Chroniques
8 Juillet 2025
Réflexions politiques inquiétantes
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Il y a moins d’un an, nous avons élu le nouveau gouvernement libéral de Susan Holt sur le plan provincial. Par ailleurs, sur le plan fédéral, nous venons d’élire le nouveau gouvernement libéral de Mark Carney. Tant à Fredericton qu’à Ottawa, je constate que ça bouge beaucoup sur le plan politique, mais ce n’est pas parce que ça bouge que tout est positif.
Le gouvernement Holt a erré dans le dossier de l’éducation. Ce fut un fiasco médiatique. Après une levée du bouclier populaire, le gouvernement provincial s’est ravisé dans le dossier. Il a décidé de réduire, de presque la moitié, les coupes annoncées de 47 millions de dollars. C’est une maigre consolation. Pendant ce temps-là, le gouvernement québécois a imité le gouvernement du Nouveau-Brunswick en annonçant aussi des coupures majeures en éducation. Comme chez nous, la grogne populaire contre ces coupes se fait entendre. On ne touche pas à l’éducation, sauf pour la bonifier.
La province a aussi mis en branle un processus de consultation publique sur l’avenir d’Énergie Nouveau-Brunswick. Sous le gouvernement Graham, nous avons raté une occasion de rejoindre Hydro-Québec, une des entreprises en électricité parmi la plus saine et rentable au monde. Étant historiquement allergiques à tout ce qui est québécois, ce sont surtout les anglophones qui s’y sont opposés à l’époque. Mais certains Acadiens, bien qu’en moins grand nombre, n’y était pas favorables non plus. Est-ce que le scénario aurait été différent si l’offre d’achat était venue d’Hydro-Ontario?
Il nous semble que dans le dossier de l’énergie, la première ministre Holt empiète sur la consultation publique. En essayant d’inscrire ce projet dans la série des grands projets nationaux de Mark Carney, elle pousse avec force sur l'établissement d’une deuxième centrale nucléaire à Point Lepreau. Il me semble que madame Holt devrait attendre les conclusions de la commission publique avant de trop prendre parti pour une option possible.
J’ai exprimé un préjugé favorable au clan Carney, par rapport au clan Poilièvre, lors des dernières élections fédérales. Les Canadiens ont surtout décidé que Carney serait meilleur que Poilièvre face au monstre Trump. Le renforcement de la surveillance des frontières était de bon aloi. Mais gonfler de façon exponentielle les dépenses militaires pour satisfaire les attentes du voyou Trump est disproportionné.
Il a aussi décidé de faire un cadeau de 7 milliards de dollars en enlevant les taxes normalement payées par les grands géants américains du web. Même Lloyd Asworthy, un des meilleurs anciens ministres libéraux des Affaires étrangères dans l’histoire du Canada, se demande si Carney ne lèche pas trop les bottes de Trump. Axworthy n’est pas un deux de pique: il sait de quoi il parle!
Les électeurs ont voté pour Carney contre Poilièvre, parce que ce dernier était trop à droite pour le commun des mortels canadiens. Carney a décidé d’amener le Parti libéral vers le centre droit. Mais, jusqu’où va-t-il aller à droite? Il y a péril en la demeure.
De plus, Carney n’a pas réalisé sa promesse de réduire de moitié pour le 1er juillet les frais pour traverser le Pont de la Confédération. Pourtant, cette promesse touchait directement le portefeuille des citoyens.
Nous ne pouvons pas reprocher aux deux nouveaux gouvernements d’être proactifs, mais il faut éviter les débordements et les dérapages. Nonobstant l’accusation de léchage de bottes face à Trump, dans le dossier qui concerne notre encombrant voisin, l’implication de Mme Holt et du ministre fédéral acadien Dominic LeBlanc mérite d’être soulignée.
