Actualités
29 Janvier 2024
Une page d’histoire de Bouctouche s’est envolée en fumée
- Partager
Dans la nuit du 22 au 23 janvier, un violent incendie a complètement ravagé un imposant édifice à Bouctouche qui abritait trois commerces et des appartements sur le boulevard Irving, dont le populaire restaurant Dixie Lee. Dans le bâtiment adjacent, Ponoma Raw Fusion (boissons fouettées) et le Fleuriste Bouctouche Flower Shop ont également été la proie des flammes.
Evérard Maillet
Le Moniteur Acadien
Les pompiers de Bouctouche ont lutté ardemment avec le renfort de la brigade de Cocagne venus leur prêter main-forte. Ils ont pu combattre les flammes en utilisant un camion-échelle de Moncton mais, en dépit de leurs efforts, la bâtisse est néanmoins une perte totale.

Mardi 23 janvier au matin, les nombreux curieux venus de partout n’en croyaient pas leurs yeux en observant l’épaisse fumée qui émanait des décombres de l’édifice incendié. En fait, ce n’est pas la première fois qu’un bâtiment commercial est englouti par les flammes à cet endroit de la ville.
«Le magasin E.-C.-Collette et la résidence familiale ont brûlé en 1942, ainsi que plusieurs autres édifices: le magasin des alcools (situé alors à l’angle de la rue Landry et du boulevard Irving actuels), la résidence de Néri Collette (qui était à l’arrière du magasin des alcools), une maison appartenant à J.D. Irving et habitée à l’époque par la famille de Donat (barbier) Allain, la cordonnerie d’Ernest Henri (située dans le magasin Collette) et deux granges», nous informe Pierre Cormier, un enseignant à la retraite qui connaît l’histoire de Bouctouche sur le bout des doigts. L’immeuble allait cependant renaître de ses cendres.
Quelques décennies passées, l’homme d’affaires Ulric Collette a exploité des commerces à l’intérieur du centre commercial situé au cœur de la municipalité. La plupart des personnes âgées de Bouctouche et des localités avoisinantes se souviennent de cet homme d’affaires averti, compétent et doté d’un esprit d’innovation. Aujourd’hui âgé de 90 ans, Ulric a ainsi contribué à l’épanouissement et à l’essor économique de la région, surtout par la création d’emplois. Qui plus est, M. Collette est un membre fondateur du Club des Lions de Bouctouche et, au fil des années, il se montra très généreux envers les gens dans le besoin.
Sa fille Anne-Marie Collette a été frappée de tristesse la semaine passée en apprenant que Bouctouche venait de perdre un véritable monument au centre-ville. Mme Collette estime tout de même que l’annonce de l’incendie aura réanimé des souvenirs de ses années d’adolescence. «Le commerce des Collette a d’abord été fondé au début du 20e siècle par mon arrière-grand-père Clovis. Mon grand-père Edmond Collette a suivi ses traces et finalement mes parents Ulric et Cécilia ont pris en main le magasin en y apportant de grands changements», explique-t-elle. Elle ajoute que c’est Bernard Belliveau qui, par la suite, est devenu le propriétaire de l’immeuble. L’actuel propriétaire du commerce, depuis quelques années, se nomme Daniel Gallant.
Nostalgique, Anne-Marie se souvient du temps où elle travaillait au sein de l’entreprise appartenant à son papa l’entrepreneur. «À 14 ans, je travaillais au ‘take out’ Dixie Lee. Même avant ça, quand j’étais une petite fille, je me rappelle d’avoir marché dans le magasin à rayons ‘5 & 10’, notamment la rangée de boîtes de bonbons! Il y avait aussi la danse du samedi soir dans la grande salle de l’immeuble», nous fait part Mme Collette.
À l’instar de son père, Anne-Marie a fondé sa propre entreprise. Conférencière de profession, elle se spécialise dans le domaine du mentorat personnel.
AIDE AUX SINISTRÉS
En raison de la crise du logement qui se fait sentir dans le sud-est, les sinistrés de l’incendie de la semaine dernière à Bouctouche n’ont donc pas la tâche facile de se trouver un nouveau domicile abordable, voire à prix modique. Puisqu’ils ont d’autant plus perdu leurs biens dans le feu, la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Bouctouche invite la population de l’endroit et d’ailleurs à venir en aide à ces locataires qui ont tout perdu.
«Si vous voulez aider en donnant du linge, des chaussures, des articles pour la maison et d’autres choses, veuillez alors les déposer au sous-sol de l’église de Bouctouche du lundi au vendredi, de 9h à 18h, et ce, à partir du 29 janvier jusqu’au 2 février», annonce la conseillère municipale de Grand-Bouctouche. Mariette Cormier.
Il est aussi possible de contribuer financièrement pour cette cause communautaire. Un reçu d’impôt sera émis aux donateurs. Pour ce faire, il suffit de vous rendre au bureau de la paroisse, soit le lundi et le mardi, de 8h30 à 15h, ainsi que le mercredi et jeudi, de 8h30 à 12h.
(À la une, une photo montre les pompiers à l’œuvre pendant l’incendie. Crédit : Page Facebook Moncton Firefighters Association)
