« JE SUIS OK, TU ES OK »
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À la suite de ma présentation au Comité des langues officielles, j’ai fait parvenir au Comité une clarification de mes propos sur le respect mutuel. Voici le contenu de ce suivi :
J’aimerais clarifier mes propos au sujet de la notion de respect mutuel.
Il est évident que cette valeur s’applique toujours dans nos relations interpersonnelles.
Cependant, dans le contexte actuel, la notion de respect mutuel s’applique aussi aux droits des Anglophones et des Francophones. Il y a respect mutuel lorsque chaque communauté linguistique respecte les droits linguistiques de l’autre communauté.
Quand un organisme, un parti politique ou un leader prend tous les moyens en sa possession pour limiter les droits linguistiques d’une communauté, c’est un manque flagrant de respect mutuel… même si on le fait de façon gentille et civilisée (respect mutuel).
Le livre « I’m OK, you’re OK » a vu le jour en 1967. Son message était simple : je suis OK et toi aussi. Nous sommes égaux, chacun à notre façon.
Ce qui est OK pour toi est aussi OK pour moi.
Transposé au contexte linguistique du Nouveau-Brunswick, cela signifie :
- Si tu reçois ton éducation dans ta langue maternelle, l’anglais, je peux aussi recevoir mon éducation dans ma langue maternelle, le français.
- Si tu reçois tes services de santé dans ta langue maternelle, l’anglais, je peux recevoir mes services de santé dans ma langue maternelle, le français.
- Si, culturellement, tu t’exprimes dans ta langue maternelle, l’anglais, je peux aussi m’exprimer culturellement dans ma langue maternelle, le français.
- Si, ta région anglophone peut se développer économiquement, ma région francophone peut aussi bénéficier des mêmes opportunités.
J’ai eu l’occasion de rencontrer le ministre Bud Bird (gouvernement Hatfield) durant le débat sur la Loi sur l’égalité des communautés linguistiques. Durant notre lunch, il m’a posé la question suivante : « What do Acadians want? » Ma réponse fut fort simple : « Les Acadiens veulent la même chose que les Anglophones ont maintenant. Ni plus, ni moins. » Monsieur Bird a compris ce que signifiait la Loi sur l’égalité des communautés linguistiques et il l’a appuyé.
C’est ce que signifie être traité d’égal à égal dans le respect mutuel.
Une communauté linguistique n’a pas plus de privilèges qu’une autre : elles sont sur un pied d’égalité tout en se manifestant chacune à sa façon : « I’m OK, you’re OK! »
Conrad LeBlanc
Saint-Grégoire
