Chroniques
29 Juillet 2025
Chers cellulaires et Internet
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Ceux et celles qui ont un peu de l’âge, se souviendront des téléphones à roulettes dans nos villages, où nous étions cinq à six sur une ligne. Les ancêtres de Facebook étaient les commères du village qui “hackaient” la ligne collective, pour faire circuler les bonnes et les mauvaises nouvelles. Les plus nostalgiques diront que c’était le bon temps.
Aujourd’hui, la révolution numérique a remplacé tout cela par les cellulaires et l’internet. Un peu comme on disait de Dieu à l’époque, le cellulaire et l’internet sont partout, ou presque. J'entends mon vieux curé Lang de mon village du Lac-Baker, conservateur et réactionnaire, qui dirait aujourd’hui que ce sont des instruments du diable.
Dans plusieurs communautés au Nouveau-Brunswick, le numérique est absent. La région de Kent est particulièrement victime de cette situation. Certains maires, dans un premier temps, ont sonné l’alarme comme quoi le cellulaire passait mal dans leurs collectivités. Puis, c’est la communauté d’affaires qui est montée sur les barricades afin de corriger cette aberration. Leurs mouvements pour réclamer justice en ce domaine sont justifiés. Le cellulaire n’est plus du domaine du luxe, c’est devenu un outil indispensable de survie et d’épanouissement.
Tout repose sur les communications aujourd’hui les plus accessibles et transparentes que possible. Ne pas avoir accès à un système cellulaire équitable est une tare qui va jusqu’à mettre des vies en danger. La sécurité du public, tant dans les cas d’accidents, de menaces météorologues ou de tout autre acabit, repose sur sa capacité de communiquer rapidement et clairement. Par exemple, la faiblesse d’accès au numérique en régions rurales autour de Portapique en Nouvelle-Écosse a contribué à augmenter l’ampleur du drame qui s’y est déroulé avec vingt-deux victimes.
Nous parlons de plus en plus d’augmenter le commerce interprovincial. Sans accès à du cellulaire dans certaines zones rurales, les gens d’affaires et les camionneurs en particulier sont terriblement handicapés dans la réalisation de leurs activités.
Comme deux côtés de la médaille, le numérique a des grandes possibilités bénéfiques et maléfiques dans son utilisation. Ça peut diriger l’esprit et l’être vers l’inutile et l’insignifiant. Je suis favorable aux mouvements d’enlever les cellulaires dans les écoles, comme en Ontario et au Manitoba, et à partir de septembre au Québec. Selon certaines études, après quelques années de mise en application de cette règle, l'apprentissage et la socialisation des élèves se sont nettement améliorés.
Plusieurs personnes, surtout les jeunes, ont plus d’amis Instagram, X ou Facebook que d’amis réels dans la vraie vie. Plus souvent qu’autrement, les plateformes numériques génèrent plus d’isolement que de la socialisation. Un des plus grands défis de nos jeunes d’aujourd’hui, c’est de gérer harmonieusement leurs relations interpersonnelles. C’est triste.
Nonobstant la portée négative des cellulaires, nous ne pouvons pas nier le caractère indispensable de cet outil dans nos vies de tous les jours. Il est donc scandaleux qu’en 2025 il n’y ait pas un accès universel à ce service de téléphonie, tant au Nouveau-Brunswick qu’au Canada comme tel.
Pire, l’accès à ce service est de plus en plus onéreux, deux fois plus cher que dans la plupart des pays européens. Semble–t’il que la concurrence n’est pas assez forte? On nous prend pour des cruches. Nous devons continuellement naviguer entre Bell Aliant et Rogers pour accéder à des forfaits abordables. Et ça ne se fait pas sans peine et de misère, dans un monde de surprises désagréables continuelles. Le milieu informatique dans la province est chaotique et mérite des investissements et des ajustements majeurs.
