COUVERTURE CELLULAIRE : LE SIGNAL PASSE MAL DANS LE SUD-EST
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Plus de 35 auditeurs de Radio CJSE ont signalé lundi des problèmes de couverture cellulaire dans plusieurs communautés du Sud-Est et du comté de Kent. Dans certains secteurs, les résidents doivent encore compter sur le Wi-Fi ou conserver une ligne téléphonique fixe pour pouvoir communiquer.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Le téléphone intelligent sait aujourd’hui prendre des photos, envoyer des courriels, guider son propriétaire sur la route et lui donner accès à Internet. Dans plusieurs communautés de la région, il éprouve pourtant encore des difficultés à remplir sa fonction première: téléphoner.
Lundi, l’émission Parle Parle Jase Jase, sur Radio CJSE, était consacrée aux lacunes de la couverture cellulaire. Plus de 35 auditeurs ont communiqué avec la station pour signaler des secteurs où le signal est faible ou inexistant.
À Notre-Dame-de-Kent, dans la Communauté rurale de Beausoleil, Rhéal Berthelot doit passer par le Wi-Fi pour effectuer ses appels.
Même situation pour Gisèle Richard, à Richibouctou-Village, dans le District rural de Kent. Elle a conservé une ligne téléphonique fixe, dont elle déplore toutefois le coût.
«On est obligé de payer des prix fous pour utiliser un téléphone de maison parce qu’on ne peut pas utiliser notre cellulaire, alors qu’on paie déjà de grosses bills de cellulaire», regrette-t-elle.
Une résidente de Saint-Édouard-de-Kent, qui travaille à Saint-Louis, a également signalé des interruptions de service, y compris lors de ses déplacements.
«Ça prouve à tout le monde et aux députés que vous avez des problèmes de réseau cellulaire dans vos régions», a résumé l’animateur Jason Ouellette.
LE PRIX DU SERVICE EN QUESTION
Un résident de Haute-Aboujagane a pour sa part soulevé la question du coût et de la concurrence entre fournisseurs.
«Pour le prix qu’on paie, je trouve qu’on n’a pas les services qui valent l’argent qu’on paie», a-t-il déploré.
Un autre auditeur s’est interrogé sur le recours à des fonds publics pour inciter les grandes entreprises de télécommunications à améliorer leurs infrastructures.
«Une tour coûte beaucoup moins cher qu’une équipe et une aréna de hockey. Rogers et Bell ont de l’argent pour le faire. Il faut que nos taxes leur soient données pour qu’ils mettent une tour, ça n’a pas de bon sens», a-t-il lancé.
La question n’est d’ailleurs pas étrangère au gouvernement provincial. Le Nouveau-Brunswick a annoncé en 2025 un partenariat avec Bell visant l’installation d’équipement cellulaire sur dix tours gouvernementales, ainsi que la construction de trois nouvelles tours dans des secteurs où l’infrastructure faisait défaut. Le gouvernement indiquait alors vouloir réduire les lacunes de couverture dans les régions rurales et le long des grands axes routiers.
LE SATELLITE COMME SOLUTION DE RECHANGE
À Saint-Charles, un auditeur dit avoir trouvé une solution différente. Faute de signal fiable et inquiet notamment de pouvoir joindre les services d’urgence au besoin, il s’est abonné au service Internet par satellite Starlink.
Cette connexion lui permet notamment d’utiliser son téléphone par Wi-Fi à son domicile.
«Avec les satellites d’Elon Musk, il y aurait du signal partout», a-t-il estimé.
«Ce n’est pas notre but de faire de la pub pour Starlink ce matin, mais ce serait la solution pour vrai», a réagi Jason Ouellette.
La technologie satellitaire commence d’ailleurs à s’intégrer directement aux téléphones cellulaires. Rogers exploite maintenant au Canada un service satellite-to-mobile permettant notamment la messagerie texte, le texto au 911 et certaines applications compatibles dans les zones dépourvues de couverture cellulaire traditionnelle.
DES LACUNES SIGNALÉES UN PEU PARTOUT
Les auditeurs ont notamment rapporté des problèmes à Scoudouc, Memramcook-Est, Notre-Dame-de-Kent, Saint-Charles-de-Kent, Richibucto, Richibouctou-Village, Haute-Aboujagane, Bouctouche Baie, Saint-Édouard-de-Kent, Saint-Louis-de-Kent, Pont-Lafrance, Saint-Antoine Nord, Sackville, Pointe-Sapin et Baie-Sainte-Anne.
D’autres secteurs ont également été signalés le long de la route 126 vers Saint-Paul et Harcourt, entre Neguac et Miramichi ainsi que sur le chemin Shediac à Moncton.
Le nombre et la provenance des appels reçus lundi montrent que les difficultés de couverture ne se limitent pas à quelques endroits isolés.
