Un message clair
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Dans le dossier des langues officielles, la ministre Holt a transmis un message clair aux citoyens du Nouveau-Brunswick: le présent gouvernement n’a pas l’intention de «préserver et de promouvoir le statut, les droits et les privilèges» de la communauté de langue officielle minoritaire dans notre province, comme l’exige l’article 16.1 (2) de la Constitution canadienne des droits et des libertés.
Sa demande non sollicitée d’intervenir comme opposante à la cause portée par la SANB devant la Cour Suprême du pays dénonçant la non-constitutionnalité de la nomination d’une lieutenante-gouverneure unilingue anglophone constitue une entrave claire et délibérée à une démarche des francophones du pays vers l’actualisation de leurs droits et l’épanouissement de leur langue et de leur culture. Le message de notre première ministre est sans équivoque: le statut du français comme langue officielle du pays et de la province doit demeurer à l’état végétatif, à peine tolérable.
Comme tant d’autres citoyens, ma déception est amère et je nage dans l’incompréhension totale. En tant que chef du Parti libéral, cela m’apparaît comme une trahison envers son propre parti, le parti de Ti-Louis et son programme de Chances égales pour tous, qui, depuis, s’est étendu aux droits linguistiques.
Dans mon esprit, son geste équivaut à déclarer ne plus avoir besoin de l’appui de l’électorat francophone de la province pour se maintenir au pouvoir ou pour favoriser l’avènement d’un deuxième mandat à la tête de la province, si telle est son ambition. Son image devant la francophonie canadienne dans son ensemble doit s’en trouver également passablement ternie. Elle doit aussi avoir une confiance absolue en la fidélité des députés acadiens et francophones, même contre l'intérêt supérieur de leurs commettants. Et pour le moment, malheureusement, leur silence semble lui donner raison.
La population francophone de la province doit monter aux barricades et faire savoir de façon non équivoque à la ministre Holt et à son cabinet que son message ne passera pas.
Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent
