Opinion
5 Janvier 2026
La langue française doit prévaloir, un an plus tard !
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La langue française constitue le socle de la culture acadienne. C’était la phrase introductive de ma lettre d’opinion l’an passé à un jour près. En me basant sur les bons coups de cette année, nous ne célèbrerons pas notre si belle langue française pour sa vitalité rehaussée en 2025 mis à part quelques exceptions (ex : politique linguistique à Bois-Joli / jugement d’un tribunal forçant la régie Horizon à verser des dommages et intérêts à un citoyen dont les droits linguistiques avaient été violés).
En revanche, la prochaine année 2026 pourrait nous mener vers certains gains importants en faveur du fait français dans notre province. D’abord et sous l’égide de la première ministre Holt, la révision quinquennale de la Loi sur les langues officielles du N.-B. prévue initialement pour 2031, est avancée au 31 décembre 2026 et le nouveau Comité permanent des langues officielles est chargé de l’exercice de sa révision. Dans sa mouture actuelle, la Loi sur les langues officielles ne permet pas d’améliorer l’état du fait français de façon significative, car elle ne s’applique pas au secteur privé/commercial et c’est particulièrement là que le bât blesse.
Malgré cela, il serait important que le législateur et l’ensemble des députés reconnaissent l’urgence linguistique d’agir pour permettre un réel rayonnement de la langue française dans les collectivités acadiennes en y reconnaissant/introduisant une asymétrie nécessaire : le français étant en situation minoritaire dans notre province, au Canada et en Amérique du Nord. Cette asymétrie, clairement inscrite dans la nouvelle version de la LLO.NB, reconnaîtrait que les deux communautés linguistiques n’ont pas les mêmes besoins et que des actions ciblées sont requises pour maintenir l’équilibre historique. C’est ainsi que le nouveau projet de loi à venir, sous la présidence du vice-président de la Chambre et député de Kent-Sud, Benoit Bourque, inclura normalement des dispositions spécifiques pour protéger et promouvoir notre francophonie acadienne et pour contrer l’assimilation.
S’ensuivront ainsi logiquement d’autres mesures comme l’augmentation de 20% à 30% du seuil linguistique qui, une fois atteint, oblige les municipalités à offrir ses services dans les deux langues officielles selon l’article 35 de cette même Loi sur les langues officielles. En mars 2024, l’AFMNB affirmait déjà que ce seuil devrait être haussé et également à cette époque la Commissaire aux langues officielles, Shirley MacLean, avait proposé que le seuil soit révisé au minimum lors de chaque Recensement. Le déclin considérable du français dans les régions du Sud-Est et du comté de Kent requiert une telle mesure positive.
En outre, et principal cheval de bataille du Cercle acadien de la langue française (la langue d’affichage), une réelle mise-en-œuvre de la politique d’affichage public du gouvernement du N.-B. par le ministère des Transports et de l’Infrastructure est souhaitée afin que l’ensemble des panneaux gouvernementaux de la signalisation routière dans les régions majoritairement francophones du N.-B. présente le français au-dessus ou à la gauche de l’anglais.
Le précédent gouvernement progressiste-conservateur, pour rappel, avait déjà débuté le travail en remplaçant les panneaux Stop/Arrêt par des panneaux Arrêt/Stop dans les quartiers de Cocagne, Notre-Dame et Grande-Digue du gouvernement local de Beausoleil. L’affichage local demeurera toujours sous juridiction municipale et de ce fait disponible comme outil d’affirmation pour les communautés qui souhaitent présenter leur identité linguistique différemment. Espérons qu’en 2026, les municipalités des Hautes-Terres et de Caraquet continueront à être des championnes sur le plan de l’affichage de voirie avec prédominance du français et que d’autres suivront leur exemple.
Dans un autre ordre d’idées, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick a récemment annoncé que les États généraux de l’Acadie se tiendront à Edmundston en juin prochain. La SANB a dévoilé les cinq thèmes principaux qui serviront de base de discussions et étonnamment aucun ne porte spécifiquement sur l’état du fait français dans les collectivités acadiennes. La grande importance de la vitalité de la langue française pour l’émancipation du peuple acadien devrait constituer le socle de ces États généraux et il n’est sûrement pas trop tard pour l’inscrire plus explicitement. L’urgence linguistique actuelle ne nous permet pas de dire « c’est sous-entendu ». Est-ce que l’assimilation galopante est également sous-entendue ? En bref, les États généraux doivent créer un réel élan positif pour le rayonnement de la langue française dans toutes les sphères d’activités de la société acadienne. Vivement l’Université de … à suivre, n’est-ce pas?
Finalement, j’applaudis la décision du Canada de se porter candidat pour accueillir le Sommet de la Francophonie à Ottawa en 2028 et la décision finale sera prise en novembre 2026 lors du prochain Sommet au Cambodge.
Pour conclure à l’approche de 2026, je « nous » souhaite davantage d’affichage commercial en français et des arrêtés municipaux qui l’assure; un réel cinéma « francophone » à Dieppe comme ceux de Caraquet/Tracadie/Edmundston; une politique linguistique révisée d’avenir pour la Ville de Moncton; une décision positive/favorable de la Commissaire aux langues officielles en lien avec la Société d’État Alcool NB et l’obligation de ses franchisés « agent » de respecter la LLO.NB; et surtout des Acadiens et des Acadiennes qui saisissent davantage l’importance d’agir plus « vigoureusement » pour assurer la plus grande vitalité possible de la langue française dans toutes les collectivités acadiennes.
