Il refuse de laisser Parkinson clouer ses rêves au sol
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Jean-François LeBlanc sait que la maladie de Parkinson transformera peu à peu son quotidien. Afin de stimuler ses fonctions cérébrales, il s’adonne au pilotage. Aux commandes d’un avion virtuel, le natif de Shediac a trouvé une façon originale d’appuyer la recherche. Le 5 juillet à 13 h, il entreprendra un tour du monde qui comprendra 21 rotations. Les internautes pourront suivre son périple en direct sur Facebook et contribuer à une collecte de fonds au profit de la Fondation Michael J. Fox.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Lorsque Jean-François LeBlanc s'installe aux commandes de son avion, il ne quitte pas sa maison. Pourtant, quelques minutes plus tard, il peut déjà survoler la baie de Shediac, amorcer son approche vers Halifax ou traverser l'Atlantique en direction de l'Europe.
Dans le sous-sol de sa résidence à Moncton, le quadragénaire a aménagé un véritable poste de pilotage. Grâce à un simulateur de vol connecté au réseau international VATSIM (Virtual Air Traffic Simulation Network), il partage le ciel virtuel avec des milliers de passionnés répartis aux quatre coins de la planète. Les communications avec les contrôleurs aériens se déroulent en temps réel, les plans de vol doivent être préparés avec rigueur.
« Il faut que tu calcules le gaz, les vents, il faut que tu calcules les trajets. Ça, ça fait beaucoup travailler ton cerveau », explique-t-il.
Pour lui, le simulateur est devenu bien plus qu'un loisir : il fait désormais partie de son entraînement quotidien.
Des exercices physiques réguliers sont essentiels pour ralentir les progrès de la maladie de Parkinson. Jean-François LeBlanc a aussi aménagé une salle de fitness dans son sous-sol. (Photo : Damien Dauphin)
Atteint de la maladie de Parkinson, Jean-François LeBlanc est en arrêt de travail depuis mars 2025. Ancien agent de programme communautaire, il a complètement réorganisé son quotidien.
« Mon nouveau travail, c'est de marcher, de lever des poids, d'aller au gymnase pour m'entraîner. C'est prouvé qu'avec Parkinson, si tu continues à bouger, ça ralentit la progression de la maladie. »
À l'exercice physique, il a voulu ajouter un entraînement intellectuel.
C'est ainsi qu'il a découvert le monde exigeant de la simulation aérienne.
Un ami lui a recommandé le réseau VATSIM, qui reproduit fidèlement le fonctionnement de l'aviation civile. Avant même de décoller, les pilotes virtuels doivent suivre une formation, obtenir une certification et apprendre les procédures utilisées dans les véritables tours de contrôle.
(Photo : Damien Dauphin)
« C'est VATSIM qui fait que tu prennes un cours (...). Tu es connecté avec d'autres pilotes (...) ou ça peut être des pilotes de vraie vie (...) Il faut que tu calcules le gaz, les vents (...). »
Même la météo est authentique. Les conditions météorologiques correspondent à celles observées à l'extérieur. Si une tempête éclate dehors, elle apparaît automatiquement dans le simulateur.
Les vols peuvent durer plusieurs heures. Lorsque l'avion est en pilotage automatique, Jean-François en profite pour poursuivre ses exercices physiques avant de revenir aux commandes pour l'atterrissage.
De Marty McFly à Michael J. Fox
Grand admirateur de la trilogie Retour vers le futur, Jean-François LeBlanc est également devenu ami avec Bill Shea, un collectionneur américain qui possède au Massachussetts un impressionnant musée consacré à la célèbre saga cinématographique.
Tous les profits générés par ce musée sont remis à la Fondation Michael J. Fox, qui finance la recherche sur la maladie de Parkinson.
Ironie du sort, Jean-François avait rencontré l'acteur canadien bien avant de recevoir lui-même ce diagnostic.
Les premiers symptômes sont apparus quelques semaines après un accident de voiture survenu en octobre 2020. Ce n'est que plusieurs années plus tard que les médecins ont confirmé qu'il souffrait de la maladie.
Lorsqu'il en a informé Bill Shea, une idée a commencé à prendre forme.
« Je me suis dit que je devrais pouvoir faire quelque chose pour aider la Fondation. (...) Pendant une réunion virtuelle, ils m'ont demandé ce que je faisais parce qu'ils entendaient du bruit en arrière-plan. Je leur ai expliqué que j'étais en train de voler sur un simulateur. C'est là que l'idée leur est venue que je fasse un tour du monde. »
Ce voyage qui, compte tenu du trajet et des pauses, devrait durer cinq jours, servira à sensibiliser le public à la maladie de Parkinson et à soutenir les travaux de la Fondation Michael J. Fox.
Pendant toute la durée du défi, le public pourra suivre les différentes étapes du voyage sur la page Facebook Still Moving Forward With Parkinson. Une campagne de financement accompagnera l'événement afin de recueillir des dons pour la recherche sur la maladie. D’ores et déjà, le public peut participer à des tirages au sort hebdomadaires pour courir la chance de gagner différents prix offerts par des entreprises de la région, dont des billets de faveur pour les matchs des Wildcats.
Jean-François LeBlanc décollera le 5 juillet à 13 h, dans le confort de son sous-sol. Si tout se déroule comme prévu, il bouclera son périple cinq jours plus tard. Chaque escale le rapprochera un peu plus de son objectif. Car si la maladie limite progressivement certains mouvements, elle n'empêche pas les rêves de prendre leur envol.
Suivre le défi
- Départ : 5 juillet à 13 h (Moncton–Goose Bay)
- Durée prévue : cinq jours
- 21 rotations autour du monde
- Diffusion : page FacebookStill Moving Forward With Parkinson
- Dons et tirages au profit de la Fondation Michael J. Fox
