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9 Juillet 2025
Jean-Marie Nadeau visé publiquement par un opposant au changement de nom de l’Université
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Alors que Conseil de l’Université de Moncton ferme la porte à tout débat public sur sa dénomination, la discussion entre les promoteurs d’un changement de nom se poursuit, parfois âprement, sur les réseaux sociaux et dans les journaux. La semaine dernière, une lettre d’opinion publiée par nos confrères de l’Acadie Nouvelle a mis le feu aux poudres. Sans le nommer directement, son auteur s’en est pris à Jean-Marie Nadeau.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
C’est dans la chronique hebdomadaire qu’il publie dans Le Moniteur acadien que, le 8 février 2023, Jean-Marie Nadeau a relancé l’idée de changer le nom de l’Université de Moncton. Rapidement, un comité citoyen s’est formé pour porter le dossier. Une pétition a recueilli plus d’un millier de signatures, des personnalités de premier plan y côtoyant le commun des mortels.
L’institution universitaire a mandaté deux experts, Maurice Basque et Stéphanie Chouinard, pour produire un rapport sur la question. Suite à la publication de celui-ci, fin 2023, le Conseil de l’Université a décidé d’enterrer le dossier. Or, le comité citoyen n’a pas accepté de bon gré que sa demande rejoigne les précédentes au cimetière des initiatives rejetées.
Depuis, le scénario ressemble à celui du film « Le jour de la marmotte ». Régulièrement, le comité citoyen formule une réquisition, le conseil de l’université en prend connaissance et décide de ne pas y donner suite, et le comité citoyen annonce qu’il entend poursuivre ses démarches.
Par voie de presse et médias sociaux interposés, simples citoyens et autorités plus ou moins qualifiées argumentent et contre-argumentent, matérialisant de facto le débat auquel les instances universitaires refusent de participer. La semaine dernière, il ne s’est pratiquement pas passé une seule journée sans qu’un texte d’opinion ne paraisse dans l’Acadie Nouvelle sur ce sujet.
Vendredi 4 juillet, Édouard Allain, ancien directeur général de la Fédération des enseignants du Nouveau-Brunswick (FENB), a pointé du doigt Jean-Marie Nadeau qu’il ne nomme pas par son nom mais qu’il désigne sous le vocable d’« instigateur en chef du mouvement du changement de nom de l’Université de Moncton ».
Intitulée «Faire preuve de discernement», sa lettre d’opinion semble décliner une liste de griefs personnels envers Jean-Marie Nadeau afin d’aboutir à la conclusion selon laquelle, «pour toutes ces raisons, je veux me prononcer clairement et fièrement contre le changement de nom de notre université».
«Sans entrer dans des débats sur les définitions, je pense que discréditer publiquement des individus en raison de leurs opinions ne témoigne pas d'un véritable discernement. Que diriez-vous si l'on s'en prenait à vous personnellement dans le but apparent de mieux contredire vos arguments?», lui a répliqué en ligne Pierre Ouellette.
«Pour ma part, je souhaite simplement que l'Université adopte un nom francophone, et non celui du bourreau des Acadiens et Acadiennes. Cela dit, j'espère que vous ne chercherez pas à fouiller mon passé afin de mieux dévaloriser mon point de vue», a-t-il poursuivi.
Elle-même ancienne directrice générale de la FENB au même titre qu’Édouard Allain, Marilyn Boudreau est sortie de sa réserve pour dénoncer le «manque de tact» de celui qui fut son collègue et qu’elle déclare respecter tout en estimant qu’il aurait dû se garder une petite gêne.
«Défendre une position en attaquant une personne, un syndicaliste par le fait même, est non seulement un faux pas déplorable, mais un exemple de faiblesses d’arguments», a-t-elle affirmé.
Jean-Marie Nadeau répond noblement
Dès le lendemain, l’Acadie Nouvelle a publié la réponse du chroniqueur sociopolitique du Moniteur acadien. Déclinant ses états de service dans le milieu syndical et en faveur des enjeux acadiens, Jean-Marie Nadeau y répond point par point aux arguties de son contempteur.
«Monsieur Allain, vous ne m'avez jamais aimé, et c'est votre droit et une de vos faiblesses. Mais je ne vous en veux pas, puisque j'aime trop la vie pour me permettre du désamour! Et je remercie tous ceux et celles, nombreux et nombreuses, qui m'appuient sur Facebook et Opération nouveau nom depuis l'incident!», a conclu le militant.
Sa réponse a été saluée par Jean-Claude Basque, membre fondateur et ancien coordonnateur du Front commun pour la justice sociale.
«Pendant mes nombreuses années dans le mouvement syndical et social, je ne me souviens pas de la présence de M. Allain à des conférences, des lobbys, des lignes de piquetages de soutien aux luttes ou à des manifestations pour des droits. Cette absence en dit long», a exprimé le retraité, toujours impliqué dans différentes causes en faveur de la justice.
Le mot de la fin, jusqu’au prochain épisode, revient à Michel Charette dont l’expression se rapproche de celle des philosophes contemporains.
