Opinion
13 Janvier 2025
Le nom de l’Université de Moncton est un enjeu communautaire
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Le changement de nom de l’Université de Moncton n’est pas une question qui relève uniquement de l’administration de cette université, ni même de sa communauté d’étudiants, de professeurs, d’employés ou d’anciens. C’est un enjeu communautaire.
Rappelons-nous que la mise en place progressive des institutions acadiennes d’enseignement postsecondaire s’est échelonnée sur plus d’un siècle, mue par des leaders appuyés par un grand nombre d’Acadien·ne·s qui croyaient aux bienfaits de l’éducation. Jadis ils étaient nombreux à travers l’Acadie à assurer cette éducation supérieure : Collège Saint-Joseph à Memramcook (1864), Collège Sacré-Cœur à Caraquet (1899), puis à Bathurst (1914), Collège Notre-Dame d’Acadie (1943) à Moncton, Collège Saint-Louis (1946) à Edmundston, Collège Maillet (1949) à Saint-Basile, Collège Jésus-Marie (1959) à Shippagan et Collège Marie Assumpta (1961) à Bathurst.
En 1963, l’Université de Moncton a réuni tous ces collèges en un seul établissement public, avec trois campus. Cette université acadienne, opérant en langue française, est le fruit d’un effort de toute la communauté acadienne du Nouveau-Brunswick. Aujourd’hui, environ les deux tiers des étudiants de cette université sont issus des communautés acadiennes et la grande majorité se mettront à l’œuvre dans ces communautés, diplôme en poche.
Il faut aussi reconnaître que, même si la majorité de la population francophone du N.-B. n’a pas fréquenté cette université, ni même d’autres établissements d’enseignement postsecondaire, il n’en reste pas moins que dans chaque ville et village acadiens, on rencontre des personnes qui y ont été formées. Dans les écoles, les services sociaux et de la santé, les travaux publics, les centres culturels et communautaires, les caisses et les banques, les chambres de commerce, les tribunaux et ainsi de suite, on croise des personnels infirmiers, nutritionnistes, travailleuses et travailleurs sociaux, ingénieurs, animateurs et animatrices, comptables, gens d’affaires, avocats, artistes, biologistes et journalistes qui ont fait leurs classes dans notre université acadienne. L’impact de cette institution se voit et se vit partout.
Rappelons aussi que l’Acadie d’aujourd’hui se compose de francophones issus de toutes les régions acadiennes ainsi que de personnes qui se sont jointes à notre communauté en provenance d’ailleurs au Canada et de l’étranger. Cette nouvelle Acadie a son mot à dire sur l’identité et l’avenir de l’université qui, à bien des égards, influence leur existence. L’Université de Moncton est une université généraliste, qui répond aux besoins des francophones du Nouveau-Brunswick, mais qui complète aussi l’offre de programmes des autres établissements de la francophonie acadienne et canadienne.
Il est devenu évident que le nom de l’université, bien qu’il soit issu d’un compromis des années soixante, ne correspond plus aux aspirations d’un très grand nombre d’Acadiens d’aujourd’hui. Le temps est venu de revisiter ce nom pour le rendre plus fidèle à nos aspirations, sans pour autant déstabiliser l’institution.
Un mouvement citoyen demande aux autorités de l’Université de Moncton d’envisager le changement de nom de leur institution. Trois raisons principales motivent cette demande : le mot Moncton incarne l’effort colonialiste d’éliminer la présence du peuple acadien et de soumettre les peuples autochtones de la région, l’Université de Moncton n’est pas l’université d’une seule ville, mais de toute la communauté acadienne et francophone; le nom de l’Université doit affirmer sa mission francophone.
Marc L. Johnson
Rappelons-nous que la mise en place progressive des institutions acadiennes d’enseignement postsecondaire s’est échelonnée sur plus d’un siècle, mue par des leaders appuyés par un grand nombre d’Acadien·ne·s qui croyaient aux bienfaits de l’éducation. Jadis ils étaient nombreux à travers l’Acadie à assurer cette éducation supérieure : Collège Saint-Joseph à Memramcook (1864), Collège Sacré-Cœur à Caraquet (1899), puis à Bathurst (1914), Collège Notre-Dame d’Acadie (1943) à Moncton, Collège Saint-Louis (1946) à Edmundston, Collège Maillet (1949) à Saint-Basile, Collège Jésus-Marie (1959) à Shippagan et Collège Marie Assumpta (1961) à Bathurst.
En 1963, l’Université de Moncton a réuni tous ces collèges en un seul établissement public, avec trois campus. Cette université acadienne, opérant en langue française, est le fruit d’un effort de toute la communauté acadienne du Nouveau-Brunswick. Aujourd’hui, environ les deux tiers des étudiants de cette université sont issus des communautés acadiennes et la grande majorité se mettront à l’œuvre dans ces communautés, diplôme en poche.
Il faut aussi reconnaître que, même si la majorité de la population francophone du N.-B. n’a pas fréquenté cette université, ni même d’autres établissements d’enseignement postsecondaire, il n’en reste pas moins que dans chaque ville et village acadiens, on rencontre des personnes qui y ont été formées. Dans les écoles, les services sociaux et de la santé, les travaux publics, les centres culturels et communautaires, les caisses et les banques, les chambres de commerce, les tribunaux et ainsi de suite, on croise des personnels infirmiers, nutritionnistes, travailleuses et travailleurs sociaux, ingénieurs, animateurs et animatrices, comptables, gens d’affaires, avocats, artistes, biologistes et journalistes qui ont fait leurs classes dans notre université acadienne. L’impact de cette institution se voit et se vit partout.
Rappelons aussi que l’Acadie d’aujourd’hui se compose de francophones issus de toutes les régions acadiennes ainsi que de personnes qui se sont jointes à notre communauté en provenance d’ailleurs au Canada et de l’étranger. Cette nouvelle Acadie a son mot à dire sur l’identité et l’avenir de l’université qui, à bien des égards, influence leur existence. L’Université de Moncton est une université généraliste, qui répond aux besoins des francophones du Nouveau-Brunswick, mais qui complète aussi l’offre de programmes des autres établissements de la francophonie acadienne et canadienne.
Il est devenu évident que le nom de l’université, bien qu’il soit issu d’un compromis des années soixante, ne correspond plus aux aspirations d’un très grand nombre d’Acadiens d’aujourd’hui. Le temps est venu de revisiter ce nom pour le rendre plus fidèle à nos aspirations, sans pour autant déstabiliser l’institution.
Un mouvement citoyen demande aux autorités de l’Université de Moncton d’envisager le changement de nom de leur institution. Trois raisons principales motivent cette demande : le mot Moncton incarne l’effort colonialiste d’éliminer la présence du peuple acadien et de soumettre les peuples autochtones de la région, l’Université de Moncton n’est pas l’université d’une seule ville, mais de toute la communauté acadienne et francophone; le nom de l’Université doit affirmer sa mission francophone.
Marc L. Johnson
