Le déboulonnement de la statue du père Lefebvre soulève l’indignation à Memramcook
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Le renversement de la statue du père Camille Lefebvre, découverte mercredi 26 août face contre terre dans un fossé devant le Monument-Lefebvre, a provoqué une vive réaction à Memramcook et bien au-delà. La GRC de Sackville enquête sur ce méfait et sollicite l’aide du public afin d’en retrouver l’auteur ou les auteurs.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
De bon matin, le maire de Memramcook, Maxime Bourgeois, a remarqué que la clôture située devant l’ancien Institut de Memramcook, où se trouvait autrefois le Collège Saint-Joseph, avait été déplacée. En allant vérifier les lieux, il a découvert que la statue du père Camille Lefebvre avait été poussée hors de son socle et gisait dans le fossé, face contre terre.
Le maire s’est dit attristé et frustré par ce geste, qu’il considère comme une atteinte à une figure importante de l’histoire acadienne et au patrimoine de Memramcook.
L’annonce du renversement de la statue a rapidement provoqué de nombreuses réactions. Une publication en ligne que le Moniteur acadien a consacrée à l’incident avait recueilli plus de 200 commentaires sur Facebook deux jours plus tard, en plus d’être largement partagée.
Emery Brien
Le curé de Memramcook, le père Emery Brien, a rappelé l’importance du père Camille Lefebvre dans l’histoire de l’Acadie.
Fondateur du Collège Saint-Joseph, celui qui a parfois été surnommé le «Moïse du peuple acadien» a joué un rôle important au début de la Renaissance acadienne et a notamment participé à la première Convention nationale acadienne, en 1881.
Le Village de Memramcook a également insisté sur l’importance patrimoniale de la statue dans un communiqué publié à la suite de l’incident.
«Érigée tout près du Monument-Lefebvre depuis 1914, cette imposante œuvre de bronze sculpté par l’artiste Philippe Hébert célèbre le legs immense du Père Camille Lefebvre, fondateur du Collège Saint-Joseph et figure incontournable de l’éducation de langue française en Acadie , a rappelé la municipalité.
À l’aube de la Première Guerre mondiale, la statue avait pour but de souligner le 50e anniversaire de la fondation du Collège Saint-Joseph. Elle représente le père Lefebvre le bras tendu, semblant accueillir les passants. «Un patrimoine important à conserver», a résumé Deborah Robichaud, une internaute.
Colère et tristesse
Sur place comme sur les réseaux sociaux, l'indignation était largement perceptible.
Gilles Cormier, qui s'est rendu au Monument-Lefebvre mercredi matin, s'est dit à la fois en colère et attristé par ce qu'il venait de découvrir.
Gilles Cormier
«C'est un manque de respect. C'est triste et enrageant», a-t-il déclaré.
M. Cormier a fait un rapprochement avec l'incendie récent de l'église de Saint-Simon, un événement qui a lui aussi suscité une forte émotion dans la Péninsule acadienne.
Il a également évoqué les liens de sa propre famille avec l'ancien Collège Saint-Joseph. Son oncle, Roméo LeBlanc, qui allait devenir gouverneur général du Canada, y a étudié.
«C'est là que sa carrière et son succès ont débuté», a-t-il souligné.
Parmi les nombreuses réactions publiées sous la publication du Moniteur Acadien, plusieurs internautes ont également exprimé leur inquiétude pour la préservation du patrimoine.
Alexandra Baulin-Lumineau s'est notamment interrogée sur la succession d'incendies d'églises et le vandalisme d'une statue religieuse, estimant qu'il existe «un problème sérieux».
D'autres se sont demandé si le geste pouvait avoir été motivé par la valeur du bronze. Rémi Levesque a ainsi évoqué l'hypothèse d'un vol destiné à récupérer et revendre le métal.
Rien dans les renseignements communiqués jusqu'à présent par la GRC ne permet cependant d'établir le mobile du geste.
Des réactions parfois divergentes
Si l'immense majorité des commentaires recueillis sur la page Facebook du Moniteur Acadien condamnaient le renversement de la statue, certaines voix ont appelé à ne pas tirer de conclusions sur les motivations de son auteur ou de ses auteurs.
Marie-Pierrette Frenette a notamment estimé qu'il fallait distinguer un simple geste de vandalisme d'un acte qui pourrait avoir des motivations plus profondes. Elle a évoqué la possibilité que certaines personnes puissent éprouver de la colère envers l'Église catholique en raison de souffrances vécues dans le passé, tout en précisant ignorer ce qui avait motivé le geste commis à Memramcook.
Son commentaire a lui-même provoqué des réactions, illustrant la charge émotive entourant l'incident.
D'autres internautes ont réclamé davantage de mesures de protection autour des monuments publics. John Hanam a notamment proposé que les municipalités installent des caméras de surveillance à proximité de ceux-ci.
La GRC cherche des témoins
La GRC de Sackville enquête sur l'incident, qu'elle qualifie de méfait.
Selon les renseignements communiqués par la police, celui-ci se serait produit entre 19h35 le mardi 25 août et 8h10 le mercredi 26 août. Une ou plusieurs personnes se seraient rendues au Monument-Lefebvre, sur la rue Centrale, et auraient poussé la statue hors de son socle.
La GRC demande à toute personne qui habite le secteur et qui aurait remarqué une activité suspecte pendant cette période de communiquer avec les enquêteurs.
Les policiers souhaitent également obtenir toute image provenant d'une caméra de surveillance qui aurait pu enregistrer des activités suspectes dans le secteur entre mardi soir et mercredi matin.
Toute personne possédant des renseignements susceptibles de faire avancer l'enquête peut communiquer avec le détachement de la GRC de Sackville au 506-364-5023.
Les renseignements peuvent aussi être transmis anonymement à Échec au crime au 1-800-222-TIPS (8477), au moyen de l'application sécurisée P3 Mobile ou par l'intermédiaire de son service de signalement en ligne.