Mathieu Gérald CAISSIE
Fondateur du Cercle acadien de la langue française
Cocagne
En revanche, la prochaine année 2026 pourrait nous mener vers certains gains importants en faveur du fait français dans notre province. D’abord et sous l’égide de la première ministre Holt, la révision quinquennale de la Loi sur les langues officielles du N.-B. prévue initialement pour 2031, est avancée au 31 décembre 2026 et le nouveau Comité permanent des langues officielles est chargé de l’exercice de sa révision. Dans sa mouture actuelle, la Loi sur les langues officielles ne permet pas d’améliorer l’état du fait français de façon significative, car elle ne s’applique pas au secteur privé/commercial et c’est particulièrement là que le bât blesse.
Malgré cela, il serait important que le législateur et l’ensemble des députés reconnaissent l’urgence linguistique d’agir pour permettre un réel rayonnement de la langue française dans les collectivités acadiennes en y reconnaissant/introduisant une asymétrie nécessaire : le français étant en situation minoritaire dans notre province, au Canada et en Amérique du Nord. Cette asymétrie, clairement inscrite dans la nouvelle version de la LLO.NB, reconnaîtrait que les deux communautés linguistiques n’ont pas les mêmes besoins et que des actions ciblées sont requises pour maintenir l’équilibre historique. C’est ainsi que le nouveau projet de loi à venir, sous la présidence du vice-président de la Chambre et député de Kent-Sud, Benoit Bourque, inclura normalement des dispositions spécifiques pour protéger et promouvoir notre francophonie acadienne et pour contrer l’assimilation.
S’ensuivront ainsi logiquement d’autres mesures comme l’augmentation de 20% à 30% du seuil linguistique qui, une fois atteint, oblige les municipalités à offrir ses services dans les deux langues officielles selon l’article 35 de cette même Loi sur les langues officielles. En mars 2024, l’AFMNB affirmait déjà que ce seuil devrait être haussé et également à cette époque la Commissaire aux langues officielles, Shirley MacLean, avait proposé que le seuil soit révisé au minimum lors de chaque Recensement. Le déclin considérable du français dans les régions du Sud-Est et du comté de Kent requiert une telle mesure positive.
En outre, et principal cheval de bataille du Cercle acadien de la langue française (la langue d’affichage), une réelle mise-en-œuvre de la politique d’affichage public du gouvernement du N.-B. par le ministère des Transports et de l’Infrastructure est souhaitée afin que l’ensemble des panneaux gouvernementaux de la signalisation routière dans les régions majoritairement francophones du N.-B. présente le français au-dessus ou à la gauche de l’anglais.
Le précédent gouvernement progressiste-conservateur, pour rappel, avait déjà débuté le travail en remplaçant les panneaux Stop/Arrêt par des panneaux Arrêt/Stop dans les quartiers de Cocagne, Notre-Dame et Grande-Digue du gouvernement local de Beausoleil. L’affichage local demeurera toujours sous juridiction municipale et de ce fait disponible comme outil d’affirmation pour les communautés qui souhaitent présenter leur identité linguistique différemment. Espérons qu’en 2026, les municipalités des Hautes-Terres et de Caraquet continueront à être des championnes sur le plan de l’affichage de voirie avec prédominance du français et que d’autres suivront leur exemple.
Dans un autre ordre d’idées, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick a récemment annoncé que les États généraux de l’Acadie se tiendront à Edmundston en juin prochain. La SANB a dévoilé les cinq thèmes principaux qui serviront de base de discussions et étonnamment aucun ne porte spécifiquement sur l’état du fait français dans les collectivités acadiennes. La grande importance de la vitalité de la langue française pour l’émancipation du peuple acadien devrait constituer le socle de ces États généraux et il n’est sûrement pas trop tard pour l’inscrire plus explicitement. L’urgence linguistique actuelle ne nous permet pas de dire « c’est sous-entendu ». Est-ce que l’assimilation galopante est également sous-entendue ? En bref, les États généraux doivent créer un réel élan positif pour le rayonnement de la langue française dans toutes les sphères d’activités de la société acadienne. Vivement l’Université de … à suivre, n’est-ce pas?
Finalement, j’applaudis la décision du Canada de se porter candidat pour accueillir le Sommet de la Francophonie à Ottawa en 2028 et la décision finale sera prise en novembre 2026 lors du prochain Sommet au Cambodge.
Pour conclure à l’approche de 2026, je « nous » souhaite davantage d’affichage commercial en français et des arrêtés municipaux qui l’assure; un réel cinéma « francophone » à Dieppe comme ceux de Caraquet/Tracadie/Edmundston; une politique linguistique révisée d’avenir pour la Ville de Moncton; une décision positive/favorable de la Commissaire aux langues officielles en lien avec la Société d’État Alcool NB et l’obligation de ses franchisés « agent » de respecter la LLO.NB; et surtout des Acadiens et des Acadiennes qui saisissent davantage l’importance d’agir plus « vigoureusement » pour assurer la plus grande vitalité possible de la langue française dans toutes les collectivités acadiennes.
Mathieu Gérald CAISSIE
Fondateur du Cercle acadien de la langue française
Cocagne
