Des entrepreneurs français réclament une liaison directe entre Moncton et Paris
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Des Français établis au Canada atlantique ont créé un réseau d'affaires dont la première mission est de promouvoir l'ouverture d'une liaison aérienne directe, à longueur d'année, entre Moncton et Paris. Un sondage lancé le 12 juillet a déjà recueilli plus de 900 réponses, révélant un intérêt marqué de la part des voyageurs potentiels.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien - IJL
Naturalisés canadiens et établis depuis plusieurs années au Canada atlantique, des entrepreneurs français ont récemment uni leurs forces au sein du Réseau d’affaires français du Nouveau-Brunswick (RAFNB-Méridien 64).
Soutenue par le consul général de France, l’association s’est donné pour première mission de convaincre les autorités compétentes de la pertinence d’une liaison aérienne directe entre l’Aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton (YQM) et l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle (CDG).
Le projet a été officiellement présenté mardi par Serge Colin, président du RAFNB, à l'occasion de la réception du 14 Juillet organisée au Monument-Lefebvre, à Memramcook.
«Nous voulons déterminer s'il existe un véritable potentiel économique pour mettre en place une liaison directe entre Moncton et l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, qui constitue un important hub permettant de rejoindre l'Afrique francophone, le Moyen-Orient et l'Inde», a-t-il expliqué.
À l’heure actuelle, il demeure impossible de rejoindre directement la France depuis le Nouveau-Brunswick. Les voyageurs doivent passer par Montréal ou Toronto ou, au mieux, se rendre à Halifax pour emprunter un vol saisonnier assuré par WestJet.
Pour les promoteurs du projet, il est fondamentalement aberrant de devoir reculer vers l’ouest pour se rendre vers l’est.
Un bref précédent en 2004
Une liaison directe entre Moncton et Paris a déjà existé, mais pendant quelques semaines seulement. Du 30 juin au 2 septembre 2004, la compagnie aérienne française Corsair avait relié l’aéroport Roméo-LeBlanc à celui de Paris-Orly.
L’objectif affiché était alors de soutenir le tourisme à l’occasion des célébrations du 400e anniversaire de l’Acadie. L’expérience n’avait toutefois pas été inscrite dans la durée.
Contrairement à cette initiative ou à l’offre saisonnière de WestJet au départ de Halifax, le RAFNB-Méridien 64 souhaite qu’une éventuelle liaison entre Moncton et Paris soit exploitée tout au long de l’année.
Les membres de son bureau exécutif soulignent que cette demande répondrait à des besoins dépassant largement ceux de la seule communauté française.
«Il y aurait des avantages pour de nombreux Canadiens d'origine internationale qui souhaitent rendre visite à leur famille ou à leurs proches. En passant par Paris, on gagne du temps par rapport à un transit par Montréal ou Toronto, qui est plus coûteux et moins fiable. Nos simulations démontrent des gains de temps, une réduction de la consommation de carburant et des retombées économiques. Depuis vingt ans, la population du Nouveau-Brunswick est devenue plus cosmopolite et le besoin de mieux se connecter au reste du monde est réel», observe Julien Jans, trésorier de l’association.
Près de 1000 réponses en trois jours
Afin de mesurer l’intérêt des voyageurs potentiels et de mieux cerner leurs besoins, le RAFNB a lancé un sondage bilingue en ligne le dimanche 12 juillet. Au moment d’écrire ces lignes, plus de 900 personnes y avaient déjà répondu.
Le questionnaire cherche notamment à connaître la fréquence des déplacements internationaux des répondants, les régions du monde vers lesquelles ils voyagent, le motif principal de leurs déplacements et les périodes de l’année durant lesquelles ils prennent le plus souvent l’avion.
À la question leur demandant s’ils voyageraient davantage vers leurs destinations actuelles ou vers de nouvelles destinations si une liaison directe entre Moncton et Paris-CDG était ouverte, 98,18% des répondants ont répondu par l’affirmative.
Le sondage demande également si les répondants utiliseraient Paris-CDG comme destination finale ou comme plateforme de correspondance. Les répondants sont aussi invités à préciser le principal avantage qu’ils verraient à transiter par Paris plutôt que par Montréal ou Toronto.
Moncton déjà privilégié
Selon les premières réponses reçues, auxquelles le Moniteur Acadien a eu accès, 43,8% des participants prennent habituellement leurs vols internationaux au départ de Moncton. Quelque 37,3% partent plutôt de Montréal ou de Toronto, tandis que 16% utilisent l’aéroport de Halifax.
Le questionnaire demande également aux participants s’ils seraient prêts à payer un léger supplément pour partir de Moncton et éviter une correspondance ailleurs au Canada. Quatre répondants sur cinq, plus précisément 79,31%, se disent disposés à le faire, même si les promoteurs du projet estiment que, dans la pratique, le prix du billet pourrait être moins élevé.
Selon Geoffroy Dalissier, «Explore NB vend la destination sur le marché domestique mais se prive d'un bassin potentiel avec le tourisme extérieur français. À l’inverse, pour les gens du Nouveau-Brunswick, le Paris rêvé d'un séjour reste une destination confisquée, car non directe.»
«Le Nouveau-Brunswick s’est mis à l’heure de la mondialisation : c’est le moment de passer la deuxième vitesse», conclut M. Dalissier, président de la nouvelle Association de France du Grand Moncton, qui verrait bien WestJet prendre le marché car «elle est déjà implantée à CDG et connaît les coûts d’exploitation».
Les personnes qui souhaitent contribuer à cette démarche peuvent participer au sondage bilingue en ligne, disponible sur la page Facebook RAFNB-Meridien 64.
