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4 Février 2026
Centrale au gaz : un spécialiste a présenté des solutions alternatives
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Trois intervenants ont pris la parole lors de la réunion d’information organisée à Cormier-Village par le collectif Action Cap-Acadie. Éric Tremblay et la docteure Renée Turcotte ont respectivement mis en garde contre les dangers pour l’environnement et la santé humaine, tandis qu’un analyste en régulation économique de l’énergie a réfuté le projet de centrale au gaz.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Le premier intervenant est Éric Tremblay, qui a travaillé pour Parcs Canada pendant plus de trois décennies en tant qu’écologiste. Sa présentation portait sur les impacts environnementaux de la centrale si elle était construite. Sa conclusion est sans appel : Cap-Acadie n’est pas à l’abri des conséquences.

«À Cap-Acadie, vous êtes dans les vents dominants, a-t-il indiqué. Ce qui va brûler dans l’usine va finir ici.»
Dans la grande région qui subirait les effets de la centrale, le biologiste a répertorié 18 zones sensibles de biodiversité, comprenant 117 plantes vasculaires et 39 non-vasculaires, ainsi que des espèces animales rares ou protégées (135 vertébrés et 30 invertébrés).
Évidemment, ce qui est néfaste pour les animaux et les végétaux l’est aussi pour l’homme, ainsi que l’a rappelé Dre Renée Turcotte, présidente de la branche néo-brunswickoise de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME).
«On est chanceux de n’avoir perdu personne lors des deux de forêt de l’été 2025, mais on parle très peu des coûts émotionnels et économiques sur les gens qui subissent ces catastrophes, a-t-elle dit. Si le Canada atteint ses objectifs en matière de climat, nous sauverons environ 112 000 vies entre 2030 et 2050 grâce aux seules améliorations de la qualité de l’air.»
Le troisième et dernier intervenant s’est exprimé par téléconférence depuis l’île de la Réunion. Jean-Pierre Finet est analyste en régulation économique de l’énergie.
Selon lui, la justification avancée par Énergie Nouveau-Brunswick — éviter des pénuries d’électricité à partir de 2028 — repose sur une lecture exagérée de la situation. Les besoins supplémentaires visés concerneraient uniquement quelques heures par année, lors des pointes de consommation matinales et en fin de journée en semaine. «La consommation d’électricité pendant les périodes de pointe est gérable autrement», a-t-il affirmé.
Pression déraisonnable
L’analyste a aussi mis en garde contre le rôle des centres de données envisagés, qui consommeraient la majeure partie de l’énergie et de la puissance produites par la future centrale thermique. «La demande industrielle peut exercer une pression déraisonnable sur l’obligation de distribution d’Énergie NB et favoriser une hausse des tarifs pour les consommateurs résidentiels», a-t-il soutenu.
Rappelons qu’Énergie NB a déjà augmenté ses tarifs de 23% au cours des trois dernières années et souhaite les augmenter de 4,75% supplémentaires en avril. Selon ses prévisions, la centrale projetée entraînerait une nouvelle hausse tarifaire de 4 à 5%. Ce dernier chiffre équivaudrait à ajouter de 75 à 250 $ à la facture annuelle.
Jean-Pierre Finet a replacé le projet dans le contexte du Plan intégré des ressources du Nouveau-Brunswick, qui vise la carboneutralité d’ici 2035 tout en maintenant une proportion de 40% d’énergie renouvelable dans le bouquet énergétique. Il estime que le projet de centrale au gaz est présenté à tort comme l’option la plus économique. «La solution thermique carbonée, fondée sur un combustible fossile, est injustement comparée à des solutions électriques non carbonées reposant sur des énergies renouvelables», a-t-il expliqué.
Pour répondre aux enjeux de la gestion de la pointe, l’expert a évoqué des solutions technologiques et tarifaires moins coûteuses. Il a notamment cité le stockage thermique, comme le chauffage de l’eau et des bâtiments par accumulation de chaleur, déjà mis en œuvre à Summerside, à l’Île-du-Prince-Édouard, avec le programme Heat for Less. En ce qui concerne le stockage électrochimique, il a rappelé que le prix des batteries est en chute constante.
