Accros de la chanson et l’avenir du fait français
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Lisa LeBlanc, Jean-Marc Couture, Caroline Savoie, Chloé Breault, Maxime McGraw ainsi que les Hay Babies ont quelque chose en commun: Accros de la chanson! Ces derniers figurent dans une longue liste des artistes participants à cette compétition depuis sa toute première édition en 2005.
Ce concours musical annuel, initié par la FJFNB, encourage les jeunes Acadiens et Acadiennes à créer de la musique en français et, ainsi, de jeter les bases d’une nouvelle génération de chanteurs, compositeurs, interprètes francophones qui contribueront au rayonnement de la culture acadienne et à la vitalité de la langue française.
Cependant, tel un ministre qui annonce une coupure de fonds ou programme gouvernemental, le courageux et sûrement brillant jeune président de la FJFNB, Antoine Chiasson, a été contraint d’annoncer que la FJFNB se voyait forcée de mettre le concours en pause pour un an, pour des raisons financières.
L’organisme, normalement financé par le ministère du Patrimoine Canadien afin de mener à bien sa mission d’association représentative des jeunes Acadiens et francophones, énonce un argument qui m’étonne: le «contexte économique actuel» ne lui permet plus de produire le concours musical sans mettre en péril la pérennité financière de l’organisme.
Sauf si Accros de la chanson est largement financé par des entreprises de construction automobile ou d’acier qui sont frappées par la guerre tarifaire Canada-États-Unis, je doute que cet argument tienne la route.
En consultant le site internet du concours musical, je suis d’accord avec l’affirmation qu’il s’agit d’une véritable école de formation qui encourage les jeunes à développer leur identité culturelle et à s’épanouir musicalement en français.
Ce qui m’inquiète le plus n’est pas tant la situation actuelle d’Accros de la chanson, mais un apparent sous-financement d’un organisme vital à l’avenir du fait français et du rayonnement de la culture acadienne au Nouveau-Brunswick.
Ayant été concurremment vice-président de la FJFNB et de la FJCF à une époque marquée par un « engagement jeunesse » pour une plus grande vitalité de la langue française et de l’Acadie, je suis navré d’apprendre que ce jeune leader acadien se voit forcé de faire une conférence de presse avec comme sujet le recul apparent de la principale activité phare de la programmation annuelle de la FJFNB.
J’aurais préféré qu’il puisse annoncer une reviviscence d’Accros de la chanson, comme j’avais moi-même eu cette chance en étant membre du conseil d’administration pendant les années de la fondation de la Commission jeunesse de l’Acadie (SNA), du Parlement jeunesse de l’Acadie, des Jeux de la francophonie canadienne, et de la tenue du Sommet de la Francophonie à Moncton avec comme thème la jeunesse.
Pour conclure, je suis rassuré par les propos de la ministre provinciale du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture, l’honorable Isabelle Thériault, qui reconnait le rôle essentiel que joue Accros de la chanson dans l’épanouissement des jeunes artistes francophones et qu’elle se dit disposée à les accompagner et d’assurer un soutien.
J’espère que le gouvernement du Canada, qui est le premier bailleur de fonds et responsable du financement de base des organismes jeunesses provinciaux hors Québec, s’inspirera et suivra le bon leadership de la ministre Thériault dans ce dossier qui contribue directement à l’émancipation de la jeunesse acadienne.
