Chroniques
17 Décembre 2024
2024 : UNE ANNÉE MITIGÉE
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Lorsque l’année 2024 a débuté, nous étions encore sous l’affreux régime provincial de Blaine Higgs. C’était porteur de divisions et de conflits. En ce sens-là, nous avons bien été servis.
Presque tous les dossiers en cours étaient énigmatiques et controversés. Le principal dossier litigieux a été celui entourant la politique 713, sur l’égalité des genres et le droit des enfants à se nommer eux-mêmes à l’école. Ce dossier a totalement dérapé à un point tel que la droite religieuse de l’ouest canadien s’en est mêlée. Pire, il y a eu une ancienne ressortissante de cet ouest qui a réussi à se faufiler, avec le soutien de Higgs, pour être une candidate du Parti conservateur. Heureusement, elle s’est fait battre magistralement aux dernières élections provinciales. Ce virage vers l’extrême droite a soulevé des inquiétudes dans la population.
Le gouvernement Higgs a continué à semer la discorde dans plusieurs autres dossiers. Il a, par exemple, retenu seulement la rénovation d’une seule école française, pendant qu’il décidait de bâtir quatre écoles anglaises. C’était loin de l’équilibre.
Le gouvernement Higgs a continué de se brouiller avec les peuples autochtones. Il leur a justement enlevé une part des taxes qu’ils pouvaient auparavant collecter. Les peuples autochtones ont continuellement critiqué ce gouvernement toute l’année pour son manque d’intérêt et de considérations pour leurs dossiers.
En santé, plusieurs fermetures de services ont été opérées telles des fermetures d’urgences à l’Hôpital Ste-Anne, le maintien de la fermeture de l’obstétrique à Campbellton, et autres. Les temps d’attente à l’urgence se sont allongés, la pénurie de personnel en santé s’est aggravée, le maintien de conseils d’administration fantoches des régies s’est perpétué.
À cause de toutes ces horreurs, le verdict populaire s’est fait sans équivoque lors des élections provinciales. Ce gouvernement a été rejeté de façon brutale, à un point tel que monsieur Higgs a même perdu son siège dans Quispamsis.
L’élection spectaculaire du gouvernement libéral Holt a semé un vent de fraîcheur et d’espoir pour la politique provinciale. Jamais un gouvernement n’a été aussi prolifique et productif rapidement que celui-ci. Enfin, les frais pour l’avortement seront pris en charge: quel soulagement pour les femmes! Les primes de rétention pour les infirmières, largement méritées, seront distribuées en décembre 2024. Le moratoire sur l’attribution de nouvelles terres pour les bleuetières a été prononcé. Le plafonnement sur les loyers est institué. Et enfin, il y a la création tant attendue d’un Comité permanent sur les langues officielles à l’Assemblée législative.
Comme nous vivons sur la frontière avec les États-Unis, nous ne pouvons pas être indifférents à ce qui s’y passe. L'élection des Républicains et de monsieur Trump à la présidence sèment un vent d’incertitudes pour les relations canado-américaines. Déjà la surtaxe américaine de 25% sur les produits aura des effets dévastateurs sur notre économie provinciale, surtout pour ce qui est de notre bois, nos poissons, notre agriculture. Cette élection américaine est une catastrophe appréhendée pour nous.
À part l’élection provinciale qui a été positive en 2024, il y a plein d’autres situations positives qui se sont passées. La tenue du Congrès mondial acadien en Nouvelle-Écosse, pendant lequel plusieurs néo-brunswickois s’y sont rendus, a été couronnée de succès.
Il est difficile de parler de 2024 de façon sans mentionner les performances de notre ministre fédéral Dominic LeBlanc: il a brillé de tous feux. Dominic n’est pas un ami personnel, mais je l’aime de plus en plus. Il performe comme un homme d’État: arbitre dans des conflits nationaux à ses heures, toujours présent pour annoncer des contributions fédérales, et adjoint privilégié du Premier ministre Trudeau au souper avec Trump. Il est en train de se tailler une belle place dans l’histoire acadienne!
Nous devons nous réjouir de la création d’un caucus politique acadien à Ottawa. Tous les paris en font partie. Feu Jean-Maurice Simard aurait été content de cette initiative.
Autre bonne nouvelle: le Comité citoyen n’a jamais été aussi actif, même s’il est moins visible. Il prépare actuellement une grande campagne populaire de vote pour un nouveau nom à partir de janvier 2025. Ça promet!
Finalement, même si l’année 2024 semble mitigée, nous en sommes sortis vivants. L’année 2025 s’annonce mouvementée. Nous risquons de basculer dans un gouvernement de droite Poilievre. Comme prix de consolation, nous avons un gouvernement provincial raisonnable qui saura nous satisfaire de “benaise”. Joyeuses fêtes!
jmlacadie1@gmail.com
Lorsque l’année 2024 a débuté, nous étions encore sous l’affreux régime provincial de Blaine Higgs. C’était porteur de divisions et de conflits. En ce sens-là, nous avons bien été servis.
