Un barrage historique disparaît à Kouchibouguac
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Construit en 1917 et autrefois utilisé pour produire de l’électricité, le barrage de Kouchibouguac a été démoli dans le cadre d’un projet de restauration de l’habitat naturel. Sa disparition ne fait toutefois pas l’unanimité dans la communauté.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien
Le barrage de Kouchibouguac appartient désormais au passé. Érigée il y a plus d’un siècle, la structure de béton a longtemps fait partie du paysage et de l’histoire industrielle de la région.
Le barrage de Kouchibouguac, construit en 1917, a été démoli afin de rétablir le cours naturel de la rivière et le passage des poissons. Quelques vestiges demeurent visibles sur la rive. (Photo : Damien Dauphin)
À l’origine, le site accueillait une scierie exploitée par l’entrepreneur Richard O’Leary. Une installation de production d’électricité y a ensuite été ajoutée. Selon l’historien James Upham, d’après un reportage publié par nos confrères de CTV, Énergie NB a acquis le barrage en 1939. Il s’agissait alors de l’une des premières installations hydroélectriques de la société d’État.
Le barrage alimentait notamment Richibucto, Rexton et Saint-Louis-de-Kent. La centrale a finalement été mise hors service en 1953.
Un pan d’histoire locale
Pour plusieurs résidents de Kouchibouguac, la démolition marque la disparition d’un élément familier du patrimoine local.
Un riverain dont la famille vit depuis plusieurs générations à proximité du site déplore notamment la perte successive de plusieurs témoins de l’histoire de la communauté. D’autres résidents ont également exprimé leur tristesse de voir disparaître une structure présente dans le paysage depuis plus de cent ans.
Certains se questionnent aussi sur les conséquences possibles du retrait du barrage, notamment en période de débâcle. Des craintes ont été exprimées quant au risque que les glaces provenant de l’amont s’accumulent contre les piliers des ponts situés à proximité et provoquent des inondations.
Rétablir le passage des poissons
Pêches et Océans Canada soutient pour sa part que le retrait du barrage était nécessaire afin de restaurer le cours naturel de la rivière.
Selon le ministère fédéral, la structure pouvait entraver le passage des poissons en fonction du débit et des conditions de la rivière. Sa disparition doit notamment permettre au saumon atlantique, à l’anguille d’Amérique, à l’omble de fontaine, au gaspareau et à l’éperlan arc-en-ciel de circuler plus librement dans la rivière Kouchibouguac.
Cet argument ne convainc cependant pas tous les résidents. Certains soulignent que la pêche était déjà couramment pratiquée en amont du barrage et estiment que les ouvertures existantes permettaient aux poissons de franchir la structure.
Le projet s’inscrit dans une démarche de restauration de l’habitat naturel de la rivière.
