Chroniques
12 Août 2025
S’identifier pleinement et fièrement
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
À l’approche de notre merveilleuse fête nationale, nous ne pouvons que réfléchir à la beauté et au bonheur de faire partie du peuple acadien. Tout est une question d’identité. La résilience et la mémoire sont nos meilleurs carburants pour assurer notre épanouissement et notre pérennité.
La question identitaire a beaucoup été mise à l’épreuve lors de la dernière année. Ça s’est surtout manifesté au niveau municipal et dans le dossier du changement de nom de l'Université de Moncton.
Nous devons être très fiers d’avoir été le premier peuple européen à s’être installé en permanence au Canada en 1604. Nos premières années de cohabitation avec les Premières Nations ont été harmonieuses et glorieuses. Depuis une centaine d’années, nous avons quelque peu gâché ces bonnes relations, quoique depuis une dizaine d’années une volonté de rapprochements sincères a été manifestée, ce qui ne peut que réjouir les deux clans.
Se dire Acadien et Acadienne doit être une manifestation d’ouverture aux autres en souhaitant leur inclusion. Ça ne veut aucunement prétendre que nous sommes le meilleur peuple au monde, mais cela signifie que nous devons devenir le meilleur peuple acadien au monde, unique et radieux.
Mais l’Acadie d’aujourd’hui n’est pas sans tare, surtout l’Acadie du Sud-Est. Après avoir drainé systématiquement la population acadienne du Nord chez eux, plusieurs Acadiens et Acadiennes du Sud-Est acceptent difficilement cette population acadienne du Nord, même si celle-ci a contribué spectaculairement à l’enrichissement et au développement au Sud-Est. Il est anormal et malsain que certaines personnes du sud continuent de demander à Roger Doiron, après avoir vécu quarante ans à Richibouctou, de retourner à Caraquet; ou encore à Denis Losier, après avoir vécu près de cinquante ans dans le sud, de retourner à Tracadie; ou encore à moi qui vis dans le sud depuis 1996, de retourner au Madawaska, et même au Québec. Notre seul crime: être des nationalistes acadiens convaincus et trop patriotes à leur goût.
Nous avons tous et toutes été déçus que nos députés provinciaux ne s'expriment qu’à 10% en français à l’Assemblée législative. C’est une grande déception et une source d;inquiétude! Je déplore que le gouvernement Holt soit un intervenant contre la SANB dans le dossier de la lieutenante-gouverneure unilingue.
Trêve de négativisme, célébrons les avancées extraordinaires et égalitaires que nous avons gagnées de peine et de misère depuis 1955. La loi sur l’égalité des deux communautés linguistiques, la Convention nationale de 1979 à Edmundston, le Sommet de la francophonie de 1999 à Moncton, les CMA, les Jeux d’Acadie, le renforcement municipal, la fournée d’artistes professionnels, le contrôle scolaire, l’université et j’en passe, sont tous des illustrations de ce formidable avancement.
Mais notre peuple reste fragile: prétendre le contraire serait faux. Même si notre population augmente un peu en nombre, nous perdons du terrain sur le plan du pourcentage. Pour la première fois de notre histoire, nous sommes moins de 30% à parler en majorité le français à la maison. Nous étions 38% en 1960. Ce signal est inquiétant.
Un gros fléau se pointe à l’horizon. Il y a une trop grande proportion d’Acadiens et d’Acadiennes qui sont carrément racistes et xénophobes face aux nouveaux arrivants et aux peuples autochtones. Nous devons nous débarrasser de ce vieux réflexe destructeur et rétrograde. Notre peuple lui-même a été châtié, malmené, déporté: pourquoi faire subir à d’autres peuples et d’autres humains des châtiments semblables?
Notre peuple si résilient a traversé des vents et des tempêtes innommables, mais “nous sommes encore debout” comme le chante et le clame si bien Calixte Duguay. Faire partie de ce peuple est un privilège qui commande des responsabilités. Tous les jours, nous devons renouveler nos vœux de fierté et de fidélité face à ce peuple. Nous en sommes les fiduciaires afin d’en assurer continuellement son épanouissement, au moins pour les sept prochaines générations comme le font les Premières Nations. Bonne fête nationale acadienne à toutes et à tous!
jmlacadie1@gmail.com
À l’approche de notre merveilleuse fête nationale, nous ne pouvons que réfléchir à la beauté et au bonheur de faire partie du peuple acadien. Tout est une question d’identité. La résilience et la mémoire sont nos meilleurs carburants pour assurer notre épanouissement et notre pérennité.
