La formation des élus municipaux : un exercice utile
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Plus de 550 maires, conseillers municipaux et membres de comités consultatifs des districts ruraux ont participé récemment à une séance d'orientation organisée par le gouvernement provincial. L'objectif était de mieux les préparer à exercer leurs responsabilités dans un contexte où les municipalités doivent composer avec de nouveaux défis depuis la réforme de la gouvernance locale.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
La séance d’orientation sur la gouvernance locale a rassemblé des dirigeants et des administrateurs municipaux. Elle leur a permis d’apprendre, de partager leur expérience et d’établir des relations dans l’ensemble du Nouveau-Brunswick afin de mieux répondre aux défis et responsabilités croissantes au sein du monde municipal.
L’événement avait pour objectif d’aider les personnes nouvellement élues à comprendre le cadre législatif, réglementaire et opérationnel général qui régit les gouvernements locaux. Les rôles et les responsabilités, les procédures de réunion, les codes de conduite et les conflits d’intérêts, ainsi que les pratiques efficaces, respectueuses et éthiques figuraient parmi les sujets abordés.
Le Moniteur Acadien a recueilli l’avis de trois conseillers municipaux sur cet exercice. L’un d’eux avait déjà exercé un mandat avant la réforme de la gouvernance locale, un autre est entré en fonctions à la faveur d’une élection partielle après la réforme, et la troisième vient d’être élue pour la première fois.
Ayant vécu avant la réforme Allain des périodes qu’il qualifie de « mouvementées », Gilles Cormier, qui fut conseiller municipal de Beaubassin-est et qui vient de faire son entrée parmi les élus de la Ville régionale de Cap-Acadie, a particulièrement apprécié la revue du Code de déontologie et des règlements sur les conflits d’intérêts.
« Pour ma part, je pense que ceux-ci (les conflits d’intérêts) sont les moins bien compris par plusieurs élus. Ils mènent souvent à des situations embarrassantes pour des municipalités, même parfois à des poursuites judiciaires. »
À Memramcook, Étienne Gaudet estime que cette formation s’est avérée plus formelle et structurée que celle qu’il avait reçue l’an dernier suite à son élection dans le cadre d’une partielle. « La séance et tout son encadrement nous donnent une certaine confiance, a-t-il affirmé. Bien que nous n'aurons jamais toutes les réponses à nos questions, nous savons que des ressources existent pour nous guider. Le plus utile est de savoir qu'il existe des professionnels et des personnes ressources pour quasi chaque défi auquel nous faisons face. »
Chroniqueuse bien-être du Moniteur Acadien depuis près de trois ans, Marie O’Brien débute en politique municipale. Elle attendait avec impatience d’apprivoiser son nouveau rôle d’élue locale. La formation dispensée à Saint-Jean lui a donné confiance et assurance pour débuter dans ses nouvelles fonctions.
« J’ai reçu le soutien nécessaire du conseil municipal de Shediac pour me permettre de poser toutes les questions nécessaires à l’administration en place. Je prévois faire appel à eux lorsqu’un problème ne sera pas clair à mon esprit afin de représenter efficacement les citoyens. »
Si elle se sent préparée, Marie O’Brien confie qu’il lui reste encore beaucoup à apprendre mais que, comme pout tout travail, l’apprentissage se fait aussi avec l’expérience.
À refaire après chaque élection voire à mi-mandat
L’exercice n’a toutefois pas permis d’aborder tous les sujets, notamment sur les compétences dévolues aux municipalités et aux commissions de services régionaux (CSR). « J’aurais certainement voulu en entendre davantage sur la séparation des responsabilités et la prestation des différents services offerts par les CSR, qui étaient autrefois dans la main des municipalités », relate Gilles Cormier.
Selon Austin Henderson, directeur général de la Ville de Salisbury, « Les sujets abordés ont contribué à jeter les bases nécessaires afin que les dirigeants aient les outils nécessaires pour gouverner leur communauté de manière efficace, prendre des décisions éclairées, et travailler ensemble pour bâtir un avenir meilleur pour nos communautés respectives et la province dans son ensemble. »
Aaron Kennedy, ministre des Gouvernements locaux, s’est déclaré ravi du taux de participation. « Nous nous sommes engagés à offrir un programme pertinent et complet, adapté aux besoins réels des représentants élus et aux défis auxquels ils font face, et je pense que nous avons réussi. Alors que les nouveaux élus s’installent dans leurs fonctions, le personnel du ministère est toujours disponible pour leur fournir des conseils, des directives et de la formation, au besoin. »
Marie O’Brien et Étienne Gaudet sont d’avis que l’exercice devrait être répété après chaque élection. Gilles Cormier va plus loin en suggérant qu’une formation de rappel devrait être offerte tous les deux ans afin de garder les élus conscients de leur rôle et de leurs limites.