Nous ne pouvons plus nous passer de cette ère électronique. C’est devenu un outil essentiel. C’est pourquoi les compagnies informatiques et les gouvernements ne doivent plus lésiner sur l’attribution de services universels en la matière, et ça presse. C’est même une question de justice. Pour continuer à aimer nos cellulaires et l’Internet, il faut que tous et toutes y aient accès.
jmlacadie1@gmail.com
Ceux et celles qui ont un peu de l’âge, se souviendront des téléphones à roulettes dans nos villages, où nous étions cinq à six sur une ligne. Les ancêtres de Facebook étaient les commères du village qui “hackaient” la ligne collective, pour faire circuler les bonnes et les mauvaises nouvelles. Les plus nostalgiques diront que c’était le bon temps.
Aujourd’hui, la révolution numérique a remplacé tout cela par les cellulaires et l’internet. Un peu comme on disait de Dieu à l’époque, le cellulaire et l’internet sont partout, ou presque. J'entends mon vieux curé Lang de mon village du Lac-Baker, conservateur et réactionnaire, qui dirait aujourd’hui que ce sont des instruments du diable.
Dans plusieurs communautés au Nouveau-Brunswick, le numérique est absent. La région de Kent est particulièrement victime de cette situation. Certains maires, dans un premier temps, ont sonné l’alarme comme quoi le cellulaire passait mal dans leurs collectivités. Puis, c’est la communauté d’affaires qui est montée sur les barricades afin de corriger cette aberration. Leurs mouvements pour réclamer justice en ce domaine sont justifiés. Le cellulaire n’est plus du domaine du luxe, c’est devenu un outil indispensable de survie et d’épanouissement.
Tout repose sur les communications aujourd’hui les plus accessibles et transparentes que possible. Ne pas avoir accès à un système cellulaire équitable est une tare qui va jusqu’à mettre des vies en danger. La sécurité du public, tant dans les cas d’accidents, de menaces météorologues ou de tout autre acabit, repose sur sa capacité de communiquer rapidement et clairement. Par exemple, la faiblesse d’accès au numérique en régions rurales autour de Portapique en Nouvelle-Écosse a contribué à augmenter l’ampleur du drame qui s’y est déroulé avec vingt-deux victimes.
Nous parlons de plus en plus d’augmenter le commerce interprovincial. Sans accès à du cellulaire dans certaines zones rurales, les gens d’affaires et les camionneurs en particulier sont terriblement handicapés dans la réalisation de leurs activités.
Comme deux côtés de la médaille, le numérique a des grandes possibilités bénéfiques et maléfiques dans son utilisation. Ça peut diriger l’esprit et l’être vers l’inutile et l’insignifiant. Je suis favorable aux mouvements d’enlever les cellulaires dans les écoles, comme en Ontario et au Manitoba, et à partir de septembre au Québec. Selon certaines études, après quelques années de mise en application de cette règle, l'apprentissage et la socialisation des élèves se sont nettement améliorés.
Plusieurs personnes, surtout les jeunes, ont plus d’amis Instagram, X ou Facebook que d’amis réels dans la vraie vie. Plus souvent qu’autrement, les plateformes numériques génèrent plus d’isolement que de la socialisation. Un des plus grands défis de nos jeunes d’aujourd’hui, c’est de gérer harmonieusement leurs relations interpersonnelles. C’est triste.
Nonobstant la portée négative des cellulaires, nous ne pouvons pas nier le caractère indispensable de cet outil dans nos vies de tous les jours. Il est donc scandaleux qu’en 2025 il n’y ait pas un accès universel à ce service de téléphonie, tant au Nouveau-Brunswick qu’au Canada comme tel.
Pire, l’accès à ce service est de plus en plus onéreux, deux fois plus cher que dans la plupart des pays européens. Semble–t’il que la concurrence n’est pas assez forte? On nous prend pour des cruches. Nous devons continuellement naviguer entre Bell Aliant et Rogers pour accéder à des forfaits abordables. Et ça ne se fait pas sans peine et de misère, dans un monde de surprises désagréables continuelles. Le milieu informatique dans la province est chaotique et mérite des investissements et des ajustements majeurs.
Nous ne pouvons plus nous passer de cette ère électronique. C’est devenu un outil essentiel. C’est pourquoi les compagnies informatiques et les gouvernements ne doivent plus lésiner sur l’attribution de services universels en la matière, et ça presse. C’est même une question de justice. Pour continuer à aimer nos cellulaires et l’Internet, il faut que tous et toutes y aient accès.
