dans tous systèmes démocratiques c’est le peuple qui décide, qui est souverain. Si nous ne disons rien, ne nous lamentons pas après sur ce qui se passe ou ne se passe pas. C’est souvent en demeurant silencieux devant les décisions de nos institutions que les communautés s’affaiblissent peu à peu.
Souvent on n’a pas besoin des autres pour se détruire, on a qu’à regarder ce qui se passe aux États-Unis. La recette est vieille comme le monde.
Lucie Le Bouthillier
Ancilenne directrice générale de la SNA (2005-2009)
Bas-Caraquet