Le monde politique est continuellement en changement. Sur le plan provincial, nous sommes quand même mieux actuellement sous un gouvernement Holt qu’un gouvernement Higgs, tout comme nous sommes également mieux sur le plan fédéral avec un gouvernement Carney plutôt que l’ancien gouvernement Trudeau (ou encore ce qui aurait pu être un gouvernement Poilièvre). Mais il y a des lumières rouges qui s’allument: les virages à droite ne doivent pas être trop prononcés.
jmlacadie1@gmail.com
Il y a moins d’un an, nous avons élu le nouveau gouvernement libéral de Susan Holt sur le plan provincial. Par ailleurs, sur le plan fédéral, nous venons d’élire le nouveau gouvernement libéral de Mark Carney. Tant à Fredericton qu’à Ottawa, je constate que ça bouge beaucoup sur le plan politique, mais ce n’est pas parce que ça bouge que tout est positif.
Le gouvernement Holt a erré dans le dossier de l’éducation. Ce fut un fiasco médiatique. Après une levée du bouclier populaire, le gouvernement provincial s’est ravisé dans le dossier. Il a décidé de réduire, de presque la moitié, les coupes annoncées de 47 millions de dollars. C’est une maigre consolation. Pendant ce temps-là, le gouvernement québécois a imité le gouvernement du Nouveau-Brunswick en annonçant aussi des coupures majeures en éducation. Comme chez nous, la grogne populaire contre ces coupes se fait entendre. On ne touche pas à l’éducation, sauf pour la bonifier.
La province a aussi mis en branle un processus de consultation publique sur l’avenir d’Énergie Nouveau-Brunswick. Sous le gouvernement Graham, nous avons raté une occasion de rejoindre Hydro-Québec, une des entreprises en électricité parmi la plus saine et rentable au monde. Étant historiquement allergiques à tout ce qui est québécois, ce sont surtout les anglophones qui s’y sont opposés à l’époque. Mais certains Acadiens, bien qu’en moins grand nombre, n’y était pas favorables non plus. Est-ce que le scénario aurait été différent si l’offre d’achat était venue d’Hydro-Ontario?
Il nous semble que dans le dossier de l’énergie, la première ministre Holt empiète sur la consultation publique. En essayant d’inscrire ce projet dans la série des grands projets nationaux de Mark Carney, elle pousse avec force sur l'établissement d’une deuxième centrale nucléaire à Point Lepreau. Il me semble que madame Holt devrait attendre les conclusions de la commission publique avant de trop prendre parti pour une option possible.
J’ai exprimé un préjugé favorable au clan Carney, par rapport au clan Poilièvre, lors des dernières élections fédérales. Les Canadiens ont surtout décidé que Carney serait meilleur que Poilièvre face au monstre Trump. Le renforcement de la surveillance des frontières était de bon aloi. Mais gonfler de façon exponentielle les dépenses militaires pour satisfaire les attentes du voyou Trump est disproportionné.
Il a aussi décidé de faire un cadeau de 7 milliards de dollars en enlevant les taxes normalement payées par les grands géants américains du web. Même Lloyd Asworthy, un des meilleurs anciens ministres libéraux des Affaires étrangères dans l’histoire du Canada, se demande si Carney ne lèche pas trop les bottes de Trump. Axworthy n’est pas un deux de pique: il sait de quoi il parle!
Les électeurs ont voté pour Carney contre Poilièvre, parce que ce dernier était trop à droite pour le commun des mortels canadiens. Carney a décidé d’amener le Parti libéral vers le centre droit. Mais, jusqu’où va-t-il aller à droite? Il y a péril en la demeure.
De plus, Carney n’a pas réalisé sa promesse de réduire de moitié pour le 1er juillet les frais pour traverser le Pont de la Confédération. Pourtant, cette promesse touchait directement le portefeuille des citoyens.
Nous ne pouvons pas reprocher aux deux nouveaux gouvernements d’être proactifs, mais il faut éviter les débordements et les dérapages. Nonobstant l’accusation de léchage de bottes face à Trump, dans le dossier qui concerne notre encombrant voisin, l’implication de Mme Holt et du ministre fédéral acadien Dominic LeBlanc mérite d’être soulignée.
Le monde politique est continuellement en changement. Sur le plan provincial, nous sommes quand même mieux actuellement sous un gouvernement Holt qu’un gouvernement Higgs, tout comme nous sommes également mieux sur le plan fédéral avec un gouvernement Carney plutôt que l’ancien gouvernement Trudeau (ou encore ce qui aurait pu être un gouvernement Poilièvre). Mais il y a des lumières rouges qui s’allument: les virages à droite ne doivent pas être trop prononcés.