Presque tous les dossiers en cours étaient énigmatiques et controversés. Le principal dossier litigieux a été celui entourant la politique 713, sur l’égalité des genres et le droit des enfants à se nommer eux-mêmes à l’école. Ce dossier a totalement dérapé à un point tel que la droite religieuse de l’ouest canadien s’en est mêlée. Pire, il y a eu une ancienne ressortissante de cet ouest qui a réussi à se faufiler, avec le soutien de Higgs, pour être une candidate du Parti conservateur. Heureusement, elle s’est fait battre magistralement aux dernières élections provinciales. Ce virage vers l’extrême droite a soulevé des inquiétudes dans la population.
Le gouvernement Higgs a continué à semer la discorde dans plusieurs autres dossiers. Il a, par exemple, retenu seulement la rénovation d’une seule école française, pendant qu’il décidait de bâtir quatre écoles anglaises. C’était loin de l’équilibre.
Le gouvernement Higgs a continué de se brouiller avec les peuples autochtones. Il leur a justement enlevé une part des taxes qu’ils pouvaient auparavant collecter. Les peuples autochtones ont continuellement critiqué ce gouvernement toute l’année pour son manque d’intérêt et de considérations pour leurs dossiers.
En santé, plusieurs fermetures de services ont été opérées telles des fermetures d’urgences à l’Hôpital Ste-Anne, le maintien de la fermeture de l’obstétrique à Campbellton, et autres. Les temps d’attente à l’urgence se sont allongés, la pénurie de personnel en santé s’est aggravée, le maintien de conseils d’administration fantoches des régies s’est perpétué.
À cause de toutes ces horreurs, le verdict populaire s’est fait sans équivoque lors des élections provinciales. Ce gouvernement a été rejeté de façon brutale, à un point tel que monsieur Higgs a même perdu son siège dans Quispamsis.
L’élection spectaculaire du gouvernement libéral Holt a semé un vent de fraîcheur et d’espoir pour la politique provinciale. Jamais un gouvernement n’a été aussi prolifique et productif rapidement que celui-ci. Enfin, les frais pour l’avortement seront pris en charge: quel soulagement pour les femmes! Les primes de rétention pour les infirmières, largement méritées, seront distribuées en décembre 2024. Le moratoire sur l’attribution de nouvelles terres pour les bleuetières a été prononcé. Le plafonnement sur les loyers est institué. Et enfin, il y a la création tant attendue d’un Comité permanent sur les langues officielles à l’Assemblée législative.
Comme nous vivons sur la frontière avec les États-Unis, nous ne pouvons pas être indifférents à ce qui s’y passe. L'élection des Républicains et de monsieur Trump à la présidence sèment un vent d’incertitudes pour les relations canado-américaines. Déjà la surtaxe américaine de 25% sur les produits aura des effets dévastateurs sur notre économie provinciale, surtout pour ce qui est de notre bois, nos poissons, notre agriculture. Cette élection américaine est une catastrophe appréhendée pour nous.
À part l’élection provinciale qui a été positive en 2024, il y a plein d’autres situations positives qui se sont passées. La tenue du Congrès mondial acadien en Nouvelle-Écosse, pendant lequel plusieurs néo-brunswickois s’y sont rendus, a été couronnée de succès.
Il est difficile de parler de 2024 de façon sans mentionner les performances de notre ministre fédéral Dominic LeBlanc: il a brillé de tous feux. Dominic n’est pas un ami personnel, mais je l’aime de plus en plus. Il performe comme un homme d’État: arbitre dans des conflits nationaux à ses heures, toujours présent pour annoncer des contributions fédérales, et adjoint privilégié du Premier ministre Trudeau au souper avec Trump. Il est en train de se tailler une belle place dans l’histoire acadienne!
Nous devons nous réjouir de la création d’un caucus politique acadien à Ottawa. Tous les paris en font partie. Feu Jean-Maurice Simard aurait été content de cette initiative.
Autre bonne nouvelle: le Comité citoyen n’a jamais été aussi actif, même s’il est moins visible. Il prépare actuellement une grande campagne populaire de vote pour un nouveau nom à partir de janvier 2025. Ça promet!
Finalement, même si l’année 2024 semble mitigée, nous en sommes sortis vivants. L’année 2025 s’annonce mouvementée. Nous risquons de basculer dans un gouvernement de droite Poilievre. Comme prix de consolation, nous avons un gouvernement provincial raisonnable qui saura nous satisfaire de “benaise”. Joyeuses fêtes!
