Les grandes concertations acadiennes sont-elles encore pertinentes?
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Les perceptions peuvent parfois être trompeuses. Pour dire quelques mots sur la participation aux États généraux, on a pu observer parmi les délégués, une participation assez diversifiée: des militantes et militants de longues dates dont je fais partie, une belle représentation de jeunes, plusieurs gens issus de l'immigration et tous les groupes d'âge y étaient représentés. Par contre, on remarque une diminution du nombre de participants à chaque fois qu'une convention est organisée, par exemple, en 1973, il y avait environ 1200 personnes en 1979, 450 en 2004 et cette fois-ci, beaucoup moins.
Est-ce que l'exercice des États généraux en valait la peine? Je crois que la réponse viendra dans les prochaines semaines. Malgré un processus plutôt mal ficelé avec un programme trop chargé, les ateliers ont quand même été riches en débats et des idées novatrices ont émergées.
Des commentaires et informations, qui ont circulé dans les médias, semblent donner l'impression que l'exercice n’en vaut plus la peine. Lors de la fin de semaine, pourtant, une vision renouvelée de l’Acadie, une sorte de toile de fond qui devrait guider les décisions et les actions futures, l'autonomie institutionnelle et l'égalité réelle proposée par le sociologue Joseph Yvon Thériault a été bien reçue par l’Assemblée. Le dossier de la dualité en petite enfance a aussi reçu l'aval de la majorité des gens afin de s'attaquer rapidement à l'assimilation fulgurante et ainsi assurer la pérennité de notre langue et culture. Ce dossier continuera à être porté par tous les organismes déjà impliqués à faire avancer ce dossier.
Par ailleurs, l'atelier pour discuter le pouvoir, gouvernance et droits a mobilisé une bonne partie des participants. Le besoin de se doter d'un mécanisme politique rassembleur, légitime, libre et démocratique est ressorti fortement dans les discussions. La majorité des gens veulent que l’Acadie se dote d'une nouvelle entité politique plus représentative de la population capable de porter les dossiers prioritaires et ainsi répondre aux préoccupations de la communauté acadienne. Faute de temps pour approfondir la question, l'Assemblée a confié à la SANB la tâche de compiler les idées ressorties ainsi que celles des autres ateliers afin de les acheminer à un comité indépendant avec le mandat de produire un rapport et des recommandations dans les plus brefs délais.
Je comprends que plusieurs leaders acadiens aient perdu espoir dans l'organisation d'un exercice de concertation tel les États généraux. Au cours des années, NOUS avons souvent été déçus des résultats ressortis d’un tel exercice. Toutefois, je crois qu'il est plus courageux de faire l'effort de continuer à lutter et à débattre ensemble pour trouver des solutions gagnantes que de lancer la serviette. Peut-être est-il déjà tard, mais ne rien faire est-elle une option viable pour assurer la pérennité de notre langue et culture acadienne? Quelle sorte de legs voulons-nous laisser aux générations futures?
Jeanne d’Arc Gaudet
Moncton, NB