«Le discernement, c’est aussi reconnaître que le débat actuel dépasse les états d’âme personnels. Ramener une question identitaire collective à des griefs individuels, c’est précisément ce qui freine trop souvent le progrès dans notre société. Le changement de nom de l’université ne vise ni à effacer une histoire, ni à régler de vieux comptes, mais à ouvrir une nouvelle page, inclusive et rassembleuse. Le refuser au nom d’un ressentiment personnel, c’est manquer le rendez-vous avec l’avenir.»
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
C’est dans la chronique hebdomadaire qu’il publie dans Le Moniteur acadien que, le 8 février 2023, Jean-Marie Nadeau a relancé l’idée de changer le nom de l’Université de Moncton. Rapidement, un comité citoyen s’est formé pour porter le dossier. Une pétition a recueilli plus d’un millier de signatures, des personnalités de premier plan y côtoyant le commun des mortels.
L’institution universitaire a mandaté deux experts, Maurice Basque et Stéphanie Chouinard, pour produire un rapport sur la question. Suite à la publication de celui-ci, fin 2023, le Conseil de l’Université a décidé d’enterrer le dossier. Or, le comité citoyen n’a pas accepté de bon gré que sa demande rejoigne les précédentes au cimetière des initiatives rejetées.
Depuis, le scénario ressemble à celui du film « Le jour de la marmotte ». Régulièrement, le comité citoyen formule une réquisition, le conseil de l’université en prend connaissance et décide de ne pas y donner suite, et le comité citoyen annonce qu’il entend poursuivre ses démarches.
Par voie de presse et médias sociaux interposés, simples citoyens et autorités plus ou moins qualifiées argumentent et contre-argumentent, matérialisant de facto le débat auquel les instances universitaires refusent de participer. La semaine dernière, il ne s’est pratiquement pas passé une seule journée sans qu’un texte d’opinion ne paraisse dans l’Acadie Nouvelle sur ce sujet.
Vendredi 4 juillet, Édouard Allain, ancien directeur général de la Fédération des enseignants du Nouveau-Brunswick (FENB), a pointé du doigt Jean-Marie Nadeau qu’il ne nomme pas par son nom mais qu’il désigne sous le vocable d’« instigateur en chef du mouvement du changement de nom de l’Université de Moncton ».
Intitulée «Faire preuve de discernement», sa lettre d’opinion semble décliner une liste de griefs personnels envers Jean-Marie Nadeau afin d’aboutir à la conclusion selon laquelle, «pour toutes ces raisons, je veux me prononcer clairement et fièrement contre le changement de nom de notre université».
«Sans entrer dans des débats sur les définitions, je pense que discréditer publiquement des individus en raison de leurs opinions ne témoigne pas d'un véritable discernement. Que diriez-vous si l'on s'en prenait à vous personnellement dans le but apparent de mieux contredire vos arguments?», lui a répliqué en ligne Pierre Ouellette.
«Pour ma part, je souhaite simplement que l'Université adopte un nom francophone, et non celui du bourreau des Acadiens et Acadiennes. Cela dit, j'espère que vous ne chercherez pas à fouiller mon passé afin de mieux dévaloriser mon point de vue», a-t-il poursuivi.
Elle-même ancienne directrice générale de la FENB au même titre qu’Édouard Allain, Marilyn Boudreau est sortie de sa réserve pour dénoncer le «manque de tact» de celui qui fut son collègue et qu’elle déclare respecter tout en estimant qu’il aurait dû se garder une petite gêne.
«Défendre une position en attaquant une personne, un syndicaliste par le fait même, est non seulement un faux pas déplorable, mais un exemple de faiblesses d’arguments», a-t-elle affirmé.
Jean-Marie Nadeau répond noblement
Dès le lendemain, l’Acadie Nouvelle a publié la réponse du chroniqueur sociopolitique du Moniteur acadien. Déclinant ses états de service dans le milieu syndical et en faveur des enjeux acadiens, Jean-Marie Nadeau y répond point par point aux arguties de son contempteur.
«Monsieur Allain, vous ne m'avez jamais aimé, et c'est votre droit et une de vos faiblesses. Mais je ne vous en veux pas, puisque j'aime trop la vie pour me permettre du désamour! Et je remercie tous ceux et celles, nombreux et nombreuses, qui m'appuient sur Facebook et Opération nouveau nom depuis l'incident!», a conclu le militant.
Sa réponse a été saluée par Jean-Claude Basque, membre fondateur et ancien coordonnateur du Front commun pour la justice sociale.
«Pendant mes nombreuses années dans le mouvement syndical et social, je ne me souviens pas de la présence de M. Allain à des conférences, des lobbys, des lignes de piquetages de soutien aux luttes ou à des manifestations pour des droits. Cette absence en dit long», a exprimé le retraité, toujours impliqué dans différentes causes en faveur de la justice.
Le mot de la fin, jusqu’au prochain épisode, revient à Michel Charette dont l’expression se rapproche de celle des philosophes contemporains.
«Le discernement, c’est aussi reconnaître que le débat actuel dépasse les états d’âme personnels. Ramener une question identitaire collective à des griefs individuels, c’est précisément ce qui freine trop souvent le progrès dans notre société. Le changement de nom de l’université ne vise ni à effacer une histoire, ni à régler de vieux comptes, mais à ouvrir une nouvelle page, inclusive et rassembleuse. Le refuser au nom d’un ressentiment personnel, c’est manquer le rendez-vous avec l’avenir.»
