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18 Juin 2025
Le Nouveau-Brunswick veut freiner l’exode de futurs paramédicaux grâce à un programme de bourses
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Le gouvernement du Nouveau-Brunswick investira 6,5 millions de dollars pour faciliter l’accès aux formations en soins paramédicaux et en techniques d’urgence médicale. Un programme de bourses permettra de rembourser les frais d’études aux personnes qui accepteront de travailler pour Ambulance Nouveau-Brunswick après l’obtention de leur diplôme.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Quiconque est confronté à un problème de santé souhaite obtenir de l’aide le plus rapidement possible. Dans les cas les plus graves, chaque minute compte.

La base d’Ambulance NB à Moncton, chemin Gorge. (Photo : Damien Dauphin)
Le 9 juin dernier, alors que les maires de Grand-Bouctouche et de Memramcook participaient à l’émission PPJJ politique sur les ondes de CJSE, un auditeur a signalé à Aldéo Saulnier le cas d’un homme ayant attendu 86 minutes pour qu’une ambulance vienne le chercher après s’être fracturé la hanche en tombant chez lui.
Ce délai s’expliquerait notamment par le manque de personnel, aggravé par les temps de déchargement des patients dans les hôpitaux, en particulier à Moncton.
«Lorsque les gens du Nouveau-Brunswick appellent les services d’urgence, ils s’attendent à ce que quelqu’un leur vienne en aide», a déclaré le ministre de la Santé, John Dornan.
Ambulance Nouveau-Brunswick manque en moyenne de 28 % de travailleurs paramédicaux chaque jour, selon les propres statistiques de l’organisme. Le service est financé pour plus de 1 000 postes — incluant les services terrestres, aériens et de répartition des appels 911 — mais environ 200 postes restent vacants.
«Aujourd’hui, nous investissons dans les personnes qui répondent à ces appels médicaux d’urgence», a poursuivi le ministre lors d’une conférence de presse tenue mercredi 11 juin à la base d’Ambulance NB, chemin Gorge à Moncton. «Les besoins augmentent au Nouveau-Brunswick, et c’est pourquoi nous prenons des mesures proactives pour former une réserve de professionnels qualifiés en vue de pourvoir les postes vacants actuels et futurs au sein d’Ambulance Nouveau-Brunswick.»
Le programme prévoit que les étudiants en soins paramédicaux primaires et avancés devront s’engager pour un retour de service de deux ans, tandis que ceux inscrits en techniques d’urgence médicale signeront une entente d’un an. La bourse sera versée en deux étapes : une moitié lors de l’entrée en fonction, l’autre à la fin de la période de retour de service.
Concrètement, 75 bourses seront attribuées cette année à des étudiants déjà inscrits en soins paramédicaux primaires. Le gouvernement prévoit également soutenir 166 nouvelles inscriptions pour l’année scolaire 2025-2026.
Parallèlement, des bourses seront offertes à un maximum de 32 personnes en formation avancée d’ici au 31 mars 2026. Jusqu’à 39 bourses sont aussi prévues pour des diplômés en technique d’urgence médicale. Quatorze personnes doivent d’ailleurs entamer sous peu une formation en anglais à Moncton, par l’intermédiaire de Medavie ÉduSanté. Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick proposera également ce type de formation.
Retenir les Néo-Brunswickois dans la province
Avec cette initiative, Fredericton emboîte le pas à la Nouvelle-Écosse qui, dès l’an dernier, a annoncé la prise en charge complète des frais de scolarité pour plus de 460 aspirants ambulanciers paramédicaux et intervenants médicaux d’urgence.
Cette politique avait poussé plusieurs étudiants néo-brunswickois à traverser la frontière pour profiter de ce soutien. Le Nouveau-Brunswick espère désormais inverser la tendance.
«Je pense que c’est un excellent premier pas», a réagi Joel Mattatall, cofondateur d’Omni Life Support & OLS Academy. «Quand les gens commenceront à travailler dans une station, ils s’enracineront. Ils fonderont une famille. Nous ne les verrons pas partir.»
Pour Craig Dalton, directeur général d’Extra-Mural / Ambulance Nouveau-Brunswick, cette mesure contribuera à rendre la profession plus accessible. «Grâce à cet investissement important, nous pourrons nous attaquer à l’un de nos plus grands défis, c’est-à-dire le recrutement de personnel paramédical, ce qui permettra d’améliorer l’accès aux services pour les patients et de réduire la pression sur le personnel en place.»