La question identitaire a beaucoup été mise à l’épreuve lors de la dernière année. Ça s’est surtout manifesté au niveau municipal et dans le dossier du changement de nom de l'Université de Moncton.
Nous devons être très fiers d’avoir été le premier peuple européen à s’être installé en permanence au Canada en 1604. Nos premières années de cohabitation avec les Premières Nations ont été harmonieuses et glorieuses. Depuis une centaine d’années, nous avons quelque peu gâché ces bonnes relations, quoique depuis une dizaine d’années une volonté de rapprochements sincères a été manifestée, ce qui ne peut que réjouir les deux clans.
Se dire Acadien et Acadienne doit être une manifestation d’ouverture aux autres en souhaitant leur inclusion. Ça ne veut aucunement prétendre que nous sommes le meilleur peuple au monde, mais cela signifie que nous devons devenir le meilleur peuple acadien au monde, unique et radieux.
Mais l’Acadie d’aujourd’hui n’est pas sans tare, surtout l’Acadie du Sud-Est. Après avoir drainé systématiquement la population acadienne du Nord chez eux, plusieurs Acadiens et Acadiennes du Sud-Est acceptent difficilement cette population acadienne du Nord, même si celle-ci a contribué spectaculairement à l’enrichissement et au développement au Sud-Est. Il est anormal et malsain que certaines personnes du sud continuent de demander à Roger Doiron, après avoir vécu quarante ans à Richibouctou, de retourner à Caraquet; ou encore à Denis Losier, après avoir vécu près de cinquante ans dans le sud, de retourner à Tracadie; ou encore à moi qui vis dans le sud depuis 1996, de retourner au Madawaska, et même au Québec. Notre seul crime: être des nationalistes acadiens convaincus et trop patriotes à leur goût.
Nous avons tous et toutes été déçus que nos députés provinciaux ne s'expriment qu’à 10% en français à l’Assemblée législative. C’est une grande déception et une source d;inquiétude! Je déplore que le gouvernement Holt soit un intervenant contre la SANB dans le dossier de la lieutenante-gouverneure unilingue.
Trêve de négativisme, célébrons les avancées extraordinaires et égalitaires que nous avons gagnées de peine et de misère depuis 1955. La loi sur l’égalité des deux communautés linguistiques, la Convention nationale de 1979 à Edmundston, le Sommet de la francophonie de 1999 à Moncton, les CMA, les Jeux d’Acadie, le renforcement municipal, la fournée d’artistes professionnels, le contrôle scolaire, l’université et j’en passe, sont tous des illustrations de ce formidable avancement.
Mais notre peuple reste fragile: prétendre le contraire serait faux. Même si notre population augmente un peu en nombre, nous perdons du terrain sur le plan du pourcentage. Pour la première fois de notre histoire, nous sommes moins de 30% à parler en majorité le français à la maison. Nous étions 38% en 1960. Ce signal est inquiétant.
Un gros fléau se pointe à l’horizon. Il y a une trop grande proportion d’Acadiens et d’Acadiennes qui sont carrément racistes et xénophobes face aux nouveaux arrivants et aux peuples autochtones. Nous devons nous débarrasser de ce vieux réflexe destructeur et rétrograde. Notre peuple lui-même a été châtié, malmené, déporté: pourquoi faire subir à d’autres peuples et d’autres humains des châtiments semblables?
Notre peuple si résilient a traversé des vents et des tempêtes innommables, mais “nous sommes encore debout” comme le chante et le clame si bien Calixte Duguay. Faire partie de ce peuple est un privilège qui commande des responsabilités. Tous les jours, nous devons renouveler nos vœux de fierté et de fidélité face à ce peuple. Nous en sommes les fiduciaires afin d’en assurer continuellement son épanouissement, au moins pour les sept prochaines générations comme le font les Premières Nations. Bonne fête nationale acadienne à toutes et à tous!
