Opinion
25 Février 2025
La mère du Peuple
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L’Acadie est «devenue»! Nous avons redressé l’échine et «les possibles sont infinis».
Comme un pèlerinage, sur la route entre la Capitale de l’Acadie et le Pays de la Sagouine, en passant devant la Caisse UNI de Néguac et en voyant tous ces drapeaux en berne, cela me rentre dedans comme une épée en plein cœur. Une grande douleur, tel un coup de tonnerre précédé d’un éclair fulgurant qui illumine le ciel en le déchirant.
Nous pleurons tous notre grande Antonine. Nous sommes les orphelins de la mère du peuple acadien.
Cet être de lumière qui nous a rendu si fiers de qui nous sommes! Notre génie de la langue française, de la langue acadienne.
Elle était celle qui grâce à nous et avec nous «sommes devenus». Elle nous a mis sur la carte du monde. Fidèle à mère Jeanne de Valois, directrice du Collège Notre Dame d’Acadie, qui avait dit aux quatre premiers récipiendaires du bac, dont Antonine:
« En 50 ans, c’est vous qui aurez décidé si l’Acadie survivra, ou pas. C’est votre génération qui va le faire, et ce sont les femmes qui le feront. Parce que c’est l’éducation, la culture, la mémoire, la transmission du savoir qui va décider si on garde l’Acadie vivante. L’Acadie est là parce qu’elle a gardé sa langue et son histoire. » (extrait de l’Acadie Nouvelle, Jean Saint-Cyr, 15 août 2014).
Antonine a réussi le pari, nous avons réussi!
On peut se demander quel impact le départ de cette Chancelière aura sur notre université, sans doute sera-t-elle inspirée par cette géante aux yeux perçants qui voyait si loin pour notre peuple lui traçant sa voie unique pour contourner l’assimilation. Aura-t-elle enfin le courage de se nommer telle que nous sommes?
Je garde précieusement dans mon cœur et dans ma mémoire les moments privilégiés vécus avec Antonine, comment elle nous donnait de l’importance et nous faisait sentir bien en sa présence.
Je me rappelle lorsque j’étais directrice générale de la Société Nationale de l’Acadie, où, entre-autres, nous sommes allées manger des «lobster rolls» chez elle dans son phare, au fond de la Baie de Bouctouche, et marcher sur le bord de la mer. Je repense à un autre moment, lors du décès de mon frère Claude, où elle lui a rendu hommage pour son œuvre littéraire et historique sur notre Acadie perdue et retrouvée.
Maintenant, telle une enfant qui en perdant sa maman réalise soudainement que c’est à elle à présent de porter le flambeau, que cela repose sur nos épaules si l’Acadie sera encore vivante dans 50 ans. Une chose est certaine, elle nous a montré où aller, a défriché la route, illuminé le chemin. Serons-nous ses courageux disciples capables de s’inspirer de l’héritage extraordinaire qu’elle nous a légué, le nôtre? Serons-nous à la hauteur de notre histoire, serons-nous?
Est-ce que son départ sonnera de façon prémonitoire la fin de nos 450 ans d’histoire, tel l’effondrement des tours du World Trade Center qui semble aujourd’hui avoir annoncé le point de bascule des 250 ans de la démocratie américaine?
Nous sommes «devenus» grâce à notre géante avec nous.
C’est à nous maintenant de décider si l’Acadie continuera ou si elle aura seulement été une simple parenthèse dans l’Histoire de l’Humanité.
Merci infiniment à notre grande Dame qui, avec Pélagie, a ramené dans sa charrette notre Acadie à bon port. Elle lui a permis de prendre sa place dans la modernité, la Francophonie et le Monde et continuera d’éclairer notre lanterne du haut de son phare, de son éternité pour nous la rendre immortelle!
Lucie Le Bouthillier
Bas-Caraquet
Comme un pèlerinage, sur la route entre la Capitale de l’Acadie et le Pays de la Sagouine, en passant devant la Caisse UNI de Néguac et en voyant tous ces drapeaux en berne, cela me rentre dedans comme une épée en plein cœur. Une grande douleur, tel un coup de tonnerre précédé d’un éclair fulgurant qui illumine le ciel en le déchirant.
Nous pleurons tous notre grande Antonine. Nous sommes les orphelins de la mère du peuple acadien.
Cet être de lumière qui nous a rendu si fiers de qui nous sommes! Notre génie de la langue française, de la langue acadienne.
Elle était celle qui grâce à nous et avec nous «sommes devenus». Elle nous a mis sur la carte du monde. Fidèle à mère Jeanne de Valois, directrice du Collège Notre Dame d’Acadie, qui avait dit aux quatre premiers récipiendaires du bac, dont Antonine:
« En 50 ans, c’est vous qui aurez décidé si l’Acadie survivra, ou pas. C’est votre génération qui va le faire, et ce sont les femmes qui le feront. Parce que c’est l’éducation, la culture, la mémoire, la transmission du savoir qui va décider si on garde l’Acadie vivante. L’Acadie est là parce qu’elle a gardé sa langue et son histoire. » (extrait de l’Acadie Nouvelle, Jean Saint-Cyr, 15 août 2014).
Antonine a réussi le pari, nous avons réussi!
On peut se demander quel impact le départ de cette Chancelière aura sur notre université, sans doute sera-t-elle inspirée par cette géante aux yeux perçants qui voyait si loin pour notre peuple lui traçant sa voie unique pour contourner l’assimilation. Aura-t-elle enfin le courage de se nommer telle que nous sommes?
Je garde précieusement dans mon cœur et dans ma mémoire les moments privilégiés vécus avec Antonine, comment elle nous donnait de l’importance et nous faisait sentir bien en sa présence.
Je me rappelle lorsque j’étais directrice générale de la Société Nationale de l’Acadie, où, entre-autres, nous sommes allées manger des «lobster rolls» chez elle dans son phare, au fond de la Baie de Bouctouche, et marcher sur le bord de la mer. Je repense à un autre moment, lors du décès de mon frère Claude, où elle lui a rendu hommage pour son œuvre littéraire et historique sur notre Acadie perdue et retrouvée.
Maintenant, telle une enfant qui en perdant sa maman réalise soudainement que c’est à elle à présent de porter le flambeau, que cela repose sur nos épaules si l’Acadie sera encore vivante dans 50 ans. Une chose est certaine, elle nous a montré où aller, a défriché la route, illuminé le chemin. Serons-nous ses courageux disciples capables de s’inspirer de l’héritage extraordinaire qu’elle nous a légué, le nôtre? Serons-nous à la hauteur de notre histoire, serons-nous?
Est-ce que son départ sonnera de façon prémonitoire la fin de nos 450 ans d’histoire, tel l’effondrement des tours du World Trade Center qui semble aujourd’hui avoir annoncé le point de bascule des 250 ans de la démocratie américaine?
Nous sommes «devenus» grâce à notre géante avec nous.
C’est à nous maintenant de décider si l’Acadie continuera ou si elle aura seulement été une simple parenthèse dans l’Histoire de l’Humanité.
Merci infiniment à notre grande Dame qui, avec Pélagie, a ramené dans sa charrette notre Acadie à bon port. Elle lui a permis de prendre sa place dans la modernité, la Francophonie et le Monde et continuera d’éclairer notre lanterne du haut de son phare, de son éternité pour nous la rendre immortelle!
Lucie Le Bouthillier
Bas-Caraquet
