Un toit pour rebâtir sa vie
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Certaines ne paieront qu’un loyer modique, presque symbolique. Pour plusieurs femmes vivant sous le seuil de pauvreté, la Résidence Marie-Anne représente bien davantage qu'un logement abordable: elle offre la possibilité de retrouver une stabilité financière et de reprendre leur vie en main.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Lorsque toutes les unités seront occupées, quinze femmes habiteront la nouvelle Résidence Marie-Anne, inaugurée le 9 juin au 12, rue Pine, à Moncton. Plus de la moitié d'entre elles élèvent seules leurs enfants. Au total, entre dix et douze jeunes devraient vivre dans l'immeuble.
Le bâtiment porte le nom de la fondatrice de l’ordre des Sœurs de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, auquel appartient Sœur Auréa Cormier. (Photo : Damien Dauphin)
Pour certaines résidentes, le loyer mensuel sera fixé entre 160 $ et 200 $, grâce au soutien du gouvernement provincial.
«Ça leur permettra de manger, de s'habiller, d'avoir un peu de loisir. C'est un peu en fonction des moyens des gens. Toutes ces personnes-là vivent sous le seuil de pauvreté», a expliqué Sœur Auréa Cormier.
Porté par l'organisme à but non lucratif Habitation pour la vie, le projet vise à offrir des logements abordables à des mères monoparentales et à des femmes vivant seules dans une situation financière précaire.
«Le projet Habitation pour la vie est né du cœur de personnes qui ont voulu s'inquiéter à solutionner la crise du logement pour les personnes du Sud-Est qui vivent en situation de pauvreté», a indiqué Sœur Auréa.
L'idée a émergé lors de sessions d'analyse sociale organisées en 2023. Trois ans plus tard, les premiers logements sont prêts à accueillir leurs occupantes.
Le projet a nécessité la création d'un organisme, l'achat du terrain, l'élaboration des plans architecturaux et la mise en place d'une importante campagne de financement. Un cabinet de sollicitation a permis d'amasser plus de 700 000 $ auprès de donateurs privés.
Pour Aldéa Landry, coprésidente de cette campagne, le projet est indissociable de l'engagement de Sœur Auréa Cormier.
«Je regarde Auréa et je me dis qu'elle doit être au septième ciel, car ce projet lui tenait tellement à cœur», a-t-elle confié.
Mme Landry admet avoir d'abord hésité à s'engager dans la collecte de fonds.
«Je la regardais et je me disais: qu'est-ce que je suis, moi, pour dire non à quelqu'un qui a consacré sa vie aux pauvres, aux personnes dans le besoin, surtout aux femmes dans le besoin?»
Un accès moderne et sécurisé
Le futur des résidentes ne dépendra pas seulement de la disponibilité d'un logement. Un partenariat conclu avec le YWCA du Grand Moncton prévoit également un accompagnement personnalisé afin de favoriser leur intégration et leur stabilité.
«Un nouveau départ commence souvent par la sécurité d'un foyer», a souligné Alicia Mazerolle, du YWCA.
L'organisme constate depuis plusieurs années une hausse constante de la demande pour des logements abordables dans la région.
«Il ne s'agit pas seulement de fournir un toit, mais aussi d'aider les personnes à l'entretenir, à s'établir et à accéder aux ressources dont elles ont besoin pour se sentir chez elles», a-t-elle ajouté.
La sécurité des résidentes a également été prise en compte dans la conception du projet. Bien que le quartier présente certains défis, l'immeuble est doté d'un système d'accès contrôlé comprenant notamment un interphone avec reconnaissance faciale.
Pour la députée provinciale de Moncton-Sud, Claire Johnson, la philosophie qui a guidé le projet mérite d'être retenue.
«Je me souviendrai toujours que Sœur Auréa m'avait dit: dans toutes nos décisions, dans toutes nos analyses, dans tout ce qu'on fait, il ne faut jamais oublier les plus démunis.»
Habitation pour la vie ne compte toutefois pas s'arrêter là. Un second projet est déjà envisagé sur un terrain voisin situé au coin des rues Pine et Parc. Les recherches de financement et les démarches de conception sont en cours.
Pour les quinze femmes qui s'apprêtent à franchir les portes de la Résidence Marie-Anne, l'essentiel est toutefois déjà acquis: un logement stable, abordable et la possibilité d'envisager l'avenir avec davantage de sérénité.