Rebecca Bird, ambulancière ayant quitté sa carrière de pharmacienne pour se tourner vers les soins paramédicaux, a raconté qu’elle avait dû compter sur l’aide de ses parents pour suivre sa formation. «J’aurais aimé pouvoir bénéficier d’une bourse, a-t-elle confié, mais je me réjouis que la prochaine cohorte puisse en profiter.»
Interrogé sur la possibilité de prolonger ce programme au-delà de l’année universitaire 2025-2026, John Dornan a indiqué qu’une évaluation de son impact serait réalisée avant toute décision future.
Jackpot de 2 millions $ pour John Dornan
La province et l'actuel ministre de la Santé, le Dr John Dornan, ont réglé une bataille juridique concernant son congédiement en tant que président et chef de la direction du Réseau de santé Horizon pour 1 785 000 $, en plus des 360 000 $ qu'il a reçus immédiatement après son licenciement.

John Dornan lors d’une visite au collège Oulton à Moncton, le 26 février dernier. (Photo : Damien Dauphin)
Quelques jours après le décès d’un patient de Fredericton en juillet 2022, Dornan avait été publiquement démis de ses fonctions par le premier ministre de l’époque, Blaine Higgs. Il n’occupait ce poste que depuis quelques mois.
Il a réagi en déposant une plainte pour congédiement injustifié et s'est vu accorder 2 millions de dollars par un arbitre du travail. La province a fait appel de cette décision, mais a finalement conclu un accord à l'amiable avec Dornan au début de l'année dernière.
Jusqu'à présent, le montant exact qui lui avait été versé demeurait un mystère. La province et lui ont dû renoncer à une entente de confidentialité pour que les sommes, imposables, soient divulguées.
«Le montant total du règlement qui m'a été accordé s'élève à 1 785 000 $, versé le 18 avril 2024, les impôts étant dûment retenus. Lors de mon licenciement initial, j'ai perçu 360 000 $, soit l'équivalent d'une année de salaire pour ce poste. Tous les frais juridiques et impôts associés ont été intégralement réglés», a indiqué John Dornan dans une déclaration écrite.
Quelques mois après son licenciement, Dornan, endocrinologue, était de retour chez Horizon. L'année dernière, il a décidé de se lancer en politique provinciale et a remporté haut la main sa circonscription de Saint John Portland-Simonds.
Dans son poste actuel, John Dornan perçoit le salaire de base d'un député provincial, soit 93 126 $. De plus, il perçoit 52 614 $ en tant que ministre.
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Damien Dauphin
IJL – Réseau.Presse – Le Moniteur Acadien
Quiconque est confronté à un problème de santé souhaite obtenir de l’aide le plus rapidement possible. Dans les cas les plus graves, chaque minute compte.

La base d’Ambulance NB à Moncton, chemin Gorge. (Photo : Damien Dauphin)
Le 9 juin dernier, alors que les maires de Grand-Bouctouche et de Memramcook participaient à l’émission PPJJ politique sur les ondes de CJSE, un auditeur a signalé à Aldéo Saulnier le cas d’un homme ayant attendu 86 minutes pour qu’une ambulance vienne le chercher après s’être fracturé la hanche en tombant chez lui.
Ce délai s’expliquerait notamment par le manque de personnel, aggravé par les temps de déchargement des patients dans les hôpitaux, en particulier à Moncton.
«Lorsque les gens du Nouveau-Brunswick appellent les services d’urgence, ils s’attendent à ce que quelqu’un leur vienne en aide», a déclaré le ministre de la Santé, John Dornan.
Ambulance Nouveau-Brunswick manque en moyenne de 28 % de travailleurs paramédicaux chaque jour, selon les propres statistiques de l’organisme. Le service est financé pour plus de 1 000 postes — incluant les services terrestres, aériens et de répartition des appels 911 — mais environ 200 postes restent vacants.
«Aujourd’hui, nous investissons dans les personnes qui répondent à ces appels médicaux d’urgence», a poursuivi le ministre lors d’une conférence de presse tenue mercredi 11 juin à la base d’Ambulance NB, chemin Gorge à Moncton. «Les besoins augmentent au Nouveau-Brunswick, et c’est pourquoi nous prenons des mesures proactives pour former une réserve de professionnels qualifiés en vue de pourvoir les postes vacants actuels et futurs au sein d’Ambulance Nouveau-Brunswick.»
Le programme prévoit que les étudiants en soins paramédicaux primaires et avancés devront s’engager pour un retour de service de deux ans, tandis que ceux inscrits en techniques d’urgence médicale signeront une entente d’un an. La bourse sera versée en deux étapes : une moitié lors de l’entrée en fonction, l’autre à la fin de la période de retour de service.
