Opinion
10 Février 2026
De l’école anglaise aux réseaux sociaux : après l’assimilation d’hier, l’érosion d’aujourd’hui ?
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Autrefois, j’ai presque perdu ma langue et ma culture françaises.
La paroisse de Sainte-Anne de Kent est le lieu de ma naissance. Une fois rendu à l’école, tous les manuels de classe étaient rédigés en anglais, sauf le catéchisme. Après avoir terminé ma huitième année, ma mère a entrepris des démarches auprès d’une autorité scolaire de Bouctouche pour m’inscrire à l’école.
Monsieur McKee m’a généreusement accepté. Par contre, il a bien précisé les consignes. Votre enfant ne doit pas déranger l’enseignant, ni la classe, ni le directeur d'école sans quoi on le mettra tout simplement à la porte de l’école. J’ai donc obéi!
A l’Université Saint-Joseph, ma langue et ma culture françaises étaient donc très pauvres, pour ne pas dire médiocres. Les professeurs, bien que très chrétiens, lisaient à haute voix mes rédactions en classe sans révéler le nom de l’auteur. Certains étudiants riaient chaudement lorsqu’ils entendaient le contenu de mes textes. Pour éviter qu’on sache le nom de l’auteur, hypocritement, je riais moi aussi en tournant la tête en arrière pour faire semblant que c’était un autre étudiant!
Si durant ma carrière, j’ai principalement consacré ma vie à l’éducation, à la sauvegarde de la langue et de la culture de nos ancêtres, je me demande depuis quelques années si l’usage abusif des réseaux sociaux ne nuisent pas culturellement, socialement et linguistiquement aux multiples efforts des parents, des professionnels des écoles, des collèges communautaires et des universités.
Je crois sincèrement qu’une étude sérieuse s’impose, car notre langue et notre culture héritées de nos ancêtres ne doivent pas disparaître.
Aux chercheurs qui veulent un sérieux défi, je vous le soumets humblement avec l'espoir qu'ils vous intéressent. Je vous dis déjà merci!
Alcide F.LeBlanc
Moncton
La paroisse de Sainte-Anne de Kent est le lieu de ma naissance. Une fois rendu à l’école, tous les manuels de classe étaient rédigés en anglais, sauf le catéchisme. Après avoir terminé ma huitième année, ma mère a entrepris des démarches auprès d’une autorité scolaire de Bouctouche pour m’inscrire à l’école.
Monsieur McKee m’a généreusement accepté. Par contre, il a bien précisé les consignes. Votre enfant ne doit pas déranger l’enseignant, ni la classe, ni le directeur d'école sans quoi on le mettra tout simplement à la porte de l’école. J’ai donc obéi!
A l’Université Saint-Joseph, ma langue et ma culture françaises étaient donc très pauvres, pour ne pas dire médiocres. Les professeurs, bien que très chrétiens, lisaient à haute voix mes rédactions en classe sans révéler le nom de l’auteur. Certains étudiants riaient chaudement lorsqu’ils entendaient le contenu de mes textes. Pour éviter qu’on sache le nom de l’auteur, hypocritement, je riais moi aussi en tournant la tête en arrière pour faire semblant que c’était un autre étudiant!
Si durant ma carrière, j’ai principalement consacré ma vie à l’éducation, à la sauvegarde de la langue et de la culture de nos ancêtres, je me demande depuis quelques années si l’usage abusif des réseaux sociaux ne nuisent pas culturellement, socialement et linguistiquement aux multiples efforts des parents, des professionnels des écoles, des collèges communautaires et des universités.
Je crois sincèrement qu’une étude sérieuse s’impose, car notre langue et notre culture héritées de nos ancêtres ne doivent pas disparaître.
Aux chercheurs qui veulent un sérieux défi, je vous le soumets humblement avec l'espoir qu'ils vous intéressent. Je vous dis déjà merci!
Alcide F.LeBlanc
Moncton
