Opinion
23 Février 2026
Menu indigeste à notre table
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J’ai été bien content lorsque notre ministre des Finances, René Legacy, m’invite à sa table pour partager son menu Budget 2026-2027. Ça tombe bien, j’ai une faim de loup. Je remarque toutefois qu’il n’y a aucun montant d’argent indiqué pour les différents plats proposés. Inquiétant!
Comme amuse-gueule, il me propose plusieurs petits plats intitulés: Décisions difficiles. Planification du budget 2026-2027. Je suis tout excité de pouvoir déguster une variété de mets, mais désenchante rapidement lorsqu’il m’informe que malheureusement certains des plats ne sont plus disponibles, car ils ont été retirés du menu.
Le ministre me promet que l’entrée principale sera à mon goût et en quantité suffisante. Il sera composé de deux grands plats. Le premier contiendra sept morceaux composés de petites coupes différentes de viande de choix. Le deuxième aura cinq légumes exotiques revenus dans la poêle. Je sens enfin que je vais pouvoir me régaler.
Lorsque les plats arrivent, je suis émerveillé par l’abondance, les différentes couleurs et saveurs. Un régal pour tous les sens.
Je m’apprête à ouvrir toute grande ma bouche, lorsque le ministre m’arrête et m’informe qu’il y a eu une erreur. On retire les deux plats et on les remplace par deux autres.
Dans le premier plat, plus économique, je constate rapidement qu’il y a une rationalisation, car on a consolidé différents morceaux et il y a eu une réduction dans la quantité. Ensuite, je remarque qu’on a certainement voulu améliorer la présentation, car on a revêtu le tout d’une couche de sauce, ce qui a éliminé les différentes saveurs.
Dans le second plat, un peu plus revenus, on a révisé le choix des légumes, augmenter le volume de certains et ainsi optimiser l’espace dans l’assiette, fait la promotion des légumes ordinaires, et en voulant moderniser, on a laissé ceux-ci cuire trop longtemps.
Mon évaluation est nettement négative et je l’ai dit au ministre. Celui-ci m’assure que le dessert sera à la hauteur de mes attentes.
Le serveur me présente un gros soufflé au chocolat avec une petite étiquette: déficit. En plongeant ma fourchette dedans, le soufflé se dégonfle.
En sortant de table, je me suis bien rendu compte qu’à la table d’à côté, les convives avaient, eux, obtenu le menu qui m’était promis.
Il semble qu’il ne faut pas être seulement à la table, mais plus important, être à la bonne table.
Jean-Claude Basque
Moncton
Comme amuse-gueule, il me propose plusieurs petits plats intitulés: Décisions difficiles. Planification du budget 2026-2027. Je suis tout excité de pouvoir déguster une variété de mets, mais désenchante rapidement lorsqu’il m’informe que malheureusement certains des plats ne sont plus disponibles, car ils ont été retirés du menu.
Le ministre me promet que l’entrée principale sera à mon goût et en quantité suffisante. Il sera composé de deux grands plats. Le premier contiendra sept morceaux composés de petites coupes différentes de viande de choix. Le deuxième aura cinq légumes exotiques revenus dans la poêle. Je sens enfin que je vais pouvoir me régaler.
Lorsque les plats arrivent, je suis émerveillé par l’abondance, les différentes couleurs et saveurs. Un régal pour tous les sens.
Je m’apprête à ouvrir toute grande ma bouche, lorsque le ministre m’arrête et m’informe qu’il y a eu une erreur. On retire les deux plats et on les remplace par deux autres.
Dans le premier plat, plus économique, je constate rapidement qu’il y a une rationalisation, car on a consolidé différents morceaux et il y a eu une réduction dans la quantité. Ensuite, je remarque qu’on a certainement voulu améliorer la présentation, car on a revêtu le tout d’une couche de sauce, ce qui a éliminé les différentes saveurs.
Dans le second plat, un peu plus revenus, on a révisé le choix des légumes, augmenter le volume de certains et ainsi optimiser l’espace dans l’assiette, fait la promotion des légumes ordinaires, et en voulant moderniser, on a laissé ceux-ci cuire trop longtemps.
Mon évaluation est nettement négative et je l’ai dit au ministre. Celui-ci m’assure que le dessert sera à la hauteur de mes attentes.
Le serveur me présente un gros soufflé au chocolat avec une petite étiquette: déficit. En plongeant ma fourchette dedans, le soufflé se dégonfle.
En sortant de table, je me suis bien rendu compte qu’à la table d’à côté, les convives avaient, eux, obtenu le menu qui m’était promis.
Il semble qu’il ne faut pas être seulement à la table, mais plus important, être à la bonne table.
Jean-Claude Basque
Moncton