Jean-Pierre Finet a conclu en affirmant que la gestion des pointes de demande peut se faire autrement que par la construction d’une centrale thermique, sans compromettre la fiabilité du réseau.
Damien Dauphin
Le Moniteur Acadien – IJL
Le premier intervenant est Éric Tremblay, qui a travaillé pour Parcs Canada pendant plus de trois décennies en tant qu’écologiste. Sa présentation portait sur les impacts environnementaux de la centrale si elle était construite. Sa conclusion est sans appel : Cap-Acadie n’est pas à l’abri des conséquences.

«À Cap-Acadie, vous êtes dans les vents dominants, a-t-il indiqué. Ce qui va brûler dans l’usine va finir ici.»
Dans la grande région qui subirait les effets de la centrale, le biologiste a répertorié 18 zones sensibles de biodiversité, comprenant 117 plantes vasculaires et 39 non-vasculaires, ainsi que des espèces animales rares ou protégées (135 vertébrés et 30 invertébrés).
Évidemment, ce qui est néfaste pour les animaux et les végétaux l’est aussi pour l’homme, ainsi que l’a rappelé Dre Renée Turcotte, présidente de la branche néo-brunswickoise de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME).
«On est chanceux de n’avoir perdu personne lors des deux de forêt de l’été 2025, mais on parle très peu des coûts émotionnels et économiques sur les gens qui subissent ces catastrophes, a-t-elle dit. Si le Canada atteint ses objectifs en matière de climat, nous sauverons environ 112 000 vies entre 2030 et 2050 grâce aux seules améliorations de la qualité de l’air.»
Le troisième et dernier intervenant s’est exprimé par téléconférence depuis l’île de la Réunion. Jean-Pierre Finet est analyste en régulation économique de l’énergie.
Selon lui, la justification avancée par Énergie Nouveau-Brunswick — éviter des pénuries d’électricité à partir de 2028 — repose sur une lecture exagérée de la situation. Les besoins supplémentaires visés concerneraient uniquement quelques heures par année, lors des pointes de consommation matinales et en fin de journée en semaine. «La consommation d’électricité pendant les périodes de pointe est gérable autrement», a-t-il affirmé.
Pression déraisonnable
L’analyste a aussi mis en garde contre le rôle des centres de données envisagés, qui consommeraient la majeure partie de l’énergie et de la puissance produites par la future centrale thermique. «La demande industrielle peut exercer une pression déraisonnable sur l’obligation de distribution d’Énergie NB et favoriser une hausse des tarifs pour les consommateurs résidentiels», a-t-il soutenu.
Rappelons qu’Énergie NB a déjà augmenté ses tarifs de 23% au cours des trois dernières années et souhaite les augmenter de 4,75% supplémentaires en avril. Selon ses prévisions, la centrale projetée entraînerait une nouvelle hausse tarifaire de 4 à 5%. Ce dernier chiffre équivaudrait à ajouter de 75 à 250 $ à la facture annuelle.
Jean-Pierre Finet a replacé le projet dans le contexte du Plan intégré des ressources du Nouveau-Brunswick, qui vise la carboneutralité d’ici 2035 tout en maintenant une proportion de 40% d’énergie renouvelable dans le bouquet énergétique. Il estime que le projet de centrale au gaz est présenté à tort comme l’option la plus économique. «La solution thermique carbonée, fondée sur un combustible fossile, est injustement comparée à des solutions électriques non carbonées reposant sur des énergies renouvelables», a-t-il expliqué.
Pour répondre aux enjeux de la gestion de la pointe, l’expert a évoqué des solutions technologiques et tarifaires moins coûteuses. Il a notamment cité le stockage thermique, comme le chauffage de l’eau et des bâtiments par accumulation de chaleur, déjà mis en œuvre à Summerside, à l’Île-du-Prince-Édouard, avec le programme Heat for Less. En ce qui concerne le stockage électrochimique, il a rappelé que le prix des batteries est en chute constante.
Jean-Pierre Finet a conclu en affirmant que la gestion des pointes de demande peut se faire autrement que par la construction d’une centrale thermique, sans compromettre la fiabilité du réseau.
