Opinion
22 Septembre 2025
Un pouvoir démesuré
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Je qualifie de tergiversations le discours de nos gouvernements, tant provincial que fédéral, en ce qui a trait au grave problème du réchauffement de la planète. Leur action s’éloigne considérablement de leurs propos, quand elle n’y est pas diamétralement opposée.
Ils disent reconnaître l’urgence de changements radicaux dans notre mode de vie, dans nos pratiques de consommation et dans notre gestion des ressources. Le Canada s'est même engagé, signature à l’appui, à atteindre des cibles fixées d’un commun accord par de nombreux autres États du monde. Mais leur plan stratégique de développement prévoit une exploitation toujours accrue des sources mêmes de production de gaz à effet de serre et constitue une course à l’exploitation illimitée des ressources non renouvelables de la planète.
On ferme les yeux sur les industries qui s’ingénient à fabriquer des produits dont la longévité est programmée de manière à maintenir la demande toujours croissante et à empocher davantage de profits, contribuant ainsi à la dilapidation injustifiée des ressources et à la marche inexorable du réchauffement climatique. Cela permet à nos instances gouvernementales d’accroître leurs revenus fiscaux, de se vanter de l’augmentation du PIB et de leur brillante performance dans le domaine de la création d’emploi. Mais à quel prix?
Au Nouveau-Brunswick, le gouvernement Holt courtise les promoteurs de projets en énergies fossiles alors qu’au niveau fédéral, on s’apprête à investir des dizaines de milliards de dollars dans la mise en chantier de nombreux «projets d’intérêt national tous aussi polluants les uns que les autres, sans tenir compte des promesses formulées dans le programme canadien de réduction des gaz à effet de serre lors de la signature des ententes de Montréal (1987) et de Paris (2015).
En 2009, le Canada, à l’instar des autres pays réunis à Copenhague, avait accepté la cible de réduction des GES à 17% au-dessous du niveau de 2005 avant la fin de l’année 2020. En 2016, voyant qu’il n’atteindrait pas cette cible, il l’a augmenté à 29%, étendant la date butoir à 2030. Récemment, on a annoncé que l’on visait désormais l’année 2035 pour atteindre une nouvelle cible se situant entre 40% et 50% au-dessous du niveau de 2005. Tout comme si, en augmentant constamment une cible illusoire et en en repoussant la date d’échéance, on voulait détourner notre attention de l’évidence qu’au fond, on n’a pas l’espoir de ne jamais l’atteindre.
Avec l’adoption du projet de loi C-5, le gouvernement fédéral, dans la mise en chantier de ses projets majeurs en développement industriel d’intérêt national, n’aura pas besoin de tenir compte des initiatives des provinces et territoires pour respecter l’environnement, pouvant aller, en toute vraisemblance, jusqu’à contrecarrer leurs efforts en ce sens. L’encadrement de l’activité industrielle se fait, comme cela a toujours été le cas, en fonction de la croissance économique, la priorité numéro un. On écarte toute autre considération comme autant de bois dans les roues.
Je considère que le discours de nos gouvernements en la matière de réchauffement climatique constitue de la poudre aux yeux, un effort pour détourner l’attention des citoyens qui montrent des signes d’inquiétude quant à la situation déplorable de notre planète.
N’accordons-nous pas à nos élus un pouvoir démesuré, à l’instar de celui qu’exerce Trump aux États-Unis, Poutine en Russie ou Nétanyahou en Israël?
Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent
Ils disent reconnaître l’urgence de changements radicaux dans notre mode de vie, dans nos pratiques de consommation et dans notre gestion des ressources. Le Canada s'est même engagé, signature à l’appui, à atteindre des cibles fixées d’un commun accord par de nombreux autres États du monde. Mais leur plan stratégique de développement prévoit une exploitation toujours accrue des sources mêmes de production de gaz à effet de serre et constitue une course à l’exploitation illimitée des ressources non renouvelables de la planète.
On ferme les yeux sur les industries qui s’ingénient à fabriquer des produits dont la longévité est programmée de manière à maintenir la demande toujours croissante et à empocher davantage de profits, contribuant ainsi à la dilapidation injustifiée des ressources et à la marche inexorable du réchauffement climatique. Cela permet à nos instances gouvernementales d’accroître leurs revenus fiscaux, de se vanter de l’augmentation du PIB et de leur brillante performance dans le domaine de la création d’emploi. Mais à quel prix?
Au Nouveau-Brunswick, le gouvernement Holt courtise les promoteurs de projets en énergies fossiles alors qu’au niveau fédéral, on s’apprête à investir des dizaines de milliards de dollars dans la mise en chantier de nombreux «projets d’intérêt national tous aussi polluants les uns que les autres, sans tenir compte des promesses formulées dans le programme canadien de réduction des gaz à effet de serre lors de la signature des ententes de Montréal (1987) et de Paris (2015).
En 2009, le Canada, à l’instar des autres pays réunis à Copenhague, avait accepté la cible de réduction des GES à 17% au-dessous du niveau de 2005 avant la fin de l’année 2020. En 2016, voyant qu’il n’atteindrait pas cette cible, il l’a augmenté à 29%, étendant la date butoir à 2030. Récemment, on a annoncé que l’on visait désormais l’année 2035 pour atteindre une nouvelle cible se situant entre 40% et 50% au-dessous du niveau de 2005. Tout comme si, en augmentant constamment une cible illusoire et en en repoussant la date d’échéance, on voulait détourner notre attention de l’évidence qu’au fond, on n’a pas l’espoir de ne jamais l’atteindre.
Avec l’adoption du projet de loi C-5, le gouvernement fédéral, dans la mise en chantier de ses projets majeurs en développement industriel d’intérêt national, n’aura pas besoin de tenir compte des initiatives des provinces et territoires pour respecter l’environnement, pouvant aller, en toute vraisemblance, jusqu’à contrecarrer leurs efforts en ce sens. L’encadrement de l’activité industrielle se fait, comme cela a toujours été le cas, en fonction de la croissance économique, la priorité numéro un. On écarte toute autre considération comme autant de bois dans les roues.
Je considère que le discours de nos gouvernements en la matière de réchauffement climatique constitue de la poudre aux yeux, un effort pour détourner l’attention des citoyens qui montrent des signes d’inquiétude quant à la situation déplorable de notre planète.
N’accordons-nous pas à nos élus un pouvoir démesuré, à l’instar de celui qu’exerce Trump aux États-Unis, Poutine en Russie ou Nétanyahou en Israël?
Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent
