LES BRUITS DE NOS PENSÉES
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Marie O’Brien
Chaque humain possède un cerveau bavard où les pensées prennent rarement de vacances. Leurs bruits ont une façon incroyable d’influencer notre bien-être.
La question que je vous invite à explorer cette semaine est la suivante: comment est-il possible de diminuer ces bruits qui nous envahissent et qui, parfois, nous amènent à nous sentir anxieux?
L’anxiété que nous ressentons à certaines périodes de notre vie est souvent alimentée par des pensées qui se bousculent les unes après les autres, comme une mer agitée. On ressent alors notre cœur qui s’accélère et on se sent constamment en alerte, comme si un danger invisible nous guettait et nourrissait notre inquiétude. Le corps se crispe, prêt à agir ou réagir à une situation d’urgence, souvent fictive mais difficile à contrôler.
Ces réactions sont épuisantes, tant pour le corps que pour notre énergie. Nous retenons notre souffle, les muscles deviennent tendus et certains peuvent même ressentir un vertige. Le corps nous parle, l’écoutons-nous?
Le cerveau, lui, a ce talent de nous scénariser des scènes dignes des plus grands films d’action. Il excelle en scénario catastrophe.
L’anxiété, cette présence silencieuse et invisible, ébranle parfois tout notre être. Alors, comment éviter de succomber à ces pressions mentales qui prennent tant de place?
D’abord, rappelons-nous que l’anxiété est une réaction humaine universelle. Elle peut même être nécessaire, car elle nous aide parfois à anticiper un danger ou une menace réelle. Son rôle est de nous protéger. Mais lorsqu’elle devient excessive, chronique ou disproportionnée par rapport à la réalité, ou qu’elle surgit sans raison claire, elle devient un obstacle à notre bien-être.
Pour adoucir ces états et prendre soin de nous, il est bon d’ouvrir un dialogue intérieur plus conscient, pour calmer notre esprit. Dédramatiser certaines pensées ou les reformuler de façon plus objective peut aussi apaiser le corps et l’esprit.
Il n’est pas toujours possible d’éliminer l’anxiété, mais nous pouvons l’apprivoiser en adoptant des habitudes plus saines: revenir à l’ici et maintenant, apprendre à respirer plus lentement, pratiquer le yoga ou toute autre activité qui nous détend. Parfois, prendre le temps de questionner nos inquiétudes et de les confronter à la réalité aide à réduire leur emprise.
Notre mode de vie influence aussi nos pensées. Un sommeil réparateur, une alimentation équilibrée, un peu d’exercice au quotidien. Ce sont des mesures concrètes pour diminuer l’anxiété. Cet équilibre de vie agit directement sur notre capacité à gérer le stress. Parler à une personne de confiance est aussi un excellent moyen de prendre soin de soi. Et parfois, consulter devient nécessaire pour alléger la surcharge mentale et c’est tout à fait légitime.
J’ai longtemps lutté moi-même contre l’anxiété. Je m’inquiétais de tout et parfois même de rien. Un jour, j’ai eu le sentiment de perdre le contrôle. J’ai dû consulter un professionnel de la santé. J’ai alors commencé à adopter des habitudes qui nourrissaient mon bien-être. Et j’ai dû apprendre à reposer mon corps.
Dans la course de nos obligations et responsabilités, il est normal de ressentir de l’angoisse. Utiliser des moyens créatifs comme l’écriture, l’art ou la musique pour libérer ces inquiétudes obsessionnelles est aussi une avenue à considérer pour mieux composer avec l’anxiété.
Le but n’est pas de l’éliminer complètement, mais d’apprendre à la gérer avec plus de douceur. Quand on accepte que la peur, l’angoisse et l’inconfort fassent partie de la vie, il devient plus facile d’en diminuer la fréquence et l’intensité.
Cette semaine, je vous invite à observer si vos anxiétés prennent le contrôle de votre corps et de votre esprit. Prenez un moment pour réfléchir à vos habitudes de vie. Est-ce qu’elles influencent positivement ou négativement votre niveau de stress?
Nous pouvons apprendre à mieux vivre avec l’anxiété, si nous comprenons ce qui l’alimente, et si nous choisissons de la diriger vers des moyens plus sains.