Concrètement, 75 bourses seront attribuées cette année à des étudiants déjà inscrits en soins paramédicaux primaires. Le gouvernement prévoit également soutenir 166 nouvelles inscriptions pour l’année scolaire 2025-2026.
Parallèlement, des bourses seront offertes à un maximum de 32 personnes en formation avancée d’ici au 31 mars 2026. Jusqu’à 39 bourses sont aussi prévues pour des diplômés en technique d’urgence médicale. Quatorze personnes doivent d’ailleurs entamer sous peu une formation en anglais à Moncton, par l’intermédiaire de Medavie ÉduSanté. Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick proposera également ce type de formation.
Retenir les Néo-Brunswickois dans la province
Avec cette initiative, Fredericton emboîte le pas à la Nouvelle-Écosse qui, dès l’an dernier, a annoncé la prise en charge complète des frais de scolarité pour plus de 460 aspirants ambulanciers paramédicaux et intervenants médicaux d’urgence.
Cette politique avait poussé plusieurs étudiants néo-brunswickois à traverser la frontière pour profiter de ce soutien. Le Nouveau-Brunswick espère désormais inverser la tendance.
«Je pense que c’est un excellent premier pas», a réagi Joel Mattatall, cofondateur d’Omni Life Support & OLS Academy. «Quand les gens commenceront à travailler dans une station, ils s’enracineront. Ils fonderont une famille. Nous ne les verrons pas partir.»
Pour Craig Dalton, directeur général d’Extra-Mural / Ambulance Nouveau-Brunswick, cette mesure contribuera à rendre la profession plus accessible. «Grâce à cet investissement important, nous pourrons nous attaquer à l’un de nos plus grands défis, c’est-à-dire le recrutement de personnel paramédical, ce qui permettra d’améliorer l’accès aux services pour les patients et de réduire la pression sur le personnel en place.»
Rebecca Bird, ambulancière ayant quitté sa carrière de pharmacienne pour se tourner vers les soins paramédicaux, a raconté qu’elle avait dû compter sur l’aide de ses parents pour suivre sa formation. «J’aurais aimé pouvoir bénéficier d’une bourse, a-t-elle confié, mais je me réjouis que la prochaine cohorte puisse en profiter.»
Interrogé sur la possibilité de prolonger ce programme au-delà de l’année universitaire 2025-2026, John Dornan a indiqué qu’une évaluation de son impact serait réalisée avant toute décision future.
Jackpot de 2 millions $ pour John Dornan
La province et l'actuel ministre de la Santé, le Dr John Dornan, ont réglé une bataille juridique concernant son congédiement en tant que président et chef de la direction du Réseau de santé Horizon pour 1 785 000 $, en plus des 360 000 $ qu'il a reçus immédiatement après son licenciement.

John Dornan lors d’une visite au collège Oulton à Moncton, le 26 février dernier. (Photo : Damien Dauphin)
Quelques jours après le décès d’un patient de Fredericton en juillet 2022, Dornan avait été publiquement démis de ses fonctions par le premier ministre de l’époque, Blaine Higgs. Il n’occupait ce poste que depuis quelques mois.
Il a réagi en déposant une plainte pour congédiement injustifié et s'est vu accorder 2 millions de dollars par un arbitre du travail. La province a fait appel de cette décision, mais a finalement conclu un accord à l'amiable avec Dornan au début de l'année dernière.
Jusqu'à présent, le montant exact qui lui avait été versé demeurait un mystère. La province et lui ont dû renoncer à une entente de confidentialité pour que les sommes, imposables, soient divulguées.
«Le montant total du règlement qui m'a été accordé s'élève à 1 785 000 $, versé le 18 avril 2024, les impôts étant dûment retenus. Lors de mon licenciement initial, j'ai perçu 360 000 $, soit l'équivalent d'une année de salaire pour ce poste. Tous les frais juridiques et impôts associés ont été intégralement réglés», a indiqué John Dornan dans une déclaration écrite.
Quelques mois après son licenciement, Dornan, endocrinologue, était de retour chez Horizon. L'année dernière, il a décidé de se lancer en politique provinciale et a remporté haut la main sa circonscription de Saint John Portland-Simonds.
Dans son poste actuel, John Dornan perçoit le salaire de base d'un député provincial, soit 93 126 $. De plus, il perçoit 52 614 $ en tant que ministre.
