Chroniques
17 Septembre 2024
DES LOGEMENTS INABORDABLES ET CONTROVERSÉS
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Jean-Marie Nadeau
jmlacadie1@gmail.com
Il y a un besoin de logements, surtout abordables, un peu partout au Nouveau-Brunswick et au Canada, mais plus particulièrement dans la région de Moncton et Dieppe. Mais il est à se demander si ce besoin effarant de logements n’incite pas les municipalités concernées à prendre des raccourcis pour des décisions rapides, en bafouant les exigences environnementales et humanisantes.
C’est ce qui semble se passer dans le projet Laffort de bâtir deux tours de 17 étages au coin du Boulevard Assomption et la rue Foundry à Moncton, en fait sur le côté riverain de la rivière Petitcodiac. Le tout a été fait en transgressant des plans d’urbanisme antérieurs, et en vendant à l’entrepreneur un grand terrain sans appel d’offres public. Cette situation a suscité la création d’un comité de Citoyens concernés de Moncton pour dénoncer ces ignominies.
Pire, une étude scientifique laisse entendre que cet endroit sera inondé d’ici cent ans. On dirait que ce projet fait partie de cette fâcheuse philosophie industrielle actuelle de construire en programmant l’obsolescence.
Ce qui est aussi considéré comme un danger supplémentaire, c’est que cette masse de logements vient amputer de larges pans du parc riverain voués au bien-être public de la population. Et pourtant, la tendance mondiale est justement d’humaniser les espaces riverains, comme par exemple à Chicago. Encore une fois, par la négative, on agit à contre-courant.
Un projet semblable de construction de 450 logements à Dieppe, sur l’ancien territoire de l’archevêché, est actuellement contesté. Plusieurs arbres centenaires seront coupés. Des résidents voyaient ce territoire comme un lieu privilégié pour y faire un parc citoyen. Eh bien non, on a préféré éliminer de l’espace vert au nom du supposé progrès… avec vue sur un cimetière!
Les deux projets suscitent des questionnements sérieux quant aux trafics à venir autour de ces nouveaux espaces de logements. Le scénario envisagé est problématique et inquiétant.
Là où le bât blesse en plus, c’est que ces gros promoteurs ne font pas du logement social. Les budgets importants que les gouvernements fédéral et provincial ont investi dans la construction de logements ne semblent pas assez spécifiques quant à leurs exigences de réserver du logement social abordable dans ces nouveaux projets. On parle de 10% de ces nouveaux logements à des fins sociales. Beaucoup doutent que cela se fera. Il est regrettable que l’on n’encourage pas plus la construction de coopératives d’habitation.
Autour de ces nouveaux projets de logements, on parle très peu des loyers à venir. Par expérience, de par les nouveaux logements déjà établis dans ces tours, on parle de loyers mensuels de plus de 2.000 dollars. Ce n’est définitivement pas à la portée de toutes les bourses.
Croient-ils vraiment que ceux et celles qui vont déménager dans ces nouvelles tours vont laisser derrière eux des logements abordables en vendant leur propriété et quittant leur appartement? L’achat de maisons a atteint des prix exponentiels et inabordables.
Vraiment, il est à se demander si nos municipalités et leurs urbanistes ne sont pas en train de manquer une belle occasion de redéfinir et reconstruire nos villes de façon plus humaine et écologique. On semble préférer la concentration des centres-villes pour éviter l’étalement urbain, en éliminant le peu d’espaces verts qui y restent? Concentration rime avec congestion, étouffement. On ne semble pas suffisamment tenir compte des changements climatiques actuels et à venir.
Le projet de Dieppe semble avoir obtenu son imprimatur et qu’il n’y a plus moyen de reculer. On devra vivre avec l’invivable. Quant au projet de Moncton, il y a encore de l’espace pour arrêter le projet, ce que fait le comité de Citoyens concernés. Appuyons-le!
jmlacadie1@gmail.com
Il y a un besoin de logements, surtout abordables, un peu partout au Nouveau-Brunswick et au Canada, mais plus particulièrement dans la région de Moncton et Dieppe. Mais il est à se demander si ce besoin effarant de logements n’incite pas les municipalités concernées à prendre des raccourcis pour des décisions rapides, en bafouant les exigences environnementales et humanisantes.
C’est ce qui semble se passer dans le projet Laffort de bâtir deux tours de 17 étages au coin du Boulevard Assomption et la rue Foundry à Moncton, en fait sur le côté riverain de la rivière Petitcodiac. Le tout a été fait en transgressant des plans d’urbanisme antérieurs, et en vendant à l’entrepreneur un grand terrain sans appel d’offres public. Cette situation a suscité la création d’un comité de Citoyens concernés de Moncton pour dénoncer ces ignominies.
Pire, une étude scientifique laisse entendre que cet endroit sera inondé d’ici cent ans. On dirait que ce projet fait partie de cette fâcheuse philosophie industrielle actuelle de construire en programmant l’obsolescence.
Ce qui est aussi considéré comme un danger supplémentaire, c’est que cette masse de logements vient amputer de larges pans du parc riverain voués au bien-être public de la population. Et pourtant, la tendance mondiale est justement d’humaniser les espaces riverains, comme par exemple à Chicago. Encore une fois, par la négative, on agit à contre-courant.
Un projet semblable de construction de 450 logements à Dieppe, sur l’ancien territoire de l’archevêché, est actuellement contesté. Plusieurs arbres centenaires seront coupés. Des résidents voyaient ce territoire comme un lieu privilégié pour y faire un parc citoyen. Eh bien non, on a préféré éliminer de l’espace vert au nom du supposé progrès… avec vue sur un cimetière!
Les deux projets suscitent des questionnements sérieux quant aux trafics à venir autour de ces nouveaux espaces de logements. Le scénario envisagé est problématique et inquiétant.
Là où le bât blesse en plus, c’est que ces gros promoteurs ne font pas du logement social. Les budgets importants que les gouvernements fédéral et provincial ont investi dans la construction de logements ne semblent pas assez spécifiques quant à leurs exigences de réserver du logement social abordable dans ces nouveaux projets. On parle de 10% de ces nouveaux logements à des fins sociales. Beaucoup doutent que cela se fera. Il est regrettable que l’on n’encourage pas plus la construction de coopératives d’habitation.
Autour de ces nouveaux projets de logements, on parle très peu des loyers à venir. Par expérience, de par les nouveaux logements déjà établis dans ces tours, on parle de loyers mensuels de plus de 2.000 dollars. Ce n’est définitivement pas à la portée de toutes les bourses.
Croient-ils vraiment que ceux et celles qui vont déménager dans ces nouvelles tours vont laisser derrière eux des logements abordables en vendant leur propriété et quittant leur appartement? L’achat de maisons a atteint des prix exponentiels et inabordables.
Vraiment, il est à se demander si nos municipalités et leurs urbanistes ne sont pas en train de manquer une belle occasion de redéfinir et reconstruire nos villes de façon plus humaine et écologique. On semble préférer la concentration des centres-villes pour éviter l’étalement urbain, en éliminant le peu d’espaces verts qui y restent? Concentration rime avec congestion, étouffement. On ne semble pas suffisamment tenir compte des changements climatiques actuels et à venir.
Le projet de Dieppe semble avoir obtenu son imprimatur et qu’il n’y a plus moyen de reculer. On devra vivre avec l’invivable. Quant au projet de Moncton, il y a encore de l’espace pour arrêter le projet, ce que fait le comité de Citoyens concernés. Appuyons-le!
