Opinion
9 Février 2026
L’Acadie de qui ?
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Le débat sur le changement de nom de l’université dépasse largement la question du nom lui-même. Il révèle un problème plus profond, soit l’effritement de la participation citoyenne du peuple acadien dans les décisions qui le concernent.
En déclarant le débat clos, l’institution donne l’impression que la question est réglée alors qu’elle n’a jamais été réellement posée. On a parlé de marque, d’image et de coûts, mais on a soigneusement évité d’ouvrir une discussion plus large sur ce que signifie aujourd’hui l’Acadie, sur qui en fait partie et sur la manière dont nos institutions entendent répondre aux défis majeurs de notre époque.
Ce réflexe est malheureusement devenu structurel. Les institutions consultent, écoutent, mais à condition que rien d’essentiel ne soit remis en question. La participation citoyenne se réduit alors à un simple exercice de validation, vidée de sa substance.
L’Université s’enfonce dans la logique marchande de protéger son produit et d’attirer son client. D’ailleurs, les meilleurs arguments, d’un côté comme de l’autre du débat, n’ont probablement même pas encore émergé, étouffés par une approche managériale plutôt que par un véritable débat de société.
Or, l’Acadie n’est pas un patrimoine à administrer ni un symbole à protéger. Elle est une réalité vivante, plurielle, traversée par des tensions sociales, culturelles et écologiques bien réelles. Refuser de donner une véritable place à cette parole collective, c’est contribuer à son appauvrissement politique.
Une université devrait être l’un des rares lieux capables d’accueillir ces débats inconfortables et complexes. Lorsqu’elle choisit plutôt de les refermer et de les traiter comme une gestion de crise, elle participe à un recul démocratique plus large.
Le problème n’est pas le nom de l’université. Le problème, c’est la place que l’on accorde, ou non, au peuple acadien dans la définition de son avenir.
Kevin Arseneau
Ancien président de la FÉCUM
Nouvelle-Arcadie
En déclarant le débat clos, l’institution donne l’impression que la question est réglée alors qu’elle n’a jamais été réellement posée. On a parlé de marque, d’image et de coûts, mais on a soigneusement évité d’ouvrir une discussion plus large sur ce que signifie aujourd’hui l’Acadie, sur qui en fait partie et sur la manière dont nos institutions entendent répondre aux défis majeurs de notre époque.
Ce réflexe est malheureusement devenu structurel. Les institutions consultent, écoutent, mais à condition que rien d’essentiel ne soit remis en question. La participation citoyenne se réduit alors à un simple exercice de validation, vidée de sa substance.
L’Université s’enfonce dans la logique marchande de protéger son produit et d’attirer son client. D’ailleurs, les meilleurs arguments, d’un côté comme de l’autre du débat, n’ont probablement même pas encore émergé, étouffés par une approche managériale plutôt que par un véritable débat de société.
Or, l’Acadie n’est pas un patrimoine à administrer ni un symbole à protéger. Elle est une réalité vivante, plurielle, traversée par des tensions sociales, culturelles et écologiques bien réelles. Refuser de donner une véritable place à cette parole collective, c’est contribuer à son appauvrissement politique.
Une université devrait être l’un des rares lieux capables d’accueillir ces débats inconfortables et complexes. Lorsqu’elle choisit plutôt de les refermer et de les traiter comme une gestion de crise, elle participe à un recul démocratique plus large.
Le problème n’est pas le nom de l’université. Le problème, c’est la place que l’on accorde, ou non, au peuple acadien dans la définition de son avenir.
Kevin Arseneau
Ancien président de la FÉCUM
Nouvelle-Arcadie
