Opinion
3 Février 2026
Nouveaux propriétaires : les oubliés du gel des taxes foncières
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Je suis devenu propriétaire au Nouveau-Brunswick récemment, à l’automne 2025. C’était mon premier achat immobilier au Canada. Un choix important, engageant, fait avec sérieux, dans l’idée de m’installer durablement ici.
Depuis 2022, la valeur foncière de cette maison a augmenté de façon spectaculaire : 28,3% en 2023, 13,5% en 2024, 7,5% en 2025, et encore 15,6% cette année.
Soit une hausse cumulée d’environ 81% en quatre ans.
Cette hausse n’est pas théorique : elle se traduit directement par une pression fiscale accrue. Or, parce que j’ai acheté « trop tard », je suis exclu du gel des hausses de taxes foncières mis en place par le gouvernement. Des voisins vivant dans des maisons comparables, parfois sur la même rue, sont protégés. Pas moi.
Je comprends que cette mesure soit présentée comme transitoire, en attendant une réforme plus globale du système de taxation. Mais transitoire ou non, ses effets sont bien réels. Il s’agit d’une mesure d’atténuation fiscale destinée à soulager les ménages face à une inflation immobilière rapide. Et précisément, ce sont les nouveaux propriétaires qui en sont exclus.
Pourtant, ce sont eux qui ont acheté au plus haut du marché.
Ce sont eux qui portent un endettement lourd sur vingt ans ou plus.
Ce sont eux qui ont payé des droits de mutation de 1 % sur des valeurs déjà élevées.
Et ce sont eux qui encaissent de plein fouet la hausse du coût de la vie.
Le critère retenu — la date d’achat — ne dit rien de la capacité réelle à payer. Il crée une inégalité de traitement entre ménages comparables et donne le sentiment que l’effort consenti par les nouveaux propriétaires compte moins que celui des autres.
Je ne remets pas en cause l’objectif du gel des taxes foncières. Je remets en cause son périmètre. Une mesure conçue pour protéger les ménages ne devrait pas, par construction, exclure ceux qui sont souvent les plus exposés financièrement.
Acheter une maison aujourd’hui n’est pas un luxe ni un geste spéculatif. C’est un pari sur l’avenir, souvent fait au prix de sacrifices importants. Laisser entendre que ces ménages peuvent absorber sans broncher des hausses fiscales continues est une erreur d’analyse — et un mauvais signal envoyé à ceux qui choisissent de s’établir ici.
Même temporaire, une mesure fiscale injuste reste injuste. Elle mérite d’être expliquée publiquement, et surtout corrigée.
Maxime Tramontano
Nouveau propriétaire au Nouveau-Brunswick
Depuis 2022, la valeur foncière de cette maison a augmenté de façon spectaculaire : 28,3% en 2023, 13,5% en 2024, 7,5% en 2025, et encore 15,6% cette année.
Soit une hausse cumulée d’environ 81% en quatre ans.
Cette hausse n’est pas théorique : elle se traduit directement par une pression fiscale accrue. Or, parce que j’ai acheté « trop tard », je suis exclu du gel des hausses de taxes foncières mis en place par le gouvernement. Des voisins vivant dans des maisons comparables, parfois sur la même rue, sont protégés. Pas moi.
Je comprends que cette mesure soit présentée comme transitoire, en attendant une réforme plus globale du système de taxation. Mais transitoire ou non, ses effets sont bien réels. Il s’agit d’une mesure d’atténuation fiscale destinée à soulager les ménages face à une inflation immobilière rapide. Et précisément, ce sont les nouveaux propriétaires qui en sont exclus.
Pourtant, ce sont eux qui ont acheté au plus haut du marché.
Ce sont eux qui portent un endettement lourd sur vingt ans ou plus.
Ce sont eux qui ont payé des droits de mutation de 1 % sur des valeurs déjà élevées.
Et ce sont eux qui encaissent de plein fouet la hausse du coût de la vie.
Le critère retenu — la date d’achat — ne dit rien de la capacité réelle à payer. Il crée une inégalité de traitement entre ménages comparables et donne le sentiment que l’effort consenti par les nouveaux propriétaires compte moins que celui des autres.
Je ne remets pas en cause l’objectif du gel des taxes foncières. Je remets en cause son périmètre. Une mesure conçue pour protéger les ménages ne devrait pas, par construction, exclure ceux qui sont souvent les plus exposés financièrement.
Acheter une maison aujourd’hui n’est pas un luxe ni un geste spéculatif. C’est un pari sur l’avenir, souvent fait au prix de sacrifices importants. Laisser entendre que ces ménages peuvent absorber sans broncher des hausses fiscales continues est une erreur d’analyse — et un mauvais signal envoyé à ceux qui choisissent de s’établir ici.
Même temporaire, une mesure fiscale injuste reste injuste. Elle mérite d’être expliquée publiquement, et surtout corrigée.
Maxime Tramontano
Nouveau propriétaire au Nouveau-Brunswick
